La route du du coton en AEF (voyage-congo.over-blog.com)

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Bangassou – Oubangui-Chari – Marché du coton

En dehors de l’illustration de titre, cet article a été copié dans l’excellent « Blog de Fabrice au Congo » voyage-congo.over-blog.com

La production de coton s’effectuant principalement dans le Nord de l’AEF (en raison du régime des pluies, les territoires du Tchad et de l’Oubangui-Chari se prêtent particulièrement à cette culture), il faut ensuite évacuer la marchandise. C’est le transport fluvial qui permet ce commerce, les bateaux lourdement chargés de balles de coton descendent ainsi l’Oubangui, puis le fleuve Congo jusqu’à Brazzaville. C’est la grande période des bateaux à vapeur (« steam ship »).

Avant le transport, le coton doit être égréné. On implante donc des « centres d’usinage » près des zones de production (par exemple à Ippy, Mandoukou, Kitika, Bangassou et Gambo, Mingala, Kembe, Alindao, Zangba et Zouguinza en Oubangui-Chari).

L’un des bateaux « cotonniers » porte le nom de William Guynet (écrit parfois par erreur « Guyné »), délégué du Congo français au Conseil supérieur des Colonies vers 1900, actionnaire et dirigeant de compagnies concessionnaires.

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Le steam-ship « William Guyné », chargement des balles de coton (1944 – Ellebé © CAOM)

Avant le CFCO, la voie ferrée Belge (Kinshasa – Matadi) est le seul débouché pour ces marchandises. A partir de 1934, le CFCO offre une porte de sortie vers Pointe-Noire et son ouverture maritime. Même si le port n’est pas bien aménagé dans un premier temps. Après la Seconde Guerre Mondiale et de nouvelles infrastructures portuaires, c’est le rythme de croisière.

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Brazzaville. Déchargement de balles de coton au port fluvial (1949 – Robert Carmet © CAOM)

Mais à Brazzaville, rupture de moyen de transport oblige, il faut toujours décharger les balles de coton, soit avec l’aide d’un grue pour les plus gros volumes…

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Déchargement de balles de coton au port fluvial de Brazzaville (1949 – Robert Carmet © CAOM)

Soit à dos d’hommes ! On chemine en file indienne pour déposer le coton sur les quais où d’impressionnantes piles s’entassent. En descendant du bateau, il faut garder l’équilibre sur l’étroite planche pour ne pas chuter dans l’eau avec son lourd paquet de coton pressé.

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Déchargement à dos d’hommes du coton au port fluvial (1949 – Robert Carmet © CAOM)

Je suppose que des camions transportaient le coton jusqu’à la voie ferrée du CFCO, à moins qu’une voie de service rejoignant le port ne permette de le faire.

J’avais vu une voie ferrée de ce type au port fluvial de Brazzaville en 2011 (cf  Brazzaville : port fluvial… le « beach »).

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Les balles de coton sur les quais du port fluvial de Brazzaville (1949 – Robert Carmet © CAOM)

Le développement de la culture cotonnière en AEF s’est effectué grâce à la culture directe du coton par les indigènes. Ces derniers étant propriétaires des récoltes, ils étaient ainsi incités à accroître cette culture. Les graines étaient mises gratuitement à la disposition des indigènes par les sociétés d’exploitation. Les cultivateurs apportaient et vendaient aux sociétés leur récolte, dans les centres de production, équipés d’usines d’égrenage.

Le Gouverneur général Antonetti prêta son concours financier à partir de 1926 à la Compagnie Cotonnière Equatoriale Française, souhaitant favoriser cette culture sur le territoire de l’AEF. Le Gouverneur général Reste poursuivra cette promotion.

La culture du coton donnait également lieu à un commerce local au Congo, si l’on en croit certains clichés.

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Marché du coton en AEF, à Boko vers 1924 (Sté de Géographie © BNF)

Cette image est légendée « Grand marché public de coton à Boko, au sud et près de Brazzaville« . D’autres sources indiquent qu’il s’agirait d’une ville homonyme au Togo, mais la série de 39 photos de l’AEF datant de 1924 et déposée à la Société de Géographique en 1936 font plutôt pencher l’origine du cliché vers la petite ville située au sud de Brazzaville.

Dès 1933, en plus de la Compagnie Commerciale et Cotonnière de l’Ouhamé-Nana, autrement dit la COMOUNA (cf Pointe-Noire colonial : la « Comouna » ), on compte La Société  Française des cotons Africains (COTONAF), la Compagnie Cotonnière équatoriale Française (COTONFRAN, fondée en 1926 sous la dénomination « Les cotons du Congo » ; elle avait à une époque le monopole de la plantation et de l’exploitation du coton sur… 6 millions d’hectares !!) et la Compagnie Cotonnière du Haut-Oubangui (COTOUBANGUI).

Sources :

  • Annuaire des entreprises coloniales, 1951. Afrique équatoriale (Gabon, Moyen-Congo, Oubangui-Chari, Tchad, Cameroun).
  • Le Journal des finances, 10 février 1928
  • Revue des questions coloniales et maritimes – 1938 – La culture cotonnière en A.E.F. et ses espérances, Henri Bobichon.