1952 – Revue Tropiques – La mise en valeur des ressources de l’AEF

En 1952, dans la revue Tropiques, le gouvernement de l’A.E.F., publiait cet article des plus optimistes sur l’avenir de la colonie du Moyen-Congo. Le lecteur ne pourra que s’étonner de l’absence quasi-totale des populations locales, comme des mesures prises à leur profit, dans ce texte laudatif.


Pendant les manifestations qui marqueront le centenaire de Savorgnan de Brazza, il en est une qui mérite toute l’attention, c’est le transport, sur l’itinéraire de son voyage du Gabon au Congo, d‘un flambeau symbolique, car elle associera dans le souvenir du fondateur de l’A.E.F. tous les lieux marqués par son passage. Elle permettra, aussi, refaisant l’itinéraire du passé, de mesurer le chemin parcouru depuis soixante-quinze ans dans ce pays encore totalement inconnu il n’y a pas un siècle

Si Libreville n’a pas perdu, dans son accroissement récent, le charme d’une vieille cité coloniale, Port-Gentil, à la croissance d’une ville-champignon, prend le chemin de devenir une capitale industrielle et s’enorgueillit de la plus grande usine de contreplaqué d’Afrique (la seconde du monde). Lambaréné voit, sur les rives naguère désertes de son fleuve, se dresser les imposants « derricks » des chantiers de recherches pétrolières. Aux environs de Franceville, on prospecte d’immenses gisements de manganèse, tandis que les plateaux Batékés, fief naguère du roi Makoko, voient s’ouvrir pour eux d’intéressantes perspectives en matière de culture mécanisée et d’élevage.

Quant à Brazzaville, qui y reconnaîtrait, dans la grande ville d’aujourd’hui, le petit groupement de paillotes du temps de Malamine, ou même le chef:-lieu secondaire de 1940. En dix ans, sa population européenne a décuplé, sa population africaine quadruple. Des buildings, de vastes immeubles, des magasins, des usines sont sortis du sol et chaque nouvelle année marque pour elle un nouveau pas de géant dans son accession au rang de capitale.

C’est que les  terres données à la France par Brazza sont pleines de ressources, dans leur sol comme dans leur sous-sol, et que ceux qui ont pris aujourd’hui en A.È.F. le relais des premiers pionniers ont la ferme volonté de faire du pays un pays moderne, de lui donner sa place, et l’une des premières, dans le développement de l’Afrique, continent d’aujourd’hui et de demain.

Passer une revue, même très rapide, des richesses latentes, exploitées aujourd’hui ou exploitables demain, est peut-être un peu fastidieux, mais indispensable. Ce ne sont que des chiffres et des termes techniques qui peuvent vraiment parler en cette matière.

Le coton est cultivé à peine depuis vingt-cinq ans dans les territoires du nord (Oubangui-Chari, Tchad), et déjà il en fait la principale richesse : 90.000 tonnes de coton graine pour la campagne 1949-1950, un peu moins pour celle de 50-51, défavorisée par les circonstances atmosphériques, encore davantage, selon les prévisions pour la campagne en cours.

Tout en généralisant la mécanisation pour le traitement des fibres, on étudie maintenant la possibilité d’utiliser sur place les sous-produits, en particulier les graines elles-mêmes. Le pressage des graines non utilisées pour l’ensemencement produirait pour plusieurs centaines de millions de francs d’huile. Des projets, actuellement en cours, de création de filatures dans les régions de production apporteront une richesse supplémentaire à ces territoires. Une filature et une usine seront installées à Bouali en Oubangui. En outre, une autre usine est en cours d’achèvement à Brazzaville et fonctionnera cette année.

Pour les oléagineux, dont le Moyen-Congo est, pour 1’instant, le principal producteur, l’exportation se monte actuellement à : 5.000 tonnes d’huile de palme; 10.000 tonnes de palmistes; 1.000 tonnes d’arachides.

