« 15 août 1960-16 août 1992 – L’éphéméride du Congo indépendant » par Jean-Jacques Blaise Pambou

ephEn 2010, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance, Monsieur Jean-Jacques Blaise Pambou, publia un remarquable travail d’archives sur son blog (jeanjacquespambou.unblog.fr/). Nous en avons extrait ce qui concerne les années en objet sur ce site.

Année 1960  

– 15 août 1960 : proclamation officielle de l’indépendance de la République du Congo
Le ministre français des Affaires culturelles, André Malraux, représente le chef d’État français, le général Charles de Gaulle, à la cérémonie de proclamation de l’indépendance du Congo. La journée commence par un office religieux dans tous les lieux de culte. Le président Fulbert Youlou et le ministre André Malraux prennent part, dès 8h, à la messe célébrée par Mgr Michel Bernard, archevêque du Congo, en la basilique Sainte-Anne. La cérémonie officielle se déroule au centre-ville de Brazzaville, vers l’ex-Congo-pharmacie.

Tous les officiels congolais sont présents. Deux importantes allocutions sont prononcées. «Cette nuit a retenti la salve solennelle qui salue l’indépendance des peuples et qui retentira dans la mémoire de vos enfants, comme celles qui saluaient jadis la naissance des rois…», déclare André Malraux dans son discours. «Cette indépendance de la République du Congo, mes chers concitoyens, je la proclame solennellement et universellement », proclame le président Fulbert Youlou dans son discours. La cérémonie se poursuit par un défilé militaire de l’armée de la communauté.  Le matin, l’assemblée nationale, sous la direction de son président, Alphonse Massamba-Débat, tient une session extraordinaire. Après avoir entendu lecture du message du général De Gaulle, un discours du président de la République qui situe l’esprit de la ratification des accords de coopération avec la France, enfin le président Massamba-Débat qui définit, avec réalisme, la condition nouvelle du pays, l’assemblée ratifie, par un vote unanime, les accords que viennent de signer, devant elle, d’une part le chef de l’État Fulbert Youlou et d’autre part M. Jean Foyer, représentant du gouvernement français. L’autre cérémonie qui va marquer ce 15 août 1960, c’est l’inauguration du square De Gaulle, devant le lycée Savorgnan De Brazza, à Bacongo: rendez- vous était donné à tout Brazzaville à l’un des ronds-points les plus pittoresques de la ville, au confluent de Bacongo et de la ville administrative, face à l’imposant ensemble du lycée Savorgnan de Brazza.
À 17h30, l’escorte arrive dans la pétarade sympathique des puissantes motos de la gendarmerie.  Le président de la République, accompagné de M. André Malraux, suivi de la délégation française, de M. Kasavubu, président de la République congolaise d’outre-Pool, salue la foule enthousiaste. Le premier, M. Malraux, raconte le courage extraordinaire du général De Gaulle qui sut tenir tête à la défaite française, alors qu’il n’avait pas, selon l’expression de Churchill lui-même, «une pierre où reposer sa tête». Le président de la République, à son tour, va glorifier l’homme de Brazzaville: «Lorsque, voici vingt ans, le 28 août 1940, le Congo, à l’appel d’une voix lointaine venue de Londres alors en pleine tourmente, décidait de se rallier à la France-Libre, une ferveur unanime a uni tous les habitants de ce pays, Européens et Africains, pour le combat en faveur de la liberté du monde. Alors, Brazzaville, modeste chef-lieu de l’Afrique équatoriale française, voyait peu à peu son nom prendre un lustre nouveau en tant que capitale de la France libre et combattante».  La journée s’est terminée par une grande réception dans les jardins de l’ancien palais du haut commissaire général, devenu depuis, cette nuit, la résidence du président de la République du Congo… tandis que dans Bacongo comme dans Poto-Poto, la joie, tantôt bruyante des bars-dancings, tantôt paisible des réunions familiales, prolongeait jusque tard dans la nuit la célébration du jour «Un» du Congo indépendant. Signalons que le jour même, le gouvernement congolais envoie un télégramme au secrétariat général des Nations unies, pour son adhésion et la reconnaissance internationale de sa souveraineté.

– 15 août 1960 : Loi n° 60-44 du 15 août 1960 portant approbation des accords paraphés le 12 juillet 1960 et signés le 15 août 1960 entre le gouvernement de la République Française et la République du Congo ainsi que l’adhésion multilatérale.

– 1er novembre 1960 : Décret n° 60-308 du 12 novembre 1960 portant publication du code général des impôts de la République du Congo.

– 31 décembre 1960 : adoption du budget du Congo

Année 1961 

Exercice 1961: Le budget du Congo, exercice 1961, s’élève, en recettes et en dépenses, à cinq milliards deux cent quatre-vingts millions de francs Cfa, soit une augmentation par rapport à 1960, de sept cent vingt-six millions. L’une des innovations de ce budget voté le 31 décembre 1960, est la suppression de l’impôt numérique qui a été remplacé par une augmentation de la taxe sur les vins et les alcools (8 f par litre) avec une majoration de la patente d’importateur, une augmentation des impôts indirects des taxes sur l’essence, le gas-oil et le pétrole et une majoration de l’impôt sur le chiffre d’affaires.

– 16 janvier 1961 : décès de Jean-Félix Tchicaya
Le premier parlementaire congolais, malade pendant de longs mois, Jean-Félix Tchicaya, est décédé, à Pointe-Noire, lundi 16 janvier 1961. Premier député du Moyen-Congo, élu, pour la première fois, en 1945, puis constamment réélu jusqu’à la fin de la présence des députés d’Outre Mer à l’Assemblée nationale française. Il a droit à des funérailles nationales en présence du président de la République et de tout le gouvernement, à Pointe-Noire.

Février 1961 : Création d’une banque de développement
L’Assemblée nationale adopte le projet de loi créant la B.n.d.c (Banque nationale de développement du Congo). Cette banque dispose d’un capital de quatre cent vingt millions de francs Cfa détenu, pour moitié par l’État congolais. La banque a pour objet d’apporter son concours financier ou technique pour la réalisation de tous projets de nature à promouvoir le développement économique et social de la République du Congo.

– 4 mars 1961 : Édition spéciale du Journal Officiel  1.Loi n° 22-61 du 2 mars 1961 portant adoption de la Constitution de la République du Congo ; 2.Décret n° 61-58 du 3 mars 1961 fixant les conditions de participation au scrutin pour l’élection du président de la République ; 3.Décret n° 61-59 fixant la date de l’élection du président de la République et convoquant le corps électoral.

– 26 mars 1961: Élection de l’abbé Fulbert Youlou au suffrage universel direct
Candidat unique, le président Fulbert Youlou est élu au suffrage universel direct. Selon lui, le scrutin qui vient de se dérouler «approuve, de manière éclatante, la politique de fraternité et de cohésion patriotique qu’il meut. À cette politique, poursuit-il, se sont magnifiquement associés tous les leaders politiques influents sur le plan national ou chefs traditionnels; notables tous ont oeuvré pour son succès».

– 1er mai 1961 : Décret n° 61-20 du 28 avril 1961 réglementant l’admission des étrangers dans la République du Congo.

– 15 juin 1961 : Décret n° 61-120 du 5 juin 1961 portant nomination du vice-président de la République.

– 7 juin 1961: Premier voyage du président Fulbert Youlou aux États-Unis d’Amérique
Après son élection, le président Fulbert Youlou effectue sa première visite aux États-Unis d’Amérique où il s’entretient avec le président John Kennedy. Ce voyage s’inscrit dans le cadre d’un programme de diversification des partenaires internationaux du Congo. La préoccupation du chef de l’État congolais est d’obtenir une aide substantielle de l’Amérique, pour la réalisation du projet qui lui est cher: le barrage de Kouilou. Il s’effectue en passant par Paris.

– 20 Juin 1961 :  – Loi n° 35-61 du 20 juin 1961 portant code de la nationalité congolaise;
– Loi n° 33-61 du 20 juin 1961 relative à l’élection des députés à l’Assemblée nationale.
– Loi n°32-61 du 20 juin 1961 portant code des investissements complétant le code général des impôts et modifiant le code de l’enregistrement du timbre et de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières.
– Loi n° 40-61 du 20 juin 1961 portant création et organisation de l’ « Agence congolaise d’information».
– Loi n° 42-61 du 20 juin 1961 portant statut de  la magistrature.
– Loi n° 34-61 du 20 juin 1961 fixant le régime forestier.

– 1er août 1961: Loi n° 33-61 du 20 juin 1961 sur les attroupements;

– 1er octobre 1961: Loi n° 44-61 du 28 septembre 1961 fixant les principes généraux d’organisation de l’enseignement.

Barrage du Kouilou
S’il est un projet du pays qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, en 1961, c’est bien celui du barrage du Kouilou. Le président Fulbert Youlou en a fait son affaire. Selon lui, «l’avenir du Congo est dans ce barrage qui conditionne et détermine, à lui seul, notre évolution». Il est convaincu que cet ouvrage est capable de booster le Congo au rang de puissance économique. Le site Sounda est découvert, en 1887, par un français, l’ingénieur hydrographe Jacob. Son étude prévoit l’établissement d’un barrage devant permettre la navigabilité du fleuve Kouilou.

