La coopération entre la République Populaire du Congo et l’Union Soviétique

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En 1960, année entrée dans l’histoire comme l’Année de la libération de l’Afrique, à l’initiative de l’URSS,  l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la Déclaration proclamant l’abolition complète et définitive du colonialisme. Le Gouvernement soviétique a reconnu l’indépendance de la République du Congo le 14 août 1960 – un jour avant sa proclamation officielle.

Le premier président de la République du Congo, l’Abbé Fulbert Youlou, anticommuniste convaincu tient le pays à l’écart des relations avec l’Union Soviétique.

Devenu président de la République du Congo en 1963, Alphonse Massamba-Débat est le premier chef d’Etat africain à se réclamer ouvertement du marxisme : en 1964, il établit un régime de parti unique autour de sa propre formation politique, le Mouvement National de la Révolution. Massamba-Débat est élu Secrétaire Général du Mouvement National de la Révolution tandis que Ambroise Edouard Noumazalaye en est le Premier Secrétaire. Le nouveau pouvoir est soutenu par une milice populaire fortement armée, la défense civile, dirigée par Ange Diawara.

Le 16 mars 1964, à Moscou, Andrei Andreyevich Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’URSS, et Charles David Ganao, ministre des affaires étrangères et de l’information du Congo signaient, au nom de leurs gouvernements respectifs, le communiqué portant établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Ces accords bilatéraux portent « Sur la coopération culturelle et scientifique », « Sur la coopération économique et technique », « Sur le commerce mutuel », « Sur le trafic aérien »

En 1965 a eu lieu la première visite en URSS du Président de la République populaire du Congo, Son Excellence Monsieur A.Massamba Débat.

En 1968, la montée de la contestation amène Massamba-Débat à emprisonner le capitaine Marien Ngouabi. Les opposants ne désarmant pas, Massamba-Débat finit par céder et amnistie les prisonniers politiques, avant de quitter le pouvoir en septembre. Le 31 décembre, après une période d’instabilité, Marien Ngouabi devient chef de l’État et réaffirme l’option « socialiste » du pays. Le Congo connaît sa deuxième république, cette fois une « république populaire ». L’administration est centralisée à Brazzaville et les principaux postes sont occupés par les cadres du Parti congolais du travail (PCT), qui tient son congrès constitutif dans la capitale, du 29 au 31 décembre 1969. La République du Congo devient « République populaire du Congo », elle adopte le drapeau rouge et un nouvel hymne national, les Trois Glorieuses, qui fait référence aux trois journées de soulèvement qui avaient entraîné la chute de Fulbert Youlou en août 1963. Le PCT est proclamé parti unique, la primauté absolue du parti sur l’État étant affirmée : ses statuts lui permettent de légiférer par ordonnance-loi et de contrôler les décisions administratives ; le Président de la République est élu par le congrès du PCT, la qualité de chef du parti primant sur celle de chef de l’État.

En 1975 le chef de l’Etat soviétique Monsieur L.I.Brejnev reçoit à Moscou le Président M.Ngouabi.

Le régime est instable et doit faire face à de nombreuses tentatives de coup d’État : à la tête d’un commando, le lieutenant Kinganga s’empare des bâtiments de la radiodiffusion et télévision congolais le 23 mars 1970, avant d’être abattu ; le 22 février 1972, le lieutenant Ange Diawara tente de prendre le contrôle de Brazzaville, avant de prendre le maquis dans la région du Pool, où il résiste au pouvoir jusqu’au printemps 1973. De nombreuses vagues d’arrestations touchent les personnalités soupçonnées d’être impliquées dans ces tentatives, notamment l’ancien Premier ministre Pascal Lissouba, arrêté à plusieurs reprises, notamment à l’occasion des grèves de 1976 à Brazzaville et de l’assassinat de Marien Ngouabi en 1977.

Au cours de cette période, le Congo reste dépendant de l’extérieur, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires et manufacturés ; son économie repose sur les exportations de matières premières brutes (bois, potasse, pétrole, fer, etc.). Les ressources pétrolières restent modestes, et le pays est loin d’atteindre la prospérité relative du Gabon voisin. Les entreprises sont massivement nationalisées dans tous les secteurs de l’État. Le Parti congolais du travail, ambitionnant de s’instituer en parti-État, exerce un contrôle sur le secteur privé de l’économie en s’appuyant sur un système de coopératives. La gestion des entreprises d’État est confiée à des membres dirigeants du Parti, ou bien à des membres de leurs familles et entourages.