Mais ce n’est là qu’un point de départ. Grâce aux efforts conjugués des stations de recherche et d’expérimentation ainsi qu’à l’important investissement du plan décennal, on pense augmenter considérablement ces productions. La vallée du Niari et les plateaux Batéké, où sont réunies les conditions d’une culture à grand rendement, doivent devenir, dans ce domaine, des centres agricoles de première importance. Le ricin, dont l’industrie chimique française vient de mettre au point une intéressante application, s’avère aussi pour les mêmes secteurs comme une brillante perspective.

Pour le caoutchouc, longtemps, le Moyen-Congo et le Gabon produisirent seulement du caoutchouc de cueillette, on s’oriente maintenant vers le caoutchouc d’hévéa. La station expérimentale de Komono, dans le Niari, a permis d’obtenir d’emblée d’intéressants résultats. En Oubangui, deux plantations totalisent actuellement 1.500 hectares. L’objectif du plan décennal est de porter la production exportable à 3.000 tonnes annuelles.

La culture du cacao s’est assez récemment établie dans le Woleu N’Tem, région du Gabon reprise aux Allemands en 1918. Les résultats actuels sont prometteurs, puisqu’ils dépassent 2.000 tonnes par an. Ils doivent être portés au cours des prochaines années à 3.000 tonnes.

C’est l’Oubangui qui est .le principal producteur de café, notamment dans les régions de Carnot, Berberati, Fort-Sibut, Bambari et Bangassou. La production totale annuelle s’élève à 4.800 tonnes de café de bonne qualité, en majeure partie du Robusta.

Le tabac est une culture d’implantation récente, limitée pour l’instant au Moyen-Congo (Niari et plateaux du Nord), mais l`extension des zones de culture et l’encadrement des producteurs doivent en permettre l’extension rapide et le chiffre de deux mille tonnes prévu par le Plan sera sans doute dépassé. La production actuelle est de l’ordre de cinq cents tonnes.

Quant aux cultures vivrières, elles demeurent dans l’ensemble les plus importantes. Suivant les régions, c’est du mil, du riz, ou du manioc que l’Africain tire de son sol. Sa consommation nécessite une production de 1.500.000 tonnes de ces denrées.

Les objectifs de l’industrialisation agricole, pour la culture du riz du Tchad, grâce à une hydraulique pastorale judicieusement conçue, prévoient une production annuelle de plusieurs millions de tonnes, alors que maintenant seulement 10.000 tonnes sont produites et consommées localement.

Ce sont là les principales cultures, mais les autres cultures ne sont pas non plus à négliger. Elles fournissent : copal, plantes à fibres comme le sisal et l’urena-lobata, les cocos, le karité, le kapok, le maïs, le sorgo, le soja, des fruits tropicaux (agrumes, ananas, avocats, manges…), des espèces médicinales comme la noix de cola, etc…

Dans le domaine de l’élevage les territoires du nord sont les plus favorisés. Le Tchad est à cet égard un des pays les plus riches de l’Union Française avec quatre millions de bovins et plus de cinq millions d’ovins et de caprins.

Effectué selon les règles d’un pastorat ancestral, l’élevage au Tchad tend à être amélioré par l’aménagement de puits, la sélection des producteurs, une lutte efficace contre les épizooties et le développement des cultures fourragères.

Parallèlement, les débouchés sont multiples grâce à l’établissement d’abattoirs et de frigorifiques et au transport de la viande par la voie aérienne vers les Territoires du Sud et il l’organisation d’industries des sous-produits, tanneries en particulier.

Suivant les chiffres des recensements, nettement au-dessous de la réalité, le Tchad possède aussi près de deux cent mille chevaux, cent soixante-quinze mille ânes et deux cent cinquante mille chameaux. Enfin une intéressante expérience d’acclimatation au Tchad de moutons astrakans, entre Fort-Lamy et Abéelié, commence à porter ses fruits.

La forêt des Territoires du Sud fut la première richesse exploitée de l’A.E.F. Elle demeure encore aujourd’l1ui un de ses principaux revenus, couvrant trente millions d’hectares à cheval sur l’Equateur. Au «coupeur de bois » traditionnel, opérant avec une équipe de bûcherons autochtones et des moyens de fortune le long de la côte, a succédé la vaste exploitation industrielle équipée d’engins modernes.

L’okoumé est incontestablement le roi  de la forêt gabonaise dont il est la seule essence exploitée en grand avec constance. Sur les deux cent cinquante mille tonnes exportées en 1950, l’okoumé représente les trois quarts. On s’oriente d’ailleurs de plus en plus vers la fabrication sur place de placages et de déroulages, voire même de pâte il papier. Les projets immédiats prévoient les chiffres suivants de production en 1957 :

  Okoumés Bois durs
Grumes, équarris 200.000 m³ 100 000 m³
Sciages, déroulés, plaqués 70 000 m³ 70 000 m³

Afin d’éviter, par cette exploitation, de dépeupler rapidement la forêt, ont été mis sur pied des secteurs de repeuplement forestier en okoumé.

La pêche enfin, est une ressource non négligeable, que double maintenant la pisciculture dont les premiers résultats sont prometteurs. La pêche en mer est devenue une véritable industrie pour Pointe-Noire et Libreville, tandis que Port-Gentil se spécialise dans la pêche à la baleine et au requin, dont les produits sont immédiatement traités par une usine à terre.

Le sous-sol de l’A.E.F. ne le cède point en richesse à la surface. Ce n’est que vers 1927 que furent découverts les premiers indices sérieux d’or et de diamant. Depuis, la prospection s’étant rapidement étendue, l’or est exploité avec des moyens de plus en plus perfectionnés au Gabon, dans le centre du Territoire (le Gabon produit la moitié de l’or de l’A.E.F.), au Moyen-Congo, dans le Mayombe, et dans les secteurs dispersés de l’Oubangui. En revanche, si la prospection du diamant commence au Gabon, l’Oubangui en est incontestablement le plus gros producteur actuel. L’exploitation alluvionnaire y est la plus couramment pratiquée. Les chiffres de production annuelle sont les suivants :

Diamants . . . . . . . . . . . .  110.000 carats

Or . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  3.000 kilos

A Mindouli, au Moyen-Congo, était découvert, dès 1900, un riche gisement de cuivre dont l’exploitation, interrompue avec la crise économique des années 1930, pourrait être reprise incessamment. Dans la même région, les mines de M’Fouati, situées non loin du chemin de fer, produisent actuellement, par an, 5.500 tonnes de concentré de plomb et presque autant de zinc. Un sous-produit de l’exploitation aurifère, la colombo-tantalite, recherchée pour la fabrication d’alliages résistants, est assez abondant au Moyen-Congo.

Les indices de manganèse de la région de Franceville mériteront sans doute un jour une recrudescence d’intérêt. Enfin certaines recherches de minerais radioactifs effectuées par le Commissariat à l’Energie Atomique, dans la région de Dolisie, semblent avoir donné d’intéressants résultats. Le réseau routier est encore moins satisfaisant puisque, en dépit de ses dimensions gigantesques, l’A.E.F. ne possède actuellement que 37.000 km de routes et de pistes de qualité en général médiocre. Mais on aura tendance à être moins sévère si l’on sait que, jusqu’aux environs de 1925, elle ne possédait aucune route. Tous les efforts portent actuellement à l’amélioration et à l’extension de ce réseau, lien de tout essor économique. Un chemin de fer, enfin, tout récent, puisqu’il ne fut achevé qu’en 1934, joint Pointe-Noire à Brazzaville, à travers un parcours difficile, mais le Moyen-Congo ne serait devenu ce qu’il est, et l’avenir de l’ensemble de l’A.E.F. ne pourrait nullement s’envisager avec l’optimisme dont maintenant on fait preuve, si le chemin de fer du Congo à l’Océan n’avait été construit. Un matériel ultra-moderne lui est maintenant affecté qui lui permet sans cesse d’augmenter son trafic marchandises et d’améliorer son trafic voyageur. En 1950, le C.F.C.O. a transporté 350.000 tonnes de marchandises représentant 96 millions de tonnes kilométriques et 278.000 voyageurs représentant plus de trente millions de voyageurs kilométriques.

En un mot, le C.F.C.O. et, joint à lui, le port de Pointe-Noire, sont comme le poumon de l’A.E.F., tributaire avant leur création du Chemin de Fer du Congo Belge et du port de Matadi.

En ce qui concerne le pétrole on n’en est également encore qu’aux recherches, mais les indices géologiques, géophysiques et les résultats des sondages effectués, par la Société des Pétroles de l’A.E.F., dans le bassin sédimentaire du Gabon, aux alentours de Lambaréné, ne peuvent laisser subsister aucun doute. C’est en 1951 que le pétrole a jailli dans ce secteur, au bord de l’Ogooué, venant confirmer les affirmations des techniciens. Depuis ce premier jaillissement les recherches se poursuivent sur un rythme accru qui permettront, sans doute, d’aboutir bientôt à la période d’exploitation proprement dite.

Dans un pays aux dimensions aussi énormes, à la géographie aussi souvent hostile, à la population aussi peu dense, rien d’étonnant que le problème des communications ait été et soit encore primordial. A telle enseigne que la conquête fut le plus souvent affaire de parcours, de jonction beaucoup plus que de prise de possession proprement dite. A telle enseigne que la première préoccupation des promoteurs du Plan décennal fut de renouveler et d’améliorer le réseau des communications.

Les rivières et les fleuves ont été de tous temps les voies de pénétration naturelle. Leur rôle leur est resté aujourd’hui et il est primordial dans la vie économique du pays. Souvent: le pittoresque bateau fluvial à fond plat et à roue à aube, flanqué de ses barges ventrues, est le seul moyen de jonction avec un secteur. C’est en tout cas le seul moyen de transport lourd.

L’A.È.F. possède un réseau de cinq mille kilomètres de voies fluviales inégalement navigables suivant les saisons.

L’aménagement de ce réseau par la destruction des rapides, les dragages, le balisage, l’amélioration des ports, se poursuit activement. A Brazzaville, un vaste port fluvial, comportant trois cents mètres de quais en eau profonde est en cours d’achèvement.

Bien mieux, il n’est pas exclu que le C.F.C.O. et Pointe-Noire deviennent un exutoire de choix pour les produits du Congo Belge, surtout grâce à l’aménagement exemplaire et il la situation privilégiée dont bénéficie le port aéfien.

Mais les transports terrestres et fluviaux ne suffisent pas, surtout quand leur aménagement n’est pas plus poussé. Aussi, par une contradiction fréquente dans tous les pays au développement rapide, l’A.E.F. a-t-elle développé, avant ses routes, le moyen le plus moderne de transport : l’avion.

Il n’est pas de centre un peu important qui ne soit desservi par un aérodrome valable. Le Plan Décennal prévoit d’ailleurs la construction ou la transformation de soixante-dix-huit aérodromes. L’aéroport « impérial » de Brazzaville-Maya-Maya, avec une piste de deux mille cinq cents mètres de long sur soixante mètres de large, et de complets aménagements, est ouvert depuis plus d’un an déjà aux avions les plus lourds. Les « Constellations » d’Air France le mettent à dix-huit heures de Paris. Il existe d’ailleurs plus d’une liaison par jour avec la Métropole par avions gros porteurs, tandis que de nombreuses compagnies étrangères l’ont choisi comme escale.

Dans le domaine de la Poste et des Télécommunications, la même remarque peut être formulée, les moyens les plus modernes ayant le pas sur les systèmes de transmission traditionnels. Les lettres emploient de plus en plus l’avion des lignes intérieures. Le téléphone et le télégraphe interterritoriaux, dont le réseau était réduit jusqu’ici au strict minimum, sont remplacés par la radiotéléphonie et la radiotélégraphie. Le réseau radiotéléphonique unit à Brazzaville et entre eux les principaux centres de la Fédération. La radiotéléphonie avec la France fonctionne régulièrement depuis Brazzaville, et à partir des quatre capitales territoriales.

La diversité de sa production, sa position au centre du continent noir, l’allure complémentaire de ses Territoires devaient nécessairement doter la Fédération d’un commerce intense, tant intérieur qu’extérieur. Avec des fortunes diverses dues surtout aux difficultés de communication, il n’a cependant, dans l’ensemble, cessé de croître, et s’accroîtra bien davantage encore avec les réalisations en cours dans le domaine de l’équipement et de l’industrialisation.

Si la voie nigérienne, par Maidugari ou la Bénoué est utilisée par le Tchad, si la voie camerounaise, par Douala-Yaoundé dessert le Tchad et l’Oubangui, si les transports aériens à longue distance par avion-cargo se développent de plus en plus, la plus grande partie du commerce extérieur de l’A.E.F. s’effectue toutefois par ses ports : Port-Gentil, Libreville, et surtout Pointe-Noire.

De création récente, puisque sa première pierre ne fut posée qu’en 1934-, et qu’il ne fut vraiment achevé dans sa forme actuelle qu’en 1944, le port de Pointe-Noire est le véritable poumon de l’A.E.F. Admirablement protégé par une digue de plus de deux mille mètres de long, il peut recevoir à quai les bateaux des plus gros tonnages. Son équipement matériel en grues, dragues, remorqueurs, voies ferrées de desserte est des plus modernes et les hangars s’y multiplient. L`extension prévue dans le cadre du plan le dotera de 3.600 mètres de quais en eau profonde, de 1.140 mètres de quais en faible profondeur, de 35 hectares de môles et de 100 hectares de terre-pleins.

L’accroissement constant de son trafic nécessite d’ailleurs de tels agrandissements puisque de 96.000 tonnes en 1946, il est passé à près de 300.000 tonnes.

L’Afrique Equatoriale Française exporte surtout des bois, en grumes, équarris ou en sciages, en particulier de l’okoumé, des produits miniers (or – diamant – plomb), du coton, des oléagineux (huile de palme – palmistes), du café, du cacao, des animaux et produits animaux. Elle importe surtout des produits manufacturés, machines, automobiles, cotonnades, hydrocarbures, des matériaux de construction (ciment – fer) et des produits de consommation (farine – vins – riz – conserves). Ses principaux clients sont dans l’ordre : la France, la Grande-Bretagne, et les Territoires Britanniques de l’Afrique, les Territoires Français d’Outre-Mer, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, le Congo Belge et les U.S.A. Ses principaux fournisseurs : la France, les U.S.A., les Territoires Français d’Outre-Mer, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et les Territoires Britanniques, le Congo Belge et l’Union Sud-Africaine.

En 1950, le commerce extérieur de l’A.E.F. a atteint trois cent cinquante mille tonnes å l’exportation (valeur sept milliards CFA) et trois cent six mille tonnes à l’importation (valeur treize milliards CFA).

Une remarque s’impose à l’examen de ces chiffres : l’A.E.F. est un pays qui s’équipe. Rien d’étonnant, par conséquent, que le volume des importations ait pris ces dernières années une ampleur considérable. Grâce au matériel qui afflue maintenant, la Fédération va pouvoir augmenter sa production en quantité et en variété. Les résultats de ces efforts ne se feront sentir que dans quelques années pour le volume des exportations, mais on n’en peut douter, d’autant que, dans bien des domaines, les premiers d’entre eux apparaissent déjà.

Cette énumération des ressources peut apparaître assez mince aux yeux de ceux qui sont habitués aux vieux pays d’Europe où chaque parcelle est mise en valeur. Mais qu’ils songent quels efforts ces premiers résultats ont représenté et quelles promesses ils contiennent pour demain.

En dépit de difficultés énormes provenant surtout de la démesure des distances et de l’infime densité de la population, les principaux secteurs d’activité économique ont été ouverts et on y progresse sans cesse à un rythme de plus en plus accéléré. Cela a été rendu possible grâce à l’énergie de ceux qui se sont voués à développer le pays et aussi grâce à une contribution, non négligeable, de la Métropole qui a financé son plan d’équipement et de modernisation.

Quant aux perspectives d’avenir, qui feront de l’A.E.F. un pays riche, on les aperçoit déjà, dans le domaine minier d’abord, mais aussi dans le secteur agricole et industriel. Il n’est, pour y parvenir, que de faire preuve de la même ténacité et de la même certitude de succès que Brazza dont le souvenir, là encore, est un exemple à méditer et à imiter.

Gouvernement Général de l’A E.F