Année 1962

– Février 1962 : naissance de la marine nationale
Dans le cadre de la constitution de la marine nationale, le vice-président Jacques Opangault, garde des sceaux, ministre de la Justice, a reçu en audience le contre-amiral français Vedel, commandant la zone maritime de l’Atlantique Sud, assisté du commandant Pinasseau, chef de cabinet militaire à la présidence de la République, du lieutenant colonel Donard, attaché militaire à l’ambassade de France, de M. Mabiala, directeur de cabinet du ministre de la Défense nationale et du capitaine de corvette Charand, de la marine française à Pointe-Noire. Au cours de cette audience, ils ont traité des possibilités de l’installation de la marine congolaise et sont tombés d’accord sur les points suivants: l’embryon de la marine nationale congolaise comporterait, en première urgence, une flottille fluviale et des vedettes rapides, pour la surveillance des côtes.

– Février 1962 : inauguration de la maison commune de Ouenzé
Dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du jumelage des villes de Reims et Brazzaville, le président de la République et maire de Brazzaville, l’abbé Fulbert Youlou, a procédé à l’inauguration de la maison commune de Ouenzé. Plusieurs invités et personnalités ont rehaussé l’éclat de cette cérémonie. Parmi lesquelles, MM. Senso et Raullet, respectivement maire-délégué de Brazzaville et de Reims, ainsi que M. Bikoumou, ambassadeur du Congo à Paris.

– 11 février 1962 : sacre du premier évêque congolais, Mgr Théophile Mbemba
La cérémonie s’est déroulée sur la pelouse du stade Félix Eboué, à Brazzaville, en présence du chef de l’État, l’abbé Fulbert Youlou, des membres du gouvernement, des députés, des corps diplomatiques accrédités au Congo et d’une foule immense estimée vingt mille personnes. Le sacre fut fait par Mgr Michel Bernard, archevêque de Brazzaville, assisté de NN. SS. Mongo, évêque de Douala, et Nzila, évêque auxiliaire de Matadi (dans l’actuelle république démocratique du Congo). Après la réception des ornements épiscopaux, le geste d’anéantissement et d’amour et la présentation aux peuples de Dieu, Mgr Théophile Mbemba prend brièvement la parole: «C’est, pour vous, mes frères, que je viens de recevoir la plénitude du sacerdoce».

– 1er mars 1962 : loi n° 15-62 portant statut général des fonctionnaires

– 20 avril 1962 : nomination du premier président de la Cour suprême
Réunis à la présidence de la République, sous la présidence du chef de l’État, l’abbé Fulbert Youlou, les membres du Conseil supérieur de la magistrature ont procédé à la nomination de Joseph Pouabou, en qualité du président de la Cour suprême.
Cette nomination, qui a conditionné celle des autres membres à la Cour suprême, a permis l’installation rapide de cette haute juridiction qui va connaître de nombreux pourvois, tant en matière administrative que judiciaire. Rappelons que la Cour suprême a été créée par la loi n°62 du 20 janvier 1962.

– Ordonnance n° 62-3 du 21 juillet 1962 portant modification et addition à la réglementation sur les associations.

– Décret n° 62-207 du 21 juillet 1962 portant dissolution d’association et partis politiques.

– 30 juillet 1962 : visite du président d’Israël au Congo
Le président de l’État d’Israël, Ben Zvi, accompagné de son épouse, a effectué, du 30 juillet au 3 août 1962, une visite officielle de travail au Congo, sur invitation du président abbé Fulbert Youlou. À l’issue de cette visite, trois documents ont été signés entre les deux États: une déclaration commune, un traité d’amitié et l’aide d’Israël au plan de développement du Congo.

– 20 novembre 1962 : démission de Jacques Opangault
Jacques Opangault démissionne de son poste de ministre des Travaux publics qu’il avait accepté après son départ de la vice-présidence de la République, en avril 1962. Il adresse une lettre de démission au président de la République et ce dernier lui répond. L’échange épistolaire est très courtois.

– 28 novembre 1962 : célébration du quatrième anniversaire de la proclamation de la République du Congo
Le quatrième anniversaire de la proclamation de la République du Congo s’est déroulé avec moins de faste. Après les cérémonies traditionnelles, un bal a eu lieu au palais présidentiel. Des émissions expérimentales de télévision ont couvert le quatrième anniversaire. Une messe est célébrée à l’occasion de cet anniversaire, en l’église Sainte-Anne du Congo, par l’abbé Louis Badila.

Année 1963 

– 27 janvier 1963 : Visite officielle du président Fulbert Youlou à Léopoldville
Le président Youlou effectue une visite officielle au Congo-Léopoldville. Il est le premier chef d’État étranger à se rendre en visite dans ce pays. Ce voyage met fin à une «querelle de frères».

– 6 mars 1963 : Saisie du n°549 de La Semaine Africaine
Par un arrêté, en date du 6 mars 1963, le président de la République du Congo, ministre de l’Intérieur, a ordonné la saisie du numéro 549 de La Semaine Africaine. Le commentaire sur la conférence du président de la République aux élites africaines était inadmissible.

– Samedi 13 avril 1963 : l’Assemblée nationale adopte le parti unique Longtemps en gestation, le parti unique est né au Congo, samedi 13 avril. Pour le président de l’Assemblée nationale, Marcel Ibalico, «l’élément important pour la formation d’une nation est le vouloir vivre collectif».

– Samedi 13 avril 1963 : création d’un régime de pension pour les anciens parlementaires et anciens membres du gouvernement

– 28 avril 1963 : Le président Kasavubu à Brazzaville
Après la visite du président Youlou au Congo-Léopoldville, son homologue, le président Joseph Kasavubu, est arrivé à Brazzaville le 28 avril 1963.

– 3-7 juin 1963 : Sekou Touré à Brazzaville
Le président Sekou Touré, chef de l’État de Guinée, a séjourné au Congo-Brazzaville, du 3 au 7 juin 1963. Sa visite a, presque, coïncidé avec la mort du pape Jean XXIII. Le président guinéen a conféré avec les membres de la colonie de l’Afrique occidentale, à Brazzaville, et les cadres congolais. Il n’a pas eu des mots tendres envers les dirigeants congolais.

– 22 juillet 1963 : les syndicats et le parti unique
Le comité national de fusion des centrales ouvrières approuve la création du parti unique du peuple congolais. Il décide la création d’un comité d’entente se révélant être la section des travailleurs pour le parti unique.

– 24 juillet 1963 : présentation de l’avant-projet de développement
Le ministre du Plan, Victor Sathoud, a présenté l’avant-projet du plan quinquennal qui se propose de préparer l’indépendance économique du pays, grâce à la coopération loyale des initiatives privées et publiques et à la mobilisation de toutes les énergies.

– 12 août 1963 : création des armoiries de la République du Congo par décret n° 63- 262 du 12 août 1963.

– 13 août 1963 : Institution du couvre-feu sur toute l’étendue des préfectures du Djoué, du Kouilou et du Niari par décret n°63-267 du 13 août 1963 et institution de l’état du siège sur toute l’étendue des préfectures du Kouilou et du Niari, par décret n°63-268 du 13 août 1963.

– 13 août 1963 : grève générale
Le comité national de fusion des organisations ouvrières déclenche une grève générale décidée le 7 août, pour protester contre le décret 63/244 du 6 août 1963, portant interdiction provisoire des réunions publiques. La grève est largement suivie par les travailleurs.

– 15 août 1963 : démission du président Fulbert Youlou
À 13h 05, le président Fulbert Youlou signe, dans son palais à Brazzaville, son acte de démission, sous la pression des manifestants et des syndicalistes ayant déclenché une grève générale depuis le 13 août. La démission est remise au colonel David Mountsaka, chef d’état-major général des Forces armées congolaises.
Le lendemain, l’armée fait appel à l’ancien président de l’Assemblée nationale, Alphonse Massamba-Débat, qui s’était retiré dans son village, à Boko, à la suite de sa démission du gouvernement où il occupait le portefeuille du Plan.   

– 16 août 1963 : formation d’un cabinet restreint de huit membres dirigé par Alphonse Massamba-Débat en qualité de Premier ministre.

– 8 décembre 1963 : référendum et élections législatives
Par décret 63/311, le gouvernement congolais fixe au 8 décembre 1963, le déroulement du référendum au Congo.
La nouvelle Constitution a été adoptée à 84,95% des votants. Le même jour, les électeurs congolais ont également élu les nouveaux députés. La liste présentée par le Conseil national de la révolution a obtenu 89,43% des votants.

– 19 décembre 1963 : Massamba-Débat, président
Jeudi 19 décembre 1963, dans la salle de conférence de l’hôtel de ville de Brazzaville, les députés, les conseillers municipaux, des districts et des préfectures ont élu l’unique candidat à la présidence de la République, Alphonse Massamba-Débat, jusque là Premier ministre, par cinquante-trois voix sur cinquante-quatre députés inscrits.

