13 mai 1968 – La tentative de coup d’État des mercenaires menés par Jacques Debreton

Debreton

Lorsque l’abbé Fulbert Youlou fut chassé du pouvoir, son remplacement par Alphonse Massamba-Débat franchement favorable au bloc de l’est ne fit nullement l’affaire des pays occidentaux et du Zaïre, le pied à terre des anticommunistes en Afrique centrale.

Les tentatives de coup d’Etat se multiplièrent avec, pour la plupart, la ville de Kinshasa comme base arrière.

Debreton 3Le 13 mai 1968, un commando de mercenaires, sous le commandement du français Jacques Debreton (Jacques Debret pout l’état civil), parvient à investir par les armes le domicile du lieutenant Aimé Portella. Celui-ci résiste et est blessé dans l’action. Ils le contraignent à les conduire chez le secrétaire d’Etat à la défense nationale, le Lieutenant Augustin Poignet. Une ruse des deux officiers congolais leur permet de donner l’alerte et les membres du commando sont réduits à l’impuissance et placés sous les verrous.

Debreton, avouera, probablement sous la torture, qu’il a été recruté par un certain Saint Martin, résidant, à Génève (Suisse). Il a été mis au service d’une organisation appelée Ora (Organisation de renseignements et action) dont le siège est à Franckfort (Allemagne), qui l’a chargé de renverser le gouvernement Massamba-Débat. Il semble ne rien savoir des commanditaires.

Debreton 2On l’inculpe de cinq chefs d’accusation :

  • crime d’espionnage ;
  • crime d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État ;
  • coups et blessures contre l’officier de l’Armée populaire nationale, Aimé Portella ;
  • atteinte à la sécurité extérieure de l’État ;
  • tentative d’évasion avec bris de prison.

Lors du procès tenu à Brazzaville le 29 mai 1969, les sentences prononcées sont :

  • Jacques Debret : travaux forcés à perpétuité et un million de francs d’amende ;
  • Pierre Kinganga, alias Siroko: peine de mort par contumace ;
  • Boukaka-Nganga: vingt ans de travaux forcés par contumace ;
  • Corentin Malela: deux ans de prison ferme ;
  • Adrien Malonga: un an de prison avec sursis ;
  • Pierre Loumina: un an de prison ferme mais il voit sa peine absoute.
  • Trois autres inculpés sont acquittés.

Le 4 juillet, la cour de justice rend son jugement par contumace pour d’autres accusés liés à l’affaire :

  • Kiaoulou Ambroise : travaux forcés à perpétuité ;
  • Mahoukou Pierre : 20 ans de travaux forcés pour
  • Kikolo Georges, le seul accusé présent à la barre, un an de prison.

Debreton, non sans culot et cynisme, racontera ces faits dans un livre : « Coup d’Etat à Brazzaville ».