Déclaration du 1er ministre Pascal Lissouba à la suite des événements de Bacongo (7 Février 1964)

Le 7 février 1964, alors que Pascal Lissouba est premier ministre d’Alphonse Massamba-Débat, des rumeurs font état, dans la capitale, de l’exécution de l’abbé Youlou. La population lari de Bacongo, manifeste son hostilité au gouvernement et se heurte à l’armée et à la gendarmerie.
Le lendemain, le Conseil national de la jeunesse riposte en organisant un meeting où les orateurs exigent une répression sévère et mettent en cause les ambassades de France, de Grande Bretagne et des Etats-Unis.

DECLARATION DU 1er MINISTRE PASCAL LISSOUBA

Après les évènements de Bacongo (7 Février 1964)

C’était au lendemain des manifestations du 7 février 1964 produites à Bacongo. J’ai reçu en audience M.Pearson, chargé d’affaire p.i de la Grande-Bretagne. Comme tous ses collègues des ambassades des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne Fédérale, M.Pearson m’a assuré de la volonté de coopération sur des bases saines de son pays et de son Gouvernement avec la République du Congo, et a nié avoir été ni de près, ni de loin, ni directement, ni indirectement mêlé aux déplorable sincidents du 7 février dernier.

Je tiens à porter à la connaissance de toutes les chancelleries et de toute la population congolaise,que le Congo est un Etat souverain qui se veut également moderne. C’est-à-dire que la plus élémentaire des courtoisies doit être de règle dans ses rapports avec les hauts responsables des pays amis. La présence de de ceux-ci sur notre sol, dans notre capitale est une marque d’amitié et de sympathie qui se doit d’être appréciée à sa juste valeur.

Le Gouvernement seul responsable de la politique de la Nation.

Le Gouvernement seul responsable de la politique de la nation rappelle à ses citoyens nationaux que, devant l’absence de sérieux des accusations portées contre des ambassades des pays amis, il conviendrait de s’abstenir de toute déclaration ou de tout propos désobligeant de nature plus à compromettre notre travail d’édification nationale, à retarder notre démarrage, qu’à guérir nos maux les plus immédiats.

Le Gouvernement seul responsable de la politique devant les instances législatives.

Le Gouvernement seul responsable de la politique devant les instances législatives qui n’ont de rôle que la sanction de cette politique, se réserve le seul droit d’user des procédés modernes conformes à la tradition diplomatique pour rappeler aux diplomates accrédités par le Chef de l’Etat des principes élémentaires de base à prendre si besoin était, les mesures extrêmes qu’exigent les circonstances ce, sans exclure la courtoisie est sans propos inconsidérés publics. Les contacts que j’ai eus et que je ne cesse d’avoir avec les hauts responsables des pays amis par un exposé franc et loyal des problèmes qui se posent à nous,répondent à ces objectifs.

Le Gouvernement pense donc œuvrer dans le sens de la paix, de la discipline et de la concorde. Ces objectifs seront atteints. Le Gouvernement usera de tout ce qui est en son pouvoir jusqu’aux procédés de rigueur pour ramener le calme, la discipline. Il demande instamment à toutes les couches de la population, quelle que soit leur origine, de se mettre bravement au travail de s’abstenir de tous actes propres à mettre en cause la sécurité de l’Etat ou d’entamer la confiance de tout ou partie de la population.

Source du document W. Sathoud