Année 1964 

– Janvier 1964 : Pascal Lissouba, chef du gouvernement
Il était ministre de l’Agriculture, des eaux et forêts et de l’économie rurale dans le gouvernement provisoire présidé par Alphonse Massamba- Débat, président de  la République. Par cette nomination, Pascal Lissouba venait d’être hissé à la tête du premier gouvernement dela deuxième République qui comptait dix membres.  

– Janvier 1964 : Léon Angor, président de l’Assemblée nationale
L’Assemblée nationale a élu son bureau définitif, dans la salle de conférences de l’hôtel de ville, son siège provisoire. Seul candidat au poste, Léon Angor a été élu à l’unanimité.

– Février 1964 : publication et annulation des résultats officiels des élections municipales
Le gouvernement a publié les résultats des élections municipales qui se sont déroulées le 2 février 1964. À l’issue de ces résultats, la liste du M.n.r (Mouvement national pour la révolution) a obtenu 35.363 voix, soit 53,303%.Fortement contestés par la population, ces résultats seront annulés par un décret spécial signé du président Alphonse Massamba-Débat, à cause des irrégularités constatées et la campagne d’intimidation.

– 7 février 1964 : 3 morts et une soixantaine de blessés lors d’une émeute à Brazzaville
Les émeutiers étaient presque uniquement des membres de la tribu lari du quartier Bacongo qui se sont opposés aux forces de l’ordre. Celles-ci ont riposté à l’aide des grenades. Ces derniers voulaient le retour au pouvoir de Fulbert Youlou. À midi, le président de la République, Alphonse Massamba-Débat, a adressé un message à la nation, d’abord en français, puis en lari. «Ce que les Laris devront comprendre, c’est que toutes les tribus du Congo ne veulent plus du désordre au Congo; elles veulent vivre en paix. Elles ne permettront jamais à une seule race ou à une seule tribu, quelle que soit sa valeur ou la valeur qu’elle prétend se donner, de prendre les autres pour ses esclaves. Je ne répète là que ce qui est dit partout et que vous entendez vous-mêmes», avait-il déclaré.

7 février 1964 : institution du couvre-feu sur toute l’étendue des agglomérations de Bacongo, Makélékélé et Moukounzingouaka de 19h à 6h du matin, par décret n°64-38.

– 22 février 1964 : établissement des relations diplomatiques entre la République du Congo et la République populaire de Chine
Le gouvernement de la République du Congo et le gouvernement de Chine ont décidé de se reconnaître mutuellement et d’établir des relations diplomatiques au niveau des ambassades, en conformité des cinq principes suivants: respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, non agression mutuelle, non ingérence dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques, coexistence pacifique. Les deux gouvernements sont unanimement d’accord pour développer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.

– 3 mars 1964 : création, par décret n°64-85, d’un comité d’organisation et d’un secrétaire général des premiers jeux africains

– Août 1964 : institution de la censure au Congo
Sous la conduite du secrétaire général du M.n.r (Mouvement national de la révolution), Alphonse Massamba-Débat, le comité central du parti unique a convoqué la presse nationale à une séance de travail, pour étudier ensemble la place de la presse dans les nouvelles structures de  la nation. Parmi les mesures prises au cours de cette rencontre, la création d’une commission de censure.
Cette commission avait pout but de statuer sur l’honnêteté d’un article, d’en soustraire certaines parties susceptibles de troubler la masse, de faire respecter l’esprit de  la révolution. Il sera, également, institué une commission de censure cinématographique.

– 8 Septembre 1964 : prestation de serment d’Auguste Roch Nganzali, nouveau procureur général de
la République

Nommé à titre exceptionnel par décret n°64/286 du 3 septembre, le nouveau procureur général de la République près la Cour d’appel de Brazzaville et près la Cour suprême, Auguste Roch Nganzali, doyen de barreau, maître Proucel (vingt-cinq années de service à Brazzaville) a prêté serment au palais de justice, en présence de Pascal Ockyemba-Morlende, ministre de la Justice, garde des sceaux, et de Joseph Pouabou, président de la Cour suprême, etc.

– 5 novembre 1964 : naissance de la C.s.c (Confédération syndicale congolaise)
Après avoir discuté des conditions pratiques de l’organisation de l’unité syndicale en fonction de la volonté unanime des travailleurs et leur souci de mettre en place, de toute urgence, une centrale unique groupant tous les travailleurs congolais, la C.c.s.l (Confédération congolaise des syndicats libres), la C.g.a.t (Confédération générale africaine du travail), la C.f.a.c.a.c.p (Confédération des fonctionnaires des agents contractuels de l’administration et des collectivités publiques) et la F.p (Fédération postale) ont accepté librement la création d’une confédération syndicale congolaise et l’impression des cartes syndicales au style de la nouvelle centrale.

Année 1965 

– 1er janvier 1965 : Che Guevara accueilli à Brazzaville
Forte personnalité du régime révolutionnaire de La Havane, à Cuba, Che Guevara, ministre cubain de l’Industrie, est arrivé à Brazzaville. Il est accompagné de l’ambassadeur cubain en Algérie, le commandant Serguera. Le 2 janvier, l’homme d’État cubain est reçu par le président Massamba-Débat.

– Février 1965 : complot contre le Congo-Brazzaville ?
S’appuyant sur les déclarations qui auraient été faites par le président Modibo Keita (Mali), les journaux soviétiques et du «Nationalist» de Dar-Es-Salaam du 27 janvier 1965, le Premier ministre, chef du gouvernement, Pascal Lissouba dénonce, sur les antennes de «La Voix de la Révolution congolaise », le complot qui serait ourdi dans certains milieux européens et africains contre le gouvernement du Congo-Brazzaville.

– 15 février 1965 : trois hauts fonctionnaires assassinés
Dans la nuit du 15 au 16 février 1965, trois hauts fonctionnaires, Joseph Pouabou, président de la Cour suprême, Lazare Matsocota, procureur de la République et Anselme Massoueme, directeur de l’ «Agence congolaise de l’information » sont enlevés et assassinés. Les corps de MM. Matsocota et Massoueme ont été retrouvés, complètement mutilés. Les recherches se poursuivent en vue de retrouver celui de M. Pouabou. Il n’a jamais été retrouvé.

– 4 mars 1965 : l’U.d.f.c devient l’U.r.f.c
Jeudi 4 mars 1965, l’Union démocratique des femmes du Congo (U.d.f.c) cède la place à l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (U.r.f.c). Mme Céline Yandza est élue présidente nationale de l’U.r.f.c.

– 10 mars 1965 : création de commissaires de gouvernement
Le décret n°65/81 du 10 mars 1965 porte création de commissaires du gouvernement qui peuvent se substituer aux préfets dans les circonscriptions administratives.

– Jeudi 25 mars 1965 : pose de la première pierre de la cimenterie de Loutété
Le chef de l’État congolais, Alphonse Massamba-Débat, s’est rendu à Loutété, à la tête d’une importante délégation, pour poser la première pierre de la cimenterie de Loutété. L’usine, qui produira cent mille tonnes de ciment, nécessite un investissement d’un milliard cinq cents millions de francs Cfa. Les firmes allemandes y contribuent pour neuf cents millions et le gouvernement allemand pourrait accorder son aide, en finançant le reliquat de l’investissement.

– 25 mars 1965 : l’ancien président de la République, Fulbert Youlou, interné d’abord dans le camp militaire «Fulbert Youlou», puis transféré, quelques semaines plus tard, avec sa famille, au camp de gendarmerie du «Djoué», s’évade et se réfugie à Léopoldville. On évoque des complicités, jusqu’au haut sommet, dans son évasion.

– 8 juin 1965 : Fulbert Youlou, condamné à la peine capitale par contumace
Le procès des détenus politiques, internés depuis les évènements des 13, 14, 15 août 1963, s’est ouvert le 8 juin 1965. Pour cette première séance, trois accusés devaient comparaître: l’abbé Fulbert Youlou, en fuite, a été condamné à mort par contumace et ses biens meubles et immeubles nationalisés. Apollinaire Bazinga et René Kinzounza ont été relaxés.

– 17 juin 1965 : procès des trafiquants d’armes
Après le procès des dirigeants de l’ancien régime, le tribunal populaire a aussi ouvert ceux des trafiquants d’armes de guerre et des responsables des évènements du 7 février 1964. Le procès, ouvert le 17 juin 1965, était appelé celui des nostalgiques de l’ancien régime. Des armes de guerre, transitant, clandestinement, par Léopoldville, ont été saisies au Congo-Brazzaville. MM. Hazoume, ancien conseiller politique de l’abbé Fulbert Youlou, et Bernard Kolélas ont été reconnus responsables de ce trafic. M. Kolélas a été condamné à la peine capitale, par contumace.

