Génèse et déroulement des affrontements ethniques de 1959 à Brazzaville (INA)

Exode suite aux émeutes de 1959

Exode suite aux émeutes de 1959

Ces 2 petits films retrouvés sur le site de l’INA expliquent la génèse des émeutes ethniques de 1959. Pour les visionner cliquer sur les titres.

Résultat du référendum de 1958

Le référendum sur la constitution de la Ve République et la Communauté a lieu le 28 septembre 1958 et le oui s’impose en AEF et en AOF, à l’exception de la Guinée. Mais le contenu de cette communauté a suscité de profonds débats. Si le leader du Rassemblement démocratique africain (RDA), Houphouët-Boigny, et le chef de file du Parti du regroupement africain (PRA), Senghor, s’opposent sur le niveau territorial ou fédéral pour accéder à l’indépendance, les deux partis entendent inscrire le droit à l’indépendance et l’égalité entre la métropole et les territoires africains dans la constitution.

Or l’avant-projet ne prévoit ni l’un ni l’autre. Le congrès du PRA s’achève alors le 27 juillet à Cotonou par l’adoption du mot d’ordre d’indépendance immédiate. Le ministre Houphouët-Boigny obtient de son côté la révision du texte et de Gaulle entame un voyage africain pour clarifier sa position. Les leaders de l’AEF réunis à Brazzaville remettent au Général un manifeste demandant d’insérer le droit à l’indépendance dans la constitution. Et c’est dans cette ville-symbole que de Gaulle indique le 24 août la légitimité des peuples africains à prendre leur indépendance, après un apprentissage politique dans la communauté. Les territoires qui voteront négativement accéderont immédiatement à l’indépendance, précise-t-il.

Au sein du PRA qui n’a pas fixé de ligne, certains dirigeants sénégalais et la section du Niger appellent à voter « non ». Le RDA a pour sa part engagé à voter en faveur du texte. Seule sa section guinéenne, le parti démocratique de Guinée (PDG), et son leader Sékou Touré, se singularisent. La menace proférée par le Général à Conakry de supprimer l’aide aux territoires qui choisiraient la « sécession » prépare la rupture. Sékou Touré se radicalise aussi sous la pression des partis rivaux et des mouvements étudiants qui se sont déjà prononcés en faveur de l’indépendance immédiate. Le PDG, parti dominant, se positionne officiellement et tardivement en faveur du « non », mais sans exprimer une volonté de rupture complète.

Ce sont ces étapes qui conduisent aux résultats du référendum qui sont ici commentés. Le journaliste rappelle succinctement le ralliement des leaders de l’AEF à la communauté après le discours de Brazzaville, en mentionnant « quelques difficultés locales » qui ont été « apaisées lors du passage » du Général. Mais il consacre l’essentiel de ses propos à l’AOF, « plus complexe », du fait de rivalités de territoires et de personnalités qui ne sont pas détaillées. Surtout, le commentateur focalise l’attention sur le non de la Guinée. Chargé d’expliquer ce choix aux téléspectateurs, il le réduit à une volonté d’« indépendance pure et simple », en l’opposant au choix de la Communauté par le leader du RDA. Le journaliste reprend ainsi le discours gouvernemental de l’alternative offerte entre le « oui » à la communauté et le « non », qui ne peut se traduire que comme une volonté de « sécession ». Il convient de limiter la note discordante du non guinéen, en l’interprétant comme une incompréhension, ou un refus de comprendre l’alternative laissée par de Gaulle et l’intérêt offert par la communauté, à savoir la possibilité pour tout État membre d’accéder à une indépendance négociée. Le journaliste finit par une présentation didactique des options offertes aux territoires qui ont accepté la communauté : évoluer en département, conserver leur statut, ou devenir État membre de la communauté, gérant ses affaires en dehors des fonctions déléguées à la communauté, comme les affaires étrangères. Cette Communauté est présentée comme équilibrée, avec une délégation équivalente entre la métropole et les États membres. Mais la notion d’égalité entre ses membres, chère au leader du RDA, reste bien ambiguë lorsque le commentateur ajoute que la communauté est une « union sincère » entre la métropole et les territoires africains (selon les termes du député Houphouët-Boigny en 1946), « mais sur un plan tout à fait différent ».

