« Les vili du Gabon » par Samperode – in memoiresauveblog.wordpress.com

Aperçu de la ville de Mayumba (la photo illustre la mission catholique Saint-Esprit)

 

Les ViIi sont un peuple Bantou qui habite le golfe de Guinée sur la côte Ouest de l’Afrique. Plus précisément entre Luanda en Angola et Mayumba. Au Gabon, ils sont essentiellement installés à Mayumba et dans toute la zone traversée par le fleuve Banio.
Ils sont parents linguistiques du groupe Kongo. Selon certaines sources, ils seraient même des Kongo. Ils comprennent les Lumbu sans interprète.

Leur nombre serait de près de 60.000 âmes au Gabon et bien plus au-delà. On parle souvent de Bavili, Bavilis, Fiote, Ivili, Loango, Vilis
Les ViIi sont un peuple puissant qui a régné pendant des siècles dans le golfe de Guinée où ils ont développé le commerce des esclaves et les échanges avec les explorateurs et autres colons d’égal à égal puisque leur Royaume du Loango était l’un des mieux structurés administrativement et politiquement. Ils viendraient d’un « un pays » situé à l’embouchure du fleuve Congo.

Ceux qui vivent au Gabon viennent essentiellement de Luanda et Pointe-Noire. Ils sont arrivés dans la région de Mayumba vers 1888; les Baloumbou étaient alors sur la lagune Mbanio. C’est le chef Loumbou appelé Mayombe Ignondrou qui commandait le Mayombe, Mayoumba et une partie de Setté Cama. A cette époque, Mayoumba ne dépendait plus du Maloango.
La piste des esclaves, venant de Tchibanga, aboutissait à Mambi sur la lagune Mbanio; les navires opéraient au large à Panga (pointe sud de Mayoumba) et à Banda-Pointe. Les Punu apportaient aussi des cabris et des canards. Les esclaves ( » mauvaises têtes « ) étaient attachés par des cordes. On se cachait pour les embarquer.

Il y avait des commerçants européens à Kongo-Mayombe, anglais (Hatton et Cookson) et allemands. On apportait des palmistes, de l’huile, du caoutchouc.

Les ViIi et les Lumbu se marient entre eux depuis longtemps. La famille est matrilinéaire. Certains clans se retrouvent dans les deux peuples : tels les Bayendji, qui existent aussi chez les Punu et même les Nzabi. L’interdit en est le perroquet. Une tradition rapporte qu’une femme pourchassée par les assassins (pougni), fut sauvée par un perroquet qui faisait tant de bruit que les ennemis crurent à une troupe nombreuse et prirent la fuite. Mais il existe d’autres totems spécifiques aux clans comme la Perdrix et le serpent. Quand des gens se rencontrent et reconnaissent leur appartenance au même clan, ils se disent « Samsa » et s’embrassent. Ils sont frères et se doivent l’hospitalité

Le rite des Jumeaux est très important.

Parmi les illustres Vili du Gabon, Angélique Ngoma, Antoine Mboumbou Miyakou, l’abbé Pierre-Marie Ngwassa.
Au Congo il y a eu notamment Félix Tchicaya, le premier député du Moyen-Congo en 1945 et père de l’écrivain Tchikaya Utamsi…

La région a reçu des missionnaires. En 1888, la mission Saint Esprit de Mayumba est fondée. Elle sera dirigée plus tard par un illustre prêtre, le Père Heidet qui y resta 50 ans, influençant la vie de la mission. Située sur la rive droite de la Banyo, elle est désormais le premier patrimoine que l’on peut admirer à l’entrée de la ville en prenant le pont. La mission de Notre Dame du Mont Carmel de Mourindi construite en 1913 a été aussi l’une des principales d’évangélisation et de formation du peuple Vili…cette mission fut surtout l’oeuvre de l’abbé Sylvestre Douta qui la dirigea de 1935 à 1979.

Sources:
Hubert Deschamps in « Traditions orales et archives du Gabon »