-18 juin 1965 : création du Corps national de la défense civile, avec pour chef de corps Ange Diawra

-18-25 juillet 1965 : premiers jeux africains à Brazzaville
Vingt-sept pays africains ont participé aux premiers jeux africains qui se sont déroulés à Brazzaville. Si
la République Arabe Unie a obtenu plus de médailles que les autres pays, le Congo-Brazzaville était vainqueur du tournoi de football.

– 12 août 1965 : nationalisation de l’enseignement
La loi n°32/65 du 12 août 1965 porte nationalisation des écoles confessionnelles. Les mouvements catholiques des jeunes sont interdits. Les Églises du Congo n’ont plus le droit d’enseigner le catéchisme pendant les heures de cours.

– 12 août 1965 : le stade omnisports devient Stade de la révolution
19 septembre 1965: création du M.n.p (Mouvement national des pionniers). Auguste Bitsindou en est le commissaire national.

Année 1966  

-7 janvier 1966 : pose la première pierre du bureau régional de l’OMS
La cérémonie se déroule en présence du président Alphonse Massamba-Débat. Prenant la parole, le Dr Quenum, directeur régional de l’OMS, a rendu un hommage au chef de l’État¸ avant de décrire les circonstances d’implantation du siège de l’OMS à Brazzaville.  

-1er janvier 1966 : mise en service de la compagnie aérienne Lina Congo
Le décret d’application de la loi 37/65 du 12 août 1965 portant création de la société des lignes nationales aériennes congolaises «Lina-Congo», a été signé le 19 décembre 1965 sous le n°65/329. Mais, c’est à partir du 1er janvier 1966 que la compagnie nationale Air-Congo, mise en liquidation par la loi 36/65 du 12 août 1965, a cessé de fonctionner, pour laisser la place à Lina-Congo.

– Avril 1966 : Démission du Premier ministre Pascal Lissouba Dans un communiqué du bureau politique daté du 26 avril, le président de la République et secrétaire général du MNR (Mouvement national de la révolution), Alphonse Massamba-Débat, annonce l’acceptation de la démission de son Premier ministre, Pascal Lissouba.

– 6 mai 1966 : Ambroise Édouard Noumazalaye, nommé chef du gouvernement
Le nouveau Premier ministre est nommé par décret n°66/163 du 6 mai 1966, signé du président Alphonse Massamba-Débat. Né le 23 septembre 1933, il est élu secrétaire du bureau politique en juillet 1964. M. Noumazalaye, qui est à la tête d’une équipe gouvernementale de dix membres, était directeur des affaires économiques.

– 10 mai 1966 : Georges André Mouyabi, président de l’Assemblée nationale
Réunie en session ordinaire, l’Assemblée nationale a procédé au renouvellement de son bureau. C’est ainsi que Georges André Mouyabi a été élu président, succédant ainsi à Léon Angor. Le premier vice-président est Anatole Mouyascko et Julien Boukambou, 2e vice-président.

– 22 juin 1966 : l’Assemblée nationale vote une loi transformant les Forces armées congolaises (F.a.c) en Armée populaire nationale (APN). Une direction politique à l’armée et un haut-commandement collégial sont créés. Les deux sont dirigés par une commission civile présidée par un officier membre du parti, qui a rang de commandant en chef de l’APN.

– 27 juin 1966 : destitution du capitaine Marien Ngouabi, rétrogradé au rang de première classe, suite à une désobéissance de son affectation à Pointe-Noire par  la hiérarchie. Des émeutes de ses partisans éclatent pendant deux jours, réclamant la réhabilitation de l’officier. Des députés sont arrêtés et des centaines de gens mis en arrestation.  Le siège du bureau politique du MNR est saccagé.

– 22 juillet 1966 : le tribunal populaire condamne Félix Mouzabakani et Gilbert Pongault
Interrompues depuis juin 1965, les séances du tribunal populaire ont repris à l’hôtel de ville de Brazzaville. Trois accusés devaient comparaitre: Matsieto Donatien, Makosso Jean-Aimé et N’zalakanda Blaise. Il leur était reproché de vouloir fomenter un complot dont le but était de détruire ou de changer de gouvernement et d’exciter les citoyens ou les habitants à s’armer contre l’autorité du chef du pouvoir exécutif ou d’exciter à la guerre civile. Les affaires Makosso Jean-Aimé et N’zalakanda Blaise furent renvoyées à une date non précisée. Matsieto Donahien, quant à lui, fut condamné à cinq ans d’emprisonnement. L’audience du samedi 23 juillet condamnait Félix Mouzabakani, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée nationale et Gilbert Pongault à la peine de mort, pour une affaire d’armes de 1964.

– 15 août 1966 : célébration du 3e anniversaire de la révolution
La cérémonie a connu la présence des présidents Joseph- Désiré Mobutu, du Congo-Kinhsasa, et Jean-Bédel Bokassa de la République centrafricaine. Après la revue des troupes, Claude Da Costa, deuxième secrétaire du bureau politique et ministre de la Reconstruction nationale, est monté à la tribune pour déclarer ouvertes les manifestations officielles du 15 août. Par ailleurs, il a dégagé la signification des diverses étapes qui ont marqué le chemin de la révolution. Dans une courte allocution en kituba, le président Alphonse Massamba-Débat rappelle qu’il ne serait fait aucune allusion aux problèmes internes. Après cette courte mise au point, il a indiqué en français que ce 15 août devait logiquement marquer le sixième anniversaire de notre indépendance car, en effet, c’est bien le 15 août 1960 que le Congo devint indépendant.

– 29 décembre 1966 : création, par décret n°66-352,d’une école nationale de formation para-médicale et médicosociale dénommée École Jean Joseph Loukabou.

Année 1967   

– 14 janvier 1967 : Me Moudileno Massengo, 1er avocat congolais
Par arrêté du garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Moudileno-Massengo a été nommé avocat défenseur près la Cour d’appel de Brazzaville, le 13 janvier 1967. Il a prêté serment le 14 janvier 1967.  

1er février 1967 : des percepteurs des droits d’auteurs
Le Conseil des ministres du 1er février 1967 a, entre autres, adopté deux décrets ayant trait aux droits d’auteurs. Le premier porte désignation d’agents assermentés par les organismes professionnels d’auteurs et le second définit le règlement de la perception des droits d’auteurs. Il s’agit de prendre des dispositions qui permettent aux auteurs-compositeurs congolais de récupérer les droits qui leur sont légalement dûs, conformément à la convention de Berne.

5 mai 1967 : Radiodiffusion-Télévision congolaise, service public
Le décret n°67/135 du 5 mai 1967 fait de la Radiodiffusion-Télévision «un service public de l’État, placé sous l’autorité du ministre de l’Information, en vue de satisfaire les besoins d’information, d’animation, de culture et de distraction du public».

7 juin 1967 : match de football Congo-Brésil
Le célèbre footballeur brésilien, Pelé, et l’équipe Santos jouent à Brazzaville contre la sélection congolaise. Score: trois buts à deux en faveur du Brésil.

– 15 juin 1967 : création, par la loi n°5-67, de la Snde (Société nationale de distribution d’eau),

– 30 juin 1967 : Nicaise Samba nommé directeur de l’agence comptable inter-États de l’Udéac
Par décision n°3/67-P du 1er avril 1967, du président du conseil des chefs d’État, Nicaise Samba, inspecteur du Trésor de la République du Congo, est nommé directeur de l’agence comptable inter-États. Il remplace, à ce poste, M. Sicre qui assurait ces fonctions depuis janvier 1966.

– 23 juillet 1967 : impossibilité de tenir le congrès de la JMNR
Le bureau politique du MNR, réuni en séance extraordinaire, a rendu public le communiqué par lequel il informe le public de l’impossibilité de réunir le congrès de la JMNR (Jeunesse du mouvement national de la révolution). Le bureau politique nomme une direction de la JMNR que préside Ange Diawara et ayant pour membres Ange Poungui, Nicolas Okongo, Claude Ndala et André Hombessa.

– 23 août 1967 : le gouvernement congolais réorganise son administration territoriale.Préfectures et sous-préfectures deviennent régions et districts.

– 19 octobre 1967 : les véhicules de l’État doivent être utilisés à des fins strictement de service
Le ministre de l’Information, Pierre Mvouama, rendant compte des travaux du Conseil des ministres, du 19 octobre 1967, a indiqué qu’«il n’y a pas deux catégories de citoyens congolais et les véhicules administratifs ne doivent être utilisés qu’à des fins strictement de service». Le ministre a ajouté que certaines personnes (directeurs et chefs de service) utilisent des véhicules administratifs à des fins personnelles. Le peuple congolais ayant rompu avec les vieilles habitudes, il est inconcevable qu’une certaine caste de Congolais se servent des véhicules de l’État, pour des extra-services.

– 26 octobre 1967 : mort du procureur général Auguste Roch Ngandzadi
Victime d’un accident de circulation, à proximité de Kinkala (Pool), le 19 octobre 1967, Auguste Roch Ngandzadi est mort le 26 octobre, à Paris (France) où il avait été évacué le 20 octobre. Son inhumation a eu lieu le 1er novembre au cimetière du centre-ville de Brazzaville.