Le 5 février 1979, le colonel Denis Sassou-Nguesso prend le pouvoir et dissout le CMR ; il qualifie par la suite son coup d’État de « riposte résolue de l’ensemble des forces de gauche de notre pays contre le courant droitier », visant à rompre avec « la politique d’irresponsabilité, de démission nationale, d’obscurantisme et d’aplatissement devant l’impérialisme des éléments de la bourgeoisie bureaucratique4 ». La gestion des affaires de l’État, reste fondée sur le monopartisme et la centralisation de l’activité politique et administrative.

La République populaire du Congo, que l’URSS considère, avec l’ensemble des régimes marxistes africains, comme un État « d’orientation socialiste », est soutenue par les pays du bloc de l’Est : en 1978, le Congo et l’URSS signent un traité garantissant l’ouverture d’une représentation commerciale de l’Union soviétique au Congo.

Au cours de la visite officielle en URSS du Président Denis Sassou-Nguessoen 1981 est signé l’Accord d’amitié et de coopération,

En 1983, l’appareil judiciaire de la République populaire du Congo est réformé sur le modèle de ceux du Bénin et de la Guinée, eux-mêmes inspirés de l’appareil soviétique; la réforme pâtit cependant d’une lourdeur administrative et du manque de personnel spécialisé.

En 1986 est signé l’accord « Sur la création de la commission bilatérale mixte sur la coopération économique, scientifico-technique et le commerce ».

Dans le cadre de cette coopération soviéto-congolaise fut posée une base juridico-contractuelle solide. Plus de 80 accords furent conclus, nombreux parmi lesquels sont encore valables jusqu’à nos jours.

L’Union soviétique a accordé au à la République populaire du Congo une aide désintéressée dans la création de sa propre industrie et sa propre science, ainsi que dans la formation des cadres qualifiés nationaux. Plus de sept mille citoyens congolais ont été formés dans les établissements de l’enseignement supérieur soviétique et russe.

Plusieurs générations de médecins, géologues, constructeurs, hommes de l’art, agronomes, et professeurs soviétiques ont travaillé au Congo. Les spécialistes soviétiques ont construit à Brazzaville la maternité « Blanche Gomez», l’hôtel « Cosmos », l’imprimerie nationale, le laboratoire vétérinaire, l’immeuble de l’Ecole supérieure du parti. Les contacts se développaient par le canal des organisations sociales, une association d’amitié « URSS – Congo » fut créée, dont les activistes ont créé l’Association congolaise d’amitié entre les peuples.

Cette coopération combien dynamique a connu un ralentissement, dans les années 90, à cause de la dissolution de l’URSS, de la crise aigüe que traversait la Russie et des changements politiques au Congo, reconnait-on, au niveau des deux pays.

Les transformations géopolitiques à grande échelle survenues alors dans le monde au début des années 90 furent une sérieuse expérience pour les relations entre la Fédération de Russie et la République du Congo. Cependant, même pendant durant ces périodes difficiles les deux pays ont aspiré à maintenir le niveau de coopération atteint.

Sources librement interprétées : 

cog.rs.gov.ru (La Représentation de Rossotroudnitchestvo en République du Congo)

Wikipedia

Vidéos de la célébration du 50ème anniversaire des relations diplomatiques Congo Russie

Documents aimablement transmis par le Centre Culturel Russe de Brazzaville
Remerciements à madame Irina Belyaeva

 

Une belle chanson interprétée par Jean-Pierre Everi du Congo pour l’émission de télévision Goluboi ogoniok (la petite flamme bleue) en 1964 (4 ans après la création de l’Université russe de l’Amitié des Peuples [URAP]).

L’Université de l’Amitié des Peuples fut établie le par la décision du Gouvernement de l’URSS. Le le nom de Patrice Lumumba lui fut attribué. La décision de créer en URSS une université internationale reposait sur la nécessité d’apporter son soutien aux pays décolonisés durant 1950-1960. La tâche principale de l’UAP était d’offrir une formation de haut niveau aux étudiants venus des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et les élever dans un esprit de l’amitié parmi les peuples. L’admission des étudiants se faisait par l’intermédiaire des organisations et établissements gouvernementaux, plus tard via les ambassades et consulats de l’URSS. Les fondateurs de l’UAP sont Le Conseil central des syndicats de l’URSS, le Comité soviétique de solidarité des pays d’Asie et d’Afrique, l’Union soviétique des Sociétés d’amitié et des rapports culturels avec les pays étrangers3.

Le 22 février 1961 le nom de Patrice Lumumba — Premier-ministre du Congo, un des symboles du mouvement de libération des peuples africains — fut attribué à l‘université.