La résistance bakougni (1910 – 1917)

Guerriers bakugnis

Guerriers bakugnis 1903


Mouvement de révolte contre la pénétration coloniale française qui s’échelonna de 1910 à 1917 dans les régions habitées principalement par les Kougni et les Punu.

Ces résistances prirent plusieurs formes dont la plus aiguë fut la phase guerrière. Elles étaient la conséquence du refus de payer l’impôt de capitation considéré par les indigènes comme la somme payée par les plus faibles aux plus forts. Initiés par les chefs indigènes habitant dans les subdivisions administratives de Mallembe, de Léboulou, de Divénié et de l’Hinterland (Haute Nyanga, Luambitsi), ces mouvements suscitèrent les répliques des gardes régionaux armés de fusils européens. Quant aux autochtones, ils n’avaient pour moyens de défense que des armes rudimentaires (sagaies, érection des palanques, etc.) et des fétiches (mouiri) censés les rendre invulnérables aux balles de leurs ennemis.  Toutes ces résistances sporadiques s’achevèrent par de sanglantes répressions des indigènes (hommes, femmes, enfants) et des dégâts matériels importants (villages brûlés). Les rescapés furent acculés à la famine. Ils s’enfoncèrent dans les zones forestières peu commodes à la vie. Ce qui contribua à leur désarroi moral et à leur déchéance physique. Cependant, au cours de cette période, les administrateurs coloniaux n’obtinrent toujours pas une accalmie générale, car quelques uns de leurs grades continuaient à essuyer sporadiquement les attaques de quelques révoltés.

Les grands noms de ces mouvements furent Mbari-Mombo, Mbwangue et Mapaha.

Bibliographie

Boussoukou-Mboumba, l’évolution politique et économique de la circonscription des bakougnis, thèse de 3ème cycle, Paris VII, 432p.

Marie-Claude Dupré, la guerre de l’impôt dans les monts du Chaillu, Gabon, Moyen-Congo (1909-1920), Revue française d’histoire d’Outre-mer, Tome LXXX, N°300, septembre 1993, p p. 409-426.

Coquery-Vidrovitch, Révoltes et résistance en Afrique noire : une tradition de résistance paysanue à la colonisation, Labour, capital and society, 16(1) 1983,p p. 234-63.

Source

Philippe MoukokoDictionnaire général du Congo Brazzaville, L’Harmattan Editeur, Paris 1999, p p. 47