– 24 novembre 1967 : le ministre de l’Information, Pierre Mvouama, annonce l’adoption, en Conseil des ministres, du décret portant organisation de l’ONLP (Office national des librairies populaires)

13 décembre 1967 : pose de la première pierre de la verrerie du Congo dont la mise en exploitation est prévue pour la fin de l’année 1968. La production annuelle est évaluée à 6000 tonnes. C’est le président de la République qui a procédé à la pose de la première pierre. Le montant total de l’investissement est de 562 millions de francs Cfa.

– Jeudi 21 décembre 1967 : adoption du budget, exercice 1968
Peu avant minuit, les députés adoptent le projet du budget de l’année 1968, arrêté à treize milliards deux cent soixante-trois millions trois cent trente-cinq mille six cent soixante treize francs (13.263.335.673 francs Cfa).

– 21 décembre 1967 : promulgation de la loi n° 23-67 portant loi programme pour l’africanisation des postes de travail dans les sociétés, entreprises, établissements et succursales exerçant dans la République du Congo.

Année 1968  

– Février 1968 : ouverture de l’hôpital de Makélékélé
Les travaux de ce complexe sanitaire avaient commencé en 1963. Ils avaient été interrompus pendant près de deux ans. Financé entièrement par l’État congolais à hauteur de 63.997.241 de francs Cfa, cette unité sanitaire a bénéficié d’un équipement de l’Unicef, dans le cadre de son assistance aux pays en voie de développement, et au programme de développement des services de santé congolais.  

– 2 mars 1968 : inauguration de la gare de Tié-Tié, à Pointe-Noire
C’est Pierre M’Vouama, ministre des Travaux publics, des transports, des postes et télécommunications, président du comité directeur de l’A.t.e.c (Agence transéquatoriale de communications), qui procède à l’inauguration de cette gare.

– 25 mars 1968 : inauguration de l’usine de cimenterie de Loutété
Fruit de la coopération entre le Congo et la République Fédérale d’Allemagne, l’usine de cimenterie de Loutété est inaugurée par le président Alphonse Massamba-Débat, en présence de M. Hasslacher, ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne au Congo.

– 13 mai 1968 : tentative de coup d’État déjoué à Brazzaville
Dans la nuit du 13 au 14 mai, une tentative de coup d’État a échoué à Brazzaville. Le ministre de l’Information, André Hombessa, révèle ce qui s’était passé en déclarant qu’un commando de mercenaires avaient réussi à se rendre au domicile d’un officier de l’armée populaire nationale congolaise, le lieutenant Portella, qu’ils avaient contraint, après un échange de coups de feu, à les conduire auprès du lieutenant Augustin Poignet, secrétaire d’État à la Défense nationale. «Grace à une ruse des deux officiers, l’alerte a pu être donnée», a poursuivi André Hombessa qui, par ailleurs, a fait savoir que les membres du commando ont été réduits à l’impuissance. «Ils se trouvent sous les verrous», a-t-il ajouté. Le responsable de cette opération était M. Jacques Debreton.

– 15 mai 1968 : André-Georges Mouyabi réélu à la présidence de l’Assemblée nationale.       

Le premier vice-président est Donatien Moulounda et le 2e vice-président André Bouninga. Outre les membres du bureau politique, le gouvernement y était largement représenté. Les autres membres du bureau sont: 1er secrétaire: Ernest Meking; 2e secrétaire: Daniel Lebamba, 1er questeur: Georges Boukhette; 2e questeur: Samuel Tchicamboud.

– 31 mai 1968 : inauguration de l’aérodrome de Loukoléla
Loukoléla a été doté d’un aérodrome inauguré par le ministre Édouard Ebouka-Babakas. Financé par l’État congolais, la construction de cet aérodrome a couté 15 millions de francs Cfa.

– 22 juillet 1968 : appel à candidature du président Alphonse Massamba-Débat
Le chef de l’État, Alphonse Massamba-Débat, dans un message à la Nation, demande à ceux qui le désirent de faire acte de candidature à la présidence de la République avant midi du samedi 27 juillet.

– 27 juillet 1968 : nouvelle déclaration d’Alphonse Massamba-Débat. Faute de candidature, le chef de l’État annonce qu’il demeure à son poste jusqu’à la fin du mandat.

– 29 juillet 1968 : arrestation du capitaine Marien Ngouabi
Alors que la classe politique conteste de plus en plus les décisions du président Massamba-Debat, celui-ci fait arrêter le capitaine Ngouabi et le lieutenant Eyabo, pour activisme politique trop prononcé.

– 31 juillet 1968 : après une mutinerie du camp des bérets rouges, un détachement de para-commandos, conduit par l’adjudant Akouala, libère, dans la nuit, le capitaine Marien Ngouabi et le lieutenant Eyabo.

– 31 juillet 1968 : manifestation de soutien au président Alphonse Massamba-Débat. À l’issue de cette manifestation qui s’est déroulée à l’hôtel de ville de Brazzaville, les manifestants exigent la dissolution du Parlement et du bureau politique du MNR.

– 1er août 1968 : dissolution de l’Assemblée nationale et du bureau politique
En raison de la situation de crise politique qui prévaut dans le pays et pour répondre aux voeux de la population, le président Alphonse Massamba-Débat dissout l’Assemblée nationale élue le 8 décembre 1963 et décide de légiférer par voie d’ordonnance. Au niveau du parti, il a pris un acte réglementaire qui mettait le bureau politique à l’écart des activités nationales, jusqu’à la convocation du congrès du parti. Un comité de défense de la révolution est mis en
place.

– 2 août 1968 : libération des prisonniers à la maison d’arrêt de Brazzaville
Les para-commandos, qui avaient investi la maison d’arrêt, font libérer les prisonniers parmi lesquels le commandant Félix Mouzabakani, ancien chef d’état-major. Le président de la République accorde une amnistie générale à tous les détenus politiques.

– 3 août 1968 : Augustin Poignet investi des prérogatives de chef d’État
Un communiqué, le deuxième, lu à la radio, charge le lieutenant Augustin Poignet des prérogatives de chef de l’État, en l’absence du titulaire, Alphonse Massamba-Débat. Le capitaine Marien Ngouabi est nommé commandant en chef de l’armée, en remplacement du capitaine Damas Ebadep. Le lieutenant Louis Sylvain Goma assume, quant à lui, les charges de chef d’état-major général des Fac. Un ouvre feu est décrété de 19h30 à 6 heures du matin.

– 4 août 1968 : le capitaine Marien Ngouabi invite le président Alphonse Massamba-Débat à rejoindre ses collaborateurs
Dans l’intérêt national, le commandant en chef de l’armée, le capitaine Marien Ngouabi, invite, dans l’intérêt national, le président Alphonse Massamba-Débat à reprendre son courage et à rejoindre ses collaborateurs. «L’Armée populaire nationale est garante de sa sécurité comme elle l’est de tous les citoyens». Avant midi, un communiqué annonce le retour du chef de l’État au palais présidentiel où il préside un Conseil des ministres. À l’issue de ce conseil, les membres du gouvernement offrent leur démission collective, dans le souci d’aider le chef de l’État à résoudre  la crise. Le couvrefeu, qui avait été institué, est reporté à 22h.

– 5 août 1968 : Alfred Raoul, nommé Premier ministre
Après une journée de consultations, le président Massamba-Débat a formé un nouveau gouvernement provisoire de treize membres dont le capitaine Alfred Raoul est le Premier ministre. Sept ministres du précédent gouvernement ne font plus partie de cette nouvelle équipe. D’autre part, une importante décision a été prise concernant les forces armées, à savoir la fusion de la défense civile et de l’armée populaire nationale, auxquelles serait également intégrée la gendarmerie.

– 6 août 1968 : mise en place du Cnr (Conseil national de la révolution)
Le Cnr dont la création avait été annoncée le 1er août dernier par le président Alphonse Massamba-Débat, est mis sur pied. Quarante et un membres composent ce conseil qui est coiffé par un directoire. Douze officiers font partie du Cnr, dont Marien Ngouabi, Alfred Raoul, Kimbouala-Nkaya et Denis Sassou. C’est au cours d’une importante séance tenue à l’hôtel de ville que les membres du Cnr et du directoire ont été présentés au public.

– 16 août 1968 : un Acte fondamental remplace la Constitution de 1963 et institue légalement le Cnr comme organe législatif provisoire.
Il est présidé par le capitaine Marien Ngouabi, alors que le président de la République, Alphonse Massamba-Débat, n’en est que simple membre. Le pouvoir vient, en réalité, de changer de main.

– 20 août 1968 : le commandant Alfred Raoul est nommé Premier ministre

– 31 août 1968 : Chute du camp de la Météo
Les Brazzavillois sont surpris par des crépitements de mitrailleuses lâchés vendredi sur une patrouille mixte APN (Armée populaire nationale) et Défense civile, qui évoluait vers le pont du Djoué, faisant des blessés dont un soldat de la Défense civile et un officier militaire. Après cet incident, les forces régulières ont décidé de cerner le camp Météo, afin d’obtenir des miliciens, qu’ils déposent les armes sur appel du chef de l’État. Les populations habitant aux environs immédiats du camp Météo sont priées d’évacuer immédiatement leurs domiciles. Un communiqué annonce la prise du camp. Aux termes d’un autre communiqué, ordre est donné à tous les militaires de réintégrer les casernes où ils ont été consignés jusqu’à nouvel ordre.