Bénédicte Brunet-La Ruche (INA)

Emeutes de 1959 à Brazzaville (film muet)

Après le vote massif en faveur du oui au référendum du 28 septembre 1958, le Congo Brazzaville devient un État membre de la Communauté française. L’assemblée territoriale élue en 1957 en application de la loi cadre se trouve composée de 22 élus de l’Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), le parti du maire de Brazzaville Fulbert Youlou, contre 23 pour la coalition menée par le Mouvement Socialiste Africain (MSA) de son principal opposant, Jacques Opangault. La création rapide des nouveaux États de la Communauté à la fin de l’année 1958 conduit à une lutte acharnée entre les leaders en concurrence. Le 28 novembre, l’abbé Youlou profite de l’absence des élus MSA qui ne parviennent pas à s’entendre sur les futures institutions avec les élus UDDIA, pour faire proclamer par ses seules forces la République du Congo. Jacques Opangault dénonce ce coup d’État constitutionnel, mais certains des élus de sa coalition se rallient à Fulbert Youlou, renversant ainsi la majorité de la nouvelle Assemblée législative en faveur de l’UDDIA. L’abbé Youlou devient Premier ministre le 8 décembre 1958 et il décide de transférer la capitale de Pointe Noire à Brazzaville où il a ses principaux soutiens. Opangault réclame de nouvelles élections législatives pour mars 1959, conformément au calendrier prévu, mais Youlou s’y refuse. La tension monte. Le 16 février 1959, plusieurs militants M’Bochi de la coalition de Jacques Opangault attaquent à Brazzaville des partisans de l’UDDIA ou supposés tels, principalement Lari, provoquant des affrontements sanglants qui prennent une coloration ethnique. Mais le conflit est essentiellement de nature politique et Fulbert Youlou exploite ces émeutes pour affirmer son autorité. Il en fait porter la responsabilité à son opposant Opangault, qui est arrêté avec d’autres leaders politiques pour incitation à la violence. Le représentant de la France fait intervenir le 18 février les forces armées de la communauté qui rétablissent l’ordre entre le 19 et le 20 février.

Le reportage présente les images du lourd bilan de ces émeutes. Une centaine de morts au moins sont dénombrés, plus de 200 blessés dont certains sont filmés, de nombreuses cases et véhicules détruits ou brûlés, et des sinistrés accueillis dans les églises. Bien que dépourvu de commentaires, le reportage met le focus sur la présence militaire française qui a permis le retour à l’ordre, et plus encore sur le vainqueur de ces journées, l’abbé Youlou. La caméra suit ainsi le maire de Brazzaville qui vient de s’affirmer comme chef. Fulbert Youlou est présenté à la mairie, entouré notamment des colons blancs qu’il s’est allié politiquement et qu’il a fait entrer au parlement et au gouvernement, tel que le journaliste et président de l’Assemblée Christian Jayle. Comme d’autres membres de la Communauté française, le Congo Brazzaville s’engage vers une présidentialisation du pouvoir, sous la direction de l’abbé Youlou, et avec le soutien de Paris qui entend garantir la stabilité des nouveaux États de son « pré carré ». C’est ainsi qu’au lendemain des émeutes de février 1959 est envoyé l’ancien inspecteur de police Alfred Delarue pour assurer « la sécurisation du pouvoir de l’abbé » (J.-P. Bat, Le syndrome Foccart. La politique française en Afrique, de 1959 à nos jours, Gallimard, Folio Histoire, 2012, p. 274). Ce proche de l’abbé Youlou crée un service de renseignement, qui joue un rôle important lors de la crise au Congo voisin, avec une intense propagande menée contre le gouvernement de Lumumba et le soutien au chef sécessionniste du Katanga, Moïse Tshombe.

