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Début des années 50 – Un petit historique de Pointe-Noire

Notre amie Anna Charotte, ancienne de Pointe-Noire, nous a fait parvenir le document qui suit et que nous avons le plaisir de mettre à votre disposition.

Voici les Armes de Pointe Noire :
« D’or à la Pointe de sable accompagnée de deux rames d’argent, au manche de gueules, posées en chevron versé , la Pointe et les rames mouvant d’une mer d’azur ondée de trois flots d’argent »

 

 

 

 

TRANSCRIPTION :

Pointe-Noire, ville moderne, ne doit pas faire oublier PUNTA-NEGRA, lieu historique.

PUNTA-NEGRA ou CABO NEGRO : ainsi les Portugais baptisèrent-ils la pointe rocheuse que leurs marins, croisant au large des côtes de Basse-Guinée, percevaient de loin lorsqu’ils se dirigeaient vers l’embouchure du Zaïre. Dès le XVIIème siècle, ils inscrivirent ce nom sur leurs cartes.

PUNTA-NEGRA dépendait alors du « royaume de Loango » dont il serait trop long de conter ici l’histoire. Puissant au XVIIème siècle, le roi de LOANGO (le Maloango) avait vu décliner peu à peu son autorité. A la fin du XIXème siècle, il n’exerçait plus qu’un pouvoir nominal sur POINTE-NOIRE où l’autorité réelle appartenait aux chefs locaux, les m’fouka.

La baie de Pointe-Noire servit sans doute d’abri aux navires négriers bien qu’elle ne soit pas mentionnée à ce titre dans « Le voyage à la côte occidentale de l’Afrique » du capitaine L. DEGRANDPRE, lequel trafiqua vingt ans sur cette côte.

Vers 1875, le R.P. DUPARQUET, supérieur de la Mission du Congo, décrivait ainsi PUNTA-NEGRA : « Point de relâche des paquebots et entrepôt de commerce pour cette partie de la côte. Factoreries : 1° hollandaise (de ROTERDAM), 2° Française (DAUMAS, LARTIGUE & Co), 3° Portugaise (LEITO & CASTRO), 4° Portugaise (LAURENTINO), 5° Anglaise (TAYLOR), 6° Espagnole (MIGUEL & LAURETRO) ».

Et en 1882, le R.P. AUGOUARD écrivait à son tour : « A douze ou quinze kilomètres au sud de LOANGO se trouve la jolie baie de POINTE-NOIRE, fréquentée par les packets anglais et de nombreuses embarcations à voile. Le chef du pays est baptisé, sait lire et écrire et est civilisé. Il vient de nous être d’un grand secours dans notre voyage à STANLEY-POOL ».

Ce chef s’appelait André LOEMBO. C’est lui qui signa avec le lieutenant de vaisseau CORDIER, commandant le SAGITTAIRE, le traité du 21 juin 1883 qui plaçait POINTE-NOIRE sous la suzeraineté et le protectorat de la France :

 » Article 1 – Les chefs du pays de PUNTA-NEGRA réunis en palabre générale, déclarent placer leur pays sous la suzeraineté et le protectorat de la France.

TRANSCRIPTION :

Article 2 – La France reconnaît André LOEMBO comme chef des Mafucas et les chefs soussignés comme les chefs du pays…  Fait et conclu à CHIMBAMBA, le 21 juin 1883. André LOEMBO. M’BOKA MACUSSO, MAVUMVU LUCIENO, MACHIMBAMBA…

                         Nous soussignés, François PORTELLA et François-Marie TEMBO, natifs du pays, parlant et écrivant le français, certifions que le présent traité         a été discuté librement devant tous les chefs du pays, qu’il leur a été lu, expliqué et commenté et qu’il a été consenti en parfaite connaissance de cause. « 

BRAZZA était arrivé à Pointe-Noire quelques jours avant la signature du traité, le 19 mai 1883, à bord de l’ORIFLAMME.  Le premier représentant de la France à POINTE-NOIRE fut le maréchal-des-logis VESTROFFER, accompagné des 15 sénégalais.

Il y eut au début des difficultés avec les commerçants étrangers. La souveraineté de la France était, en effet, contestée par les Portugais et les Belges, de l’Association Internationale Africaine, qui occupait alors le Kouilou.

Dès lors, POINTE-NOIRE ne fut plus qu’un petit poste relié, il est vrai à LIBREVILLE par un câble sous-marin et dépendant administrativement de LOANGO.


Lorsqu’on décida la construction du Congo-Océan, il en fallut choisir le point d’aboutissement à la mer : LOANGO ou POINTE-NOIRE ?

« LOANGO gardait des partisans : elle était riche de souvenirs de l’époque pionnière ; c’est de là que partait la piste des caravanes vers BRAZZAVILLE – la baie, bien abritée, permettait aux navires d’y relâcher ». Mais il y avait des hauts fonds interdisant aux navires d’accéder aux quais. La mission hydrographique du Gabon, dirigée par le lieutenant de vaisseau AUDOIN, s’était prononcée en faveur de POINTE-NOIRE. Le choix s’était imposé pour deux raisons déterminantes : parce qu’il donnait pour le chemin de fer jusqu’au Stanley-Pool la longueur minimum et parce qu’il se prêtait éminemment à la construction d’un grand port en eaux calmes.

En 1912, la mission AUDOIN dressa une carte précise et détaillée de la baie et de ses abords. Cette carte rendit possible l’étude des travaux nécessaires à l’établissement du port à partir de 1921. Date à laquelle le gouverneur général AUGAGNEUR confirma le choix de la mission AUDOIN.

Le 11 mai 1922, un décret approuvait cette décision. Enfin, l’article 257 de la loi de finances su 14 juillet 1923 déclarait : « Le gouvernement Général de l’Afrique équatoriale Française est autorisé à réaliser par voie d’emprunt… une somme de 300 millions de francs applicables à l’achèvement du chemin de fer de BRAZZAVILLE à l’océan, ainsi qu’à l’exécution des installations nécessaires à l’embarquement et au débarquement à BRAZZAVILLE et POINTE-NOIRE ».

TRANSCRIPTION :

En 1921, au moment où l’avenir de POINTE-NOIRE se décidait, il n’y avait dans la future capitale du Moyen-Congo que trois établissements européens : une factorerie, la station du câble aboutissant à PORT-GENTIL et à LIBREVILLE, un poste de TSF communiquant avec les navires en mer, BRAZZAVILLE et les ports Belges et dont les hauts pylônes servaient de repères aux bateaux. Tout était donc à créer en vue de cette triple entreprise : le chemin de fer, la ville, le port.

Afin s’aller au plus vite, on édifia au bord de la baie une série de constructions en paillotte pour abriter les services administratifs, loger les agents du chemin de fer, servir de bureaux, de magasins, d’ateliers. Des commerçants suivirent. Ensuite, aux constructions en paillotte s’ajoutèrent des constructions « semi provisoires » en charpente et en fibrociment. «  le tout – dit un document de l’époque – formait une bourgade d’un aspect peu satisfaisant ».

La bourgade est aujourd’hui devenue le chef-lieu du Moyen-Congo (depuis février 1950), le siège d’un évêché (à la place de LOANGO). « Tout y est neuf et propre, bâti de façon harmonieuse, sans rien qui rappelle le style « vieux colonial » de la centenaire LIBREVILLE… Plus encore que les autres villes Africaines POINTE-NOIRE apparaît comme une cité nouvelle ».


                La plus belle station balnéaire de l’A.E.F. offre au touriste ses deux plages : la « mondaine«  et la « sauvage« , ainsi que de passionnantes possibilités de pêche sportive, au large de son port, un des plus modernes de la côte française d’Afrique. On pourra y visiter, outre le Palais du Gouvernement, le Collège AUGAGNEUR, très belle réussite architecturale, la nouvelle Eglise Notre-Dame, aux lignes modernes et pures, le Port et ses installations. Il faut également faire un arrêt au charmant petit vivarium privé de M. PENIN où sont élevés serpents, caïmans et tortues diverses.

Aux environs de POINTE-NOIRE, on visitera le lac Cayo (40 km au sud-est), riche en gibier d’eau. Vers le nord-ouest, un autre périple conduira à LOANGO, village actuellement désert mais qui joua un grand rôle dans la pénétration européenne en Afrique. De nombreux souvenirs s’y rattachent. Au sortir de LOANGO, la route chemine à travers les falaises et les fameuses gorges de DIOSSO, auxquelles l’érosion a donné des formes dantesques et des allures de château fort. La grosse agglomération de DIOSSO fera admirer, outre ses jardins d’ibiscus, quelques unes des ses danses caractéristiques avec l’accompagnement de ses célèbres tam-tams.

Au-delà, la route continue jusqu’à l’embouchure du Kouilou où le fleuve se jette dans la mer en un tourbillon de vagues écumantes et dans un bruit infernal. Le Kouilou abrite caïmans et hippopotames.

En remontant le fleuve, on arrive à KAKAMOEKA et aux remarquables chutes de KISSOUNDOU, situées en pleine forêt.

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