– 4 septembre 1968 : démission du président Alphonse Massamba-Débat
L’annonce est faite sur les ondes de la « Voix de la révolution congolaise » par le capitaine Marien Ngouabi, président du Cnr et ministre de la Défense nationale. Dans sa lettre de démission adressée au président du Cnr, Alphonse Massamba-Débat lui demande d’assumer les fonctions de président de la République, jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions. Mais, véritable homme fort du moment, le capitaine Marien Ngouabi ne se précipite pas à s’emparer du pouvoir.

7 septembre 1968 : le Cnr aménage l’Acte fondamental et supprime la fonction de président de la République. Premier ministre, Alfred Raoul est chargé d’assurer l’intérim à la tête de l’État, jusqu’à la mise en place d’institutions définitives.

– 21 novembre 1968 : inauguration du siège de la Banque centrale
Il ne s’agit pas d’une nouvelle institution mais du remplacement d’un vieux bâtiment par un neuf, répondant aux exigences d’une banque centrale. C’est le commandant Alfred Raoul qui procède à l’inauguration officielle de ce bâtiment, en présence de Georges Gauthier, président de la Banque centrale des États de l’Afrique équatoriale et du Cameroun.

– 31 décembre 1968 : l’Acte fondamental est de nouveau modifié, avec la réintroduction de la fonction de président de la République. Le Cnr, véritable organe du pouvoir, est réduit à vingt-huit membres. Les proches du président démissionnaire, Alphonse Massamba-Débat, sont mis à l’écart. Chef du Cnr, Marien Ngouabi est proclamé président de la République. Il a 30 ans et prend les rênes d’un pays d’à peine un million d’habitants, dont l’économie repose sur l’agriculture (vivrière et d’exportation, notamment le café et le cacao), l’exportation du bois, l’exploitation minière, le transport, notamment le Chemin de fer Congo-Océan) et un tissu industriel relativement modeste.

Année 1969  

– 16 janvier 1969 : une bibliothèque à la maison d’arrêt de Brazzaville
Le ministre de la Justice, Aloyse Moudileno, inaugure la bibliothèque de la maison d’arrêt de Brazzaville.  

25 janvier 1969 : l’hélicoptère présidentiel s’abîme dans le fleuve Congo
Six militaires de l’escadrille aérienne, dont l’âge oscille entre 23 et 26 ans, prennent place à bord de l’hélicoptère présidentiel qui s’abîme dans le fleuve Congo, vers Kintélé, à 25 km de Brazzaville. Il y a un rescapé.

– 5 février 1969 : création de la Cour révolutionnaire de justice
Le Conseil national de la révolution (Cnr), réuni le 5 février 1969, de 9h à 16h30, adopte le projet créant la Cour révolutionnaire de justice. Une ordonnance, publiée le 7 février, précise les fonctions de cette cour. «En cas de menaces graves contre la révolution, ou de troubles portant atteinte à l’ordre public ou à l’autorité de l’État, le chef de l’État, sur décision du bureau politique, devra, par décret pris en Conseil des ministres, décider de l’installation de la Cour révolutionnaire de justice, pour réprimer les crimes et délits spécifiés aux articles 3, 4, 5 et 6 de la présente ordonnance», précise l’article 2 de l’ordonnance. Cette cour a été intronisée le 5 février 1969, à l’hôtel de ville de Brazzaville, sous la présidence de Me Aloyse Moudileno-Massengo, garde des sceaux, ministre de la Justice et du travail. Cette instance composée de vingt-cinq membres (magistrats, officiers, soldats et civils) jugera tous les délits politiques commis depuis le 15 août 1963.

– 6 février 1969 : modification de la loi créant l’Armée populaire nationale
Le président du Cnr, le commandant Marien Ngouabi, signe l’ordonnance n°1/69 portant modification de la loi 11/69 créant l’Armée populaire nationale.

-18 avril 1969 : Découverte du pétrole au sud de Pointe-Noire
La «Voix de la révolution congolaise» annonce, le 18 avril 1969, la découverte du pétrole, à environ 30 km, au sud de Pointe-Noire. À la suite de l’accord conclu le 17 octobre 1968, entre le gouvernement congolais et le groupe Erap-Elf,la société Elf-Congo a commencé, le 13 mars 1969, un premier forage en mer.

– 29 mai 1969 : Procès Debreton à Brazzaville
La Cour révolutionnaire de justice s’est prononcée sur le cas Jacques Debreton et ses co-accusés. Dans la nuit du 13 au 14 mai 1969, Jacques Debreton, accompagné de ses recrues, s’est rendu au domicile du capitaine Portella qu’il a contraint, après l’avoir blessé, à le conduire chez le secrétaire d’État à la Défense nationale, le capitaine Augustin Poignet. Jacques Debreton, Français, se disait au service d’une organisation appelée Ora (Organisation de renseignements et action) dont le siège serait à Franckfort (Allemagne). Il aurait été recruté par un certain Saint Martin, résidant, semble-t-il, à Génève (Suisse). Il a affirmé être arrivé au Congo-Brazzaville, avec pour mission de renverser le gouvernement Massamba-Débat. Il a été inculpé de cinq chefs d’accusation: crime d’espionnage; crime d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État; coups et blessures contre l’officier de l’Armée populaire nationale, Aimé Portella; atteinte à la sécurité extérieure de l’État; tentative d’évasion avec bris de prison. La Cour révolutionnaire de justice, présidée par Me Anselme Mandelo, a également jugé des coaccusés congolais. Elle a prononcé, samedi 31 mai 1969, les sentences suivantes: Debreton : travaux forcés à perpétuité et un million de francs d’amende; Pierre Kinganga, alias Siroko : peine de mort par contumace; Boukaka-Nganga : vingt ans de travaux forcés par contumace; Corentin Malela : deux ans de prison ferme ; Adrien Malonga: un an de prison avec sursis ; Pierre Loumina : un an de prison ferme mais a vu sa peine absoute. Trois autres inculpés ont été acquittés.

– 20-25 mai 1969 : le président Marien Ngouabi en Égypte
Le chef de l’État congolais effectue une visite officielle en Égypte, du 20 au 25 mai 1969. Le communiqué final à l’issue des entretiens entre les deux hommes d’état indique que les deux parties ont exprimé leur attachement et leur appui aux principes de l’OUA et leur détermination à la consolider.
Elles ont condamné la discrimination raciale pratiquée par le gouvernement d’Afrique du Sud et la politique expansionniste d’Israël.

19 juin 1969 : Le capitaine Barthélemy Kikadidi, Foueti et dix-sept autres personnes sont arrêtés

pour tentative de coup d’État en faveur de l’ex-président Alphonse Massamba-Débat. Ils sont condamnés à des peines d’emprisonnement diverses et Kikadidi est radié de l’armée.

– 9 juillet 1969 : premier train de potasse au wharf de Pointe-Noire

C’est une rame de vingt wagons, portant chacun quarante-cinq tonnes de potasse extrait de la mine de la compagnie des potasses du Congo dont le gisement se trouve à 48 Km environ de Pointe-Noire. Ces neuf cents tonnes ne sont pas les premières sorties de la mine. Depuis le 13 juin 1969, mille tonnes ensachées ont été expédiées par le CFCO à Jacob (actuel Nkayi) et étendues sur une partie de l’immense domaine de la Sian, pour un meilleur rendement de la canne à sucre et d’autres productions agricoles de la vallée du Niari.

– 24 juillet 1969 : procès Mouzabakani à Brazzaville
Après dix longues séances, la Cour révolutionnaire de justice a rendu son verdict sur ce que l’on a appelé l’affaire Mouzabakani. Officier de l’armée, ancien ministre de l’Intérieur, Félix Mouzabakani est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

– 12 août 1969 : inauguration de l’usine textile de Kinsoundi et la maternité Blanche Gomes
L’accord de coopération économique entre le Congo et la Chine populaire a donné naissance à l’usine textile de Kinsoundi, inaugurée le 12 août 1969. L’usine a nécessité un investissement estimé à 1.200.000.000 de francs Cfa. Le même jour, a été inaugurée la maternité Blanche Gomes, construite avec l’appui financier de l’Union soviétique.

– 8 novembre 1969 : complot déjoué
Samedi 8 novembre 1969, «La Voix de la Révolution » a déclaré qu’un complot venait d’être déjoué dans la nuit du 7 au 8 novembre 1969. Trente personnes ont été arrêtées. Parmi elles, Bernard Kolélas, condamné par contumace, pour trafic d’armes en 1964 et gracié après le 31 juillet 1968. Pour le président du Cnr (Conseil national de la révolution), jamais, depuis l’accession du Congo à l’indépendance, on n’a enregistré «un si grand complot contre notre nation». À partir de 13h, samedi 8 novembre, les Brazzavillois sont invités à aller voir les armes, les munitions saisies ainsi que les personnes arrêtées. Dimanche 9 novembre, les membres du Cnr ont décidé de créer une cour martiale devant «connaître, dans les délais les plus courts, les atteintes spéciales à la révolution».