Bénédicte Brunet-La Ruche (INA)

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Ces émeutes vont se répercuter jusque dans le Niari comme l’explique cet article de Wilfrid Gentil Sathoud :

PÉRIPÉTIES DE LA RÉCONCILIATION ET PRÉMICES DE L’UNITÉ NATIONALE A L’ORÉE DE L’INDÉPENDANCE DANS LE DÉPARTEMENT DU NIARI

Dans la tourmente des émeutes de 1959, consécutives à la contestation de l’investiture de l’Abbé Fulbert Youlou, en qualité de premier ministre Chef du gouvernement provisoire, au lendemain de la proclamation de la République du Congo survenue le 28 Novembre 1958 à Pointe-Noire ;  la ville de Dolisie a été le théâtre d’affrontements fratricides entre les communautés Bakuni et Balumbu respectivement rangées derrière leurs principaux représentants dans la sphère politique de l’époque. A savoir : Simon-Pierre Kikhounga-Ngot du Mouvement Socialiste Africain (MSA) de Jacques Opangault et, Victor-Justin Sathoud de l’Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains (UDDIA-RDA) de l’Abbé Fulbert Youlou, qui avaient amorcé, à l’origine, leur carrière politique ensemble, sous la bannière du Parti Progressiste Congolais (PPC) créée par le député Jean Félix-Tchicaya, alors premier parlementaire du Moyen-Congo et du Gabon à l’Assemblée Nationale Française.

En dépit des rivalités légendaires qui surgiront par la suite entre les deux grands leaders politiques historiques du Niari à l’époque. Force est de constater, avec le recul du temps,  que ces derniers finiront par surmonter leurs egos dans un sursaut patriotique, pour emmener les différentes composantes de leurs communautés voisines à la réconciliation, au point de jeter les bases de l’unité nationale, qui mérite bien d’être perpétuée et consolidée par les générations actuelles et futures, pour l’intérêt supérieur de la nation.

Par devoir de mémoire pour la postérité, nous reprenons à la suite un article riche d’enseignement extrait de l’hebdomadaire « l’Homme Nouveau/Kongo ya Sika N°40 du 6 Novembre 1960, rapportant à l’époque le plaidoyer du ministre Victor-Justin Sathoud en faveur de la libération de Simon-Pierre Kikhounga-Ngot, suite à son incarcération, au motif d’« incitation à la violence et trouble à l’ordre public ».

Partisan de l’Unité du Congo, le Ministre Sathoud demande la libération de M. Kikhounga-Ngot son frère du Niari

Au cours du Conseil des Ministres qui s’est tenu mercredi en fin de soirée, M. Victor Sathoud a prononcé un discours d’une haute portée politique. Il nous a semblé intéressant de publier intégralement cette intervention qui doit nous permettre de renforcer l’union de tous les Congolais du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

« Monsieur le Président, mes chers Collègues,

Je me suis permis de vous demander, M. le Président, l’autorisation d’intervenir dès le début de notre réunion, cette intervention est, pour le moment, toute personnelle. Elle intéresse la région électorale qui m’a élu et les diverses ethnies que je représente. Elle intéresse le Niari, mais aussi la concorde dans l’ensemble de notre jeune République.

Un des leaders politique de notre pays, M. Kikhounga-Ngot, vice-président  du M.S.A., était arrêté et inculpé dans le cadre d’une opération de protection générale de notre jeune Etat, en compagnie d’une vingtaine de dirigeants ou conseillers techniques de l’Union de la Jeunesse Congolaise. La République craignait, à juste titre, je pense, à ce moment-là, des troubles intérieurs qui auraient pu éclater à la fois à Léopoldville et à Brazzaville, et plus généralement sur l’ensemble des deux territoires.

M. Kikhounga-Ngot est non seulement un homme du pays que je représente, mais surtout un frère personnel. Il a été un opposant ferme et obstiné, mais si certaines exhortations ont pu l’entraîner  à des imprudences, je ne crois pas qu’il soit un instrument véritable  de la subversion. Depuis quelques mois, l’unité nationale du Congo s’est affermie, notamment sur le plan ministériel, donc sur le plan de l’exécutif. Unis, nous sommes plus forts, et je pense quant à moi que certaines mesures de clémences peuvent être envisagées, sans danger pour l’ordre et la sécurité de la Nation.

Nous n’avons pas, certes à nous immiscer dans le judiciaire. La justice est saisie, et reste maîtresse de ses décisions. Pour ma part, je veux considérer devant vous l’intérêt politique du cas Kikhounga-Ngot.