– Jeudi 20 novembre 1969 : l’affaire des assassinats politiques de février 1965 devant la Cour révolutionnaire d’exception
La Cour révolutionnaire d’exception, composée des membres de la Cour martiale, des présidents et viceprésidents de la Cour suprême, de la Cour révolutionnaire de justice, s’est penchée sur le problème des assassinats politiques perpétrés dans la nuit du lundi 15 à mardi 16 février 1965 où trois hauts fonctionnaires, Lazare Matsocota, procureur de la République, Joseph Pouabou, président de la Cour suprême et Anselme Massouemé, directeur de l’ « Agence congolaise d’information», avaient été enlevés et les deux corps de Matsocota et Massouemé ont été retrouvés mutilés. La Cour révolutionnaire d’exception a entendu Alphonse Massamba-Débat, ancien chef de l’État, les anciens Premiers ministres Pascal Lissouba et Ambroise Noumazalaye. Et aussi d’autres personnalités comme Jean-Baptiste Lounda, Ernest Claude Ndalla, Étienne Malounga, Joseph Loubassou et Joseph Mampouya. Cependant, Alphonse Massamba-Débat, Pascal Lissouba, Ambroise Noumazalaye, Jean-Baptiste Lounda et André Hombessa sont accusés de n’avoir pas réagi en responsables politiques avisés. Ils ont été condamnés, les trois premiers nommés, à deux ans de suspension d’activités politiques au sein du parti et d’interdiction de sortie du territoire et les deux derniers à un an de suspension d’activités politiques et interdiction de sortie. La cour a reconnu responsables des enlèvements des victimes: Vander Reysen Antoine, directeur de cabinet de M. Lissouba; Maboungou-Mbimba, membre du Comité central et ex-président du Conseil économique et social, Michel Mbindi, ancien directeur général de la sûreté. Ils ont été condamnés, chacun, à dix ans de travaux forcés. Deux autres inculpés, Antoine Ngayot et Félix Kanoukounou, ont été condamnés respectivement à cinq ans et trois ans d’emprisonnement avec sursis. Pierre Kinganga, Aimé Matsika, Michel Mbindi, Prosper Ngandzion et Maboungou-Mbimba sont condamnés à mort par contumace.

– 29 – 31 décembre 1969 : tenue à Brazzaville du congrès constitutif du PCT (Parti congolais du travail)
Il se définit comme un parti unique d’avant-garde, d’idéologie marxiste-lénniste.
La nouvelle Constitution est promulguée à cette occasion. Le président de la République est en même temps chef du parti, en qualité de président du Comité central du PCT. Le parti est coiffé par un bureau politique dirigé par le président de la République. Le PCT met en place ses organisations de masse. Le Congo devient une République populaire. Les symboles de la République sont changés. Le drapeau tricolore (vert-jaune-rouge) est remplacé par un drapeau rouge avec une houe et un marteau jaunes entrecroisés, entourés de deux palmes vertes. L’hymne national, «La Congolaise » est remplacé par «Les Trois glorieuses». Le Parlement est supprimé.
La République Populaire du Congo est désormais dirigée par un régime d’obédience marxiste.

Année 1970  

– 3 janvier 1970 : promulgation de la nouvelle Constitution de la République Populaire du Congo
Adoptée par le congrès constitutif du Parti congolais du travail (PCT), le 30 décembre 1969,
la nouvelle Constitution de la République Populaire du Congo est promulguée par le commandant Marien Ngouabi, président de la République.  

– 7 janvier 1970 : le président Marien Ngouabi prête serment
En présence de plusieurs milliers de militants, des membres du comité central et du bureau politique du PCT, les membres du conseil d’État, de la Cour suprême et du corps diplomatique, le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, président de la République, chef de l’État, prête serment, à l’hôtel de ville.

– 14 janvier 1970 : le budget national arrêté à 18 milliards de francs Cfa.
Le budget ordinaire de l’État, rendu public par ordonnance n°3/70 du président de la République, est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 18 milliards cent millions de francs Cfa: il est réparti comme suit: dette publique: 635 millions; personnel: 8 milliards 479 millions; matériel: 1 milliards 979 millions; dépenses communes: 2 milliards 884 millions; dépenses en capital: 511 millions; contribution à l’investissement: 1 milliard 500 millions.

– 23 mars 1970 : coup d’État manqué de Kinganga
La «Voix de la révolution congolaise» diffuse l’ancien hymne national, «La Congolaise». Une déclaration prononce la destitution du chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, et annonce la création d’un comité militaire de libération nationale. Bien avant 9h, cette déclaration, qui surprend les auditeurs de
la « Voix de la révolution congolaise », cesse d’être diffusée. À 10h, le chef de l’État, Marien Ngouabi, depuis l’état-major général, dément le coup d’État et annonce la chute de l’ex-lieutenant Kinganga, principal responsable de la tentative de putsch. Il venait d’être abattu par l’armée. Dans l’après-midi, un meeting est organisé à la place de l’hôtel de ville, à Brazzaville, présidé par le chef de l’État. Après ce meeting, le président de la République adresse un message à la nation.

– 26 mars 1970 : l’abbé Émile Biayenda nommé archevêque-coadjuteur de Brazzaville
Après la messe chrismale du jeudi-saint, Mgr Théophile Mbemba, archevêque de Brazzaville, fait connaître à l’assemblée des fidèles réunis à la cathédrale, l’heureuse nouvelle de la nomination, par le Pape Paul VI, de l’abbé Émile Biayenda comme archevêque titulaire de garde et coadjuteur de l’archidiocèse de Brazzaville, avec droit de succession.

– 31 juillet 1970 : Jacques Joachim Yhombi-Opango suspendu de ses fonctions de chef d’étatmajor général de l’APN
Par décision n°0023/PCE/MDN du président du Parti congolais du travail, président de la République, chef de l’État, ministre de la Défense nationale et de la sécurité, le chef de bataillon, le commandant Jacques Joachim Yhombi-Opango, est suspendu de ses fonctions de chef d’étatmajor général de l’Armée populaire nationale (APN).

– 14 août 1970 : inauguration de l’hôpital de base de Talangaï
Intégré il y a quelques mois dans la grande famille municipale, Talangaï vient d’être doté d’un centre médical. C’est le chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, qui procède à son inauguration, en présence du maire de la ville, Lambert Ngalibali.

– 23 septembre 1970 : condamnation de Maurice Stéphane Bongho-Nouarra
Accusé de vouloir créer un mouvement susceptible de nuire à la sûreté intérieure de l’État, de former un complot dont le but est de changer le gouvernement ou les institutions en place et de propager de fausses rumeurs, Maurice Stéphane Bongho-Nouarra est condamné à dix ans des travaux forcés, par la Cour révolutionnaire de justice présidée par Ngouonimba-Nczary.

– 19 novembre 1970 : inauguration de l’aérodrome de Souanké
Victor Tamba-Tamba, secrétaire d’État au développement, chargé des Postes et télécommunications, de l’aviation civile, du tourisme, de l’urbanisme et de l’habitat, procède à l’inauguration de l’aérodrome de Souanké, dans le département de la Sangha, en présence du lieutenant Alphonse Matessa, commissaire du gouvernement, et d’Eugène Buisson, chef de la mission française d’aide et de coopération au Congo.

Année 1971 

– 14 janvier 1971 : le budget de l’État exercice 1971 à 19.555.441.000 de F Cfa
L’ordonnance présidentielle n°1/71 du 14 janvier 1971 rend public le budget voté par le comité central du PCT. Ce budget, équilibré en recettes et en dépenses, s’élève à 19.555.441.000 F Cfa.

– 4 avril 1971 : inauguration de l’usine de poissons de Mossaka
Le vice-président du conseil d’État, le commandant Alfred Raoul, inaugure, à Mossaka, l’usine «Mokalu ya Mossaka». Le coût de la construction de cette usine, a révélé Bernard Mabouoke, secrétaire général du B.c.c.o «est de cent millions de francs Cfa, entièrement financé par des fonds congolais, provenant des retenues opérées sur les salaires des travailleurs congolais et par l’aide de l’État. L’usine emploie quarante personnes».

– 29 avril 1971 : la Fesac a vécu
À l’issue du conseil d’administration de la Fesac, l’accord de coopération signé le 12 décembre 1961, en matière d’enseignement supérieur et la convention du 11 décembre de la même année sont dénoncés. Le conseil recommande la création, à titre transitoire, d’un office du baccalauréat en Afrique centrale, qui serait chargé de l’organisation, pour l’année 1970-1971.

– 14 juin 1971 : décès du premier archevêque congolais de Brazzaville
Mgr Théophile Mbemba, premier archevêque congolais de l’archidiocèse de Brazzaville, est décédé, le 14 juin 1971. Il avait été nommé coadjuteur de l’archevêque, Mgr Michel Bernard, le 3 décembre 1961, puis archevêque de Brazzaville, après la démission de Mgr Michel Bernard, le 24 juin 1964.

– 13 juillet 1971 : ouverture des procès des détourneurs des deniers publics
À partir du 13 juillet 1971, la Cour révolutionnaire de justice a ouvert la série des procès des détournements des deniers publics. Pendant plusieurs séances, plusieurs fonctionnaires comparaissent. Nombreux sont ceux qui ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme, allant de trois ans à six mois et au remboursement des sommes détournées. Presque tous ont été révoqués de la fonction publique. Certains d’entre eux sont interdits d’exercer une profession portant patente ou licence. Le permis de conduire a été retiré à beaucoup d’entre eux. Même ceux qui ont émis des chèques sans provision ont comparu.

– 17 juillet 1971 : inauguration de la ferme d’État de Matsumba
Samedi 17 juillet 1971, le président Marien Ngouabi a procédé à l’inauguration de la ferme d’État de Matsumba. Le directeur de la ferme a indiqué qu’elle pourra exporter le manioc congolais vers l’Europe. L’usine pourra fournir, en 1972, une production de six mille tonnes par an. Selon le ministre du Développement, chargé de l’agriculture, des eaux et forêts, Ange Diawara, la ferme utilisera deux cents personnes.

– 19 août 1971 : fermeture des missions diplomatiques entre les deux Congo
Alors que le 16 juin 1970, les deux Congo venaient de «noyer» la hache de guerre (la cérémonie de réconciliation s’est tenue sur le fleuve), après une longue période de brouille, un grave incident vient, une fois de plus, assombrir le ciel entre les deux pays. À l’origine, cette fois, un procès ouvert, le 14 août 1971, à Kinshasa, contre les membres de la Licopa (Ligue congolaise de la paix et l’amitié entre les peuples).

– 22 août 1971 : procès Ando Ibar
Le 21 août 1971,la « Voix de la révolution congolaise » annonce l’arrestation d’Ando Ibara Pierre, accusé du procès Licopa de Kinshasa. Le président de la République Populaire du Congo adresse des messages aux chefs d’État signataires du «Manifeste du 16 juin 1970», les invitant à se faire représenter au procès Ando Ibara, le dimanche 22 août. Les chefs d’État dépêchent, à Brazzaville, des personnalités judiciaires. Et la Cour révolutionnaire de justice déclare Ando Ibara coupable de faits d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de propagation de fausses nouvelles. Il est condamné à trois ans de prison ferme et à dix ans d’interdiction de séjour.

– 9 octobre 1971 : inauguration de la ferme de Kombé
Le président Marien Ngouabi inaugure la ferme d’État de Kombé, non loin de Loua, au bord du fleuve Congo. Le gouvernement chinois est représenté par son ambassadeur au Congo.

– 4 décembre 1971 : création de l’université de Brazzaville
«Par ordonnance n°29/71 du 4 décembre 1971, il est créé, sous le nom de l’université de Brazzaville, un organisme groupant les établissements publics, qui ont pour mission d’assurer l’élaboration et la transmission de la connaissance, la formation des hommes, l’organisation de l’éducation permanente, le perfectionnement des cadres au niveau du cycle supérieur des médias, dans tous les domaines et participer au développement économique, social et culturel de la République Populaire du Congo».

Année 1972 

– 22 février 1972 : coup d’État manqué du lieutenant Ange Diawara Farimaka
La capitale congolaise est le théâtre d’une mutinerie de quelques éléments du bataillon d’infanterie et du groupement aéroporté suivie d’une tentative de putsch par le lieutenant Ange Bidié Diawara, ancien premier vice-président du Cnr (Conseil national de la révolution, ancien membre du bureau politique du PCT et ancien ministre du Développement, chargé des eaux et forêts. Après l’accalmie, le commandant Jacques Joachim Yhombi-Opango, chef d’état-major, rassure la population et explique les faits sur les ondes de la « Voixde la révolution congolaise ». De retour à Brazzaville, après son séjour à Pointe- Noire, le président Marien Ngouabi, après avoir écouté le chef d’état-major, s’adresse, par les ondes, à la nation. Il fait un résumé succinct des évènements et lance un appel pressant à Ange Diawara et aux autres, le sous-lieutenant Matoumpa-Mpolo, Olouka et Mayetela, à se rendre: «Leur cause est perdue, ils le savent! Leur sort dépend, désormais, de la révolution et du peuple congolais». Cette tentative de coup d’État, d’inspiration idéologique, réunit les tenants de la gauche radicale au sein du PCT, qui reprochent au président Marien Ngouabi, la tendance de son clan à la bourgeoisie, au tribalisme et au non respect des principes marxistes. L’échec du coup d’État se traduit par la mort de certains conjurés comme Élie Itsouhou, le chanteur Franklin Boukaka; l’arrestation des autres, comme Édouard Ambroise Noumazalaye, Ernest-Claude Ndalla, Camille Bongou, Kimbouala- Nkaya. Le lieutenant Ange Farimaka Diawara, 30 ans, prend le maquis, avec quelques compagnons dont le lieutenant Ikoko, dans une forêt de Goma-Tsétsé, le village natal de sa mère, dans la région du Pool.

– 26 février 1972 : meeting de soutien au président Marien Ngouabi et à l’APN
Un grand meeting de soutien au président de la République et à l’Armée populaire nationale (APN) s’est tenu à la bourse du travail, non loin de la gare centrale de Brazzaville, sous l’égide de la CSC (Confédération syndicale congolaise). Plusieurs orateurs interviennent pour condamner la tentative de coup d’État et demander des sanctions sévères à l’encontre des comploteurs. Ce meeting, auquel avaient été conviés tous les travailleurs de la capitale congolaise, s’est terminé par une marche qui est partie de la bourse du travail jusqu’à l’état-major de l’APN. – 27 février 1972 : le sous-lieutenant Prosper Matoumpa-Mpolo, ancien commissaire du gouvernement au Kouilou, est tué à Pointe-Noire. Il était cité dans le coup d’État manqué.

– 28 février 1972 : création d’une Cour martiale
Pour répondre aux voeux exprimés par les messages des organisations de masse, une Cour martiale est créée par ordonnance. Cette juridiction exceptionnelle est compétente pour juger toutes les personnes auteurs, coauteurs et complices, prévenus d’attentat contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État.

– 5 mars 1972 : le Congo champion d’Afrique à Yaoundé, lors de la 8e édition de la Couped’Afrique des nations, après avoir battu le Mali par 3 buts à 2, et éliminé, en demi-finale, le Cameroun, pays organisateur, par un but à zéro.

– 18 mars 1972 : visite officielle du président roumain, Nicolae Ceausescu, au Congo
Le président roumain, Nicolae Ceausescu, son épouse et plusieurs hautes personnalités roumaines, séjournent à Brazzaville du 18 au 23 mars 1972. Ils furent accueillis à l’aéroport par le président Marien Ngouabi et son épouse, par le commandant Yhombi-Opango, chef d’état-major général, et Lambert Ngalibali, maire de Brazzaville. À l’issue de cette visite officielle, deux accords de coopération sont signés.

– 22 mars 1972 : publication du décret n°72/97, portant destitution de 21 officiers d’active de l’armée populaire nationale
Ces vingt et un officiers sont accusés d’avoir participé à la tentative de coup d’État du 22 février. Ils sont destitués de leur grade et remis combattants de 2e classe, pour haute trahison.

– 25 mars 1972 : verdict de la Cour martiale, après le putsch manqué d’Ange Diawara, La « Voix de la révolution congolaise » rend public le verdict de la Cour martiale à l’encontre des auteurs du putsch manqué du 22 février, en même temps que le décret présidentiel commuant en réclusion criminelle à perpétuité les cinquantedeux peines capitales qui sont prononcées.

– 7 mai 1972 : rapatriement à Brazzaville de la dépouille mortelle de l’ancien président Fulbert Youlou
À la demande des parents de l’abbé Fulbert Youlou, décédé vendredi 5 mai à Madrid, en Espagne, les membres du conseil d’État et du bureau politique du PCT acceptent que la dépouille de l’ancien président de la République du Congo soit rapatriée dans la capitale.

– 28 mai 1972 : décès de Raphaël Bouboutou
Raphaël Bouboutou est porté en terre le 30 mai. Né en 1905, à Mbandza-Nguéri, district de Brazzaville, il arrive, très tôt, dans la capitale, où, tout en exerçant l’humble métier de marmiton, il apprend les rudiments de la langue française, dans les cours du soir que donnait Nganga Édouard, un des pionniers de l’enseignement au Congo. Dès 1925, il repart en brousse, en véritable apôtre de l’instruction et de l’éducation, pour ouvrir des écoles et enseigner les enfants de Mankoussou, Bela, Mandombi et Boko, dans la région du Pool.

– 7 juillet 1972 : pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