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La première génération des leaders politiques de l’histoire du Congo-Indépendant : Jacques Opangault (MSA), l’Abbé Fulbert Youlou  et Stéphane Tchitchelle (UDDIA-RDA) fumant le calumet de la paix, l’unité et la réconciliation nationale ; en compagnie de Victor-Justin Sathoud, au stade Félix Eboue de Brazzaville, après les hostilités de 1959.

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Cérémonie de réconciliation des deux principaux leaders politique historique du Niari : Simon Pierre Kikhounga-Ngot et Victor-Justin Sathoud au Cercle Culturel de Dolisie, sous les auspices de l’Abbé Fulbert Youlou ; en présence de nombreux témoins, parmi lesquels figurent au premier plan les chefs coutumiers des différentes communautés peuplant la ville de Dolisie à l’époque en 1961, à savoir : Mathusalem Pioyila (Balumbu), Gabriel Mboukou Ngoyi (Bakuni), Donatien Matsimba (Lari), Tsila (Bambamba), Doumba (Bandassa), Albert Lissouba (Bandzabi et Batsangui), etc…

Le Niari est un carrefour de nos ethnies et de nos opinions. C’est un pays qui, par ses richesses naturelles, veut se maintenir dans l’ordre, mais dont l’équilibre est souvent menacé par les manœuvres  de certaines gens qui se servent des fils du Niari comme des outils, en les opposant les uns aux autres – au détriment des intérêts bien compris de cette région du Niari – tant il vrai qu’il faut diviser pour régner.

C’est pour cela que, sans préjuger des décisions de la justice, je crois qu’il serait opportun, M. le Président, d’envisager politiquement une mesure de mise en liberté provisoire de M. Kikhounga-Ngot, dans l’intérêt de la paix des cœurs et de l’ordre intérieur. Je pense que les autorités judiciaires, maîtresses en leur domaine, ne s’opposeront pas à cette mesure dans l’état actuel du dossier.

Monsieur le Président, mes chers Collègues, tous les fils du Niari ont pris conscience de la situation que j’ai évoquée plus haut, et sont décidés de faire le sacrifice de leur amour-propre, de leur orgueil d’homme- si légitime qu’il soit – pour oublier le passé et s’unir fraternellement, afin de travailler ensemble pour l’émancipation économique et sociale de leur région et de toute la Nation congolaise. Aussi, sui-je persuadé que M. Kikhounga-Ngot, conscient de la gravité des problèmes politiques de l’heure, est prêt à collaborer loyalement au renforcement et à la pérennité de l’union nationale du Congo. C’est là le point de vue politique de cette opération. Voila ce que je voulais vous dire, tenant compte, du moins je le crois, à la fois de l’intérêt de ma région, de l’intérêt national et de notre désir commun de mettre tout en œuvre, pour que l’unité la plus large possible règne dans la Nation.

Pour terminer, je profite de cette intervention, Monsieur le Président, pour vous remercier au nom de tous mes mandants et en mon nom personnel, de la mesure que vous avez bien voulu prendre, sur ma demande, en faveur des détenus politiques de Kibangou, qui viennent d’être libérés.

Ainsi que nous avons pu le constater tous, le calme règne dans cette région depuis leur libération. C’est dire, une fois de plus, Monsieur le Président, que votre esprit de charité et de concorde nationales à réussi, et je crois que nous pouvons escompter le même résultat de la mesure que je vous demande en faveur de M. Kikhounga-Ngot ».

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1961 : Arrivée de Simon-Pierre Kikhounga Ngot et Victor-Justin Sathoud, accompagnés de Isaac Ibouanga, Ango Raymond (Oncle de l’actuel maire de Dolisie), Mouanda Marcel (Père de l’actuel Président du Conseil Départemental du Niari), Mavioka Hilaire, Teckesse Pierre et autres parlementaires du Niari.  à l’aéroport de Dolisie

Après sa libération, M. Kikhounga-Ngot, accompagné des Ministres Victor Sathoud, Isaac Ibouanga, et autres parlementaires du Niari s’étaient rendus dans leur contrée d’origine, pour une croisade de réconciliation et d’union qui les conduira successivement à Dolisie, Kibangou, Mossendjo, Divenié et Makabana, etc… où ils seront acclamés, ovationnés et encouragés par la population en liesse, pour leur engagement sans faille en faveur de la paix et de l’unité. A leur retour dans la capitale Brazzaville, ils participeront ensemble à la grande réception donnée au Palais en l’honneur de la Conférence des Premiers Ministres.

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Victor Justin SATHOUD entouré des ministres Isaac Ibouanga et Simon Pierre Kikhounga Ngot, dans les couloirs du palais présidentiel.

Wilfrid SATHOUD

NDA : Cette requête initiée par le ministre Sathoud avec l’assentiment de la quasi-totalité des membres du gouvernement de la République du Congo de l’époque réunis ce jour et de sa famille politique, recevra l’avis favorable du Président Fulbert Youlou. Elle donnera bientôt lieu à la promulgation d’une loi d’amnistie en faveur du détenu politique Simon-Pierre Kikhounga-Ngot. Il intégrera par la suite le gouvernement de large union nationale dans lequel son parti, le Mouvement Socialiste Africain (MSA) était déjà représenté au plus haut niveau par Jacques Opangault  assumant les fonctions de Vice-président de la République, Apollinaire Bazinga nommé ministre de l’information, porte-parole du gouvernement et, Faustin Okomba, Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale.

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Pour en savoir plus, on pourra avantageusement lire ce livre présenté ici in congopage.com par Mère Evé de Paris

Conflit intertribal ou manipulation coloniale ?

Les émeutes de février 1959 au Congo Brazzaville

Un livre d’ Appolinaire Ngolongolo.

Du 15 au 18 février 1959, cinq mois seulement après la naissance à Pointe-Noire, de la jeune République du Congo, la ville de Brazzaville où la capitale du pays se trouve précipitamment transférée est le théâtre d’affrontements sanglants, entre les partisans des deux principaux leaders politiques du pays, Jacques Opangault du Mouvement socialiste africain ( M.S.A) dont l’emblème est le coq, et ceux de l’abbé Fulbert Youlou de l’Union démocratique de défense des intérêts africains (U.D.D.I.A) dont l’emblème est le caïman. Dans l’esprit des protagonistes, c’est le combat du coq contre le caïman. Bilan de cet affrontement fratricide : plus de 200 morts, des centaines de mutilés, des milliers de déplacés et une centaine de maisons incendiées.

Ce conflit a-t-il été, un affrontement intertribal ou une manipulation coloniale ?

Quoi qu’il en soit, il laissera des traces indélébiles dans la vie politique, économique, sociale et culturelle du Congo. Depuis plus de cinquante ans, cette crise est tabou et n’a jamais fait l’objet d’une étude ni d’une publication. Ce mutisme est enfin rompu.
A ce titre, ce livre est un document inédit, parce que les congolais et les observateurs de la vie politique congolaise, savent à quel point les suites de cette crise, influencent la vie politique du pays. L’objet de ce livre, c’est de présenter, à partir de la crise de février 1959, les conséquences tragiques du tribalisme au Congo-Brazzaville et de proposer des pistes susceptibles de conduire à son éradication. L’ouvrage analyse et établi les responsabilités de l’ancienne puissance coloniale et de la classe politique congolaise. Il répond aux interrogations, sur la reconstitution de l’unité historique et politique du Congo-Brazzaville, sur la pérennisation de la liberté, de la justice, de la démocratie et de la paix, sans oublier la question cruciale de la répartition équitable des richesses nationales et des revenus de la production pétrolière qui génère près de 2 milliards de dollars par an, et sur la pauvreté et la misère sociale, lorsque l’on sait que 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et qu’un congolais vit avec moins d’un dollar par jour.

Par sa structure, ce livre est une démarche d’historien, une approche de sociologue et un regard de journaliste, pour aider à la compréhension des crises actuelles qui minent la société congolaise.
En se basant sur des preuves historiques et une argumentation quasiment inattaquable, l’auteur démontre, que malgré les émeutes de février 1959 et les crises et conflits récents, qui ont causés de considérables pertes en vies humaines et des dégâts matériels inestimables, le Congo, inévitablement s’unira et se développera.

Les émeutes de février 1959 au Congo Brazzaville
Auteur : Appolinaire Ngolongolo
Editeur Ccinia Communication
Parution : 15/05/2006
Collection : Sambela
ISBN : 2915568065
EAN : 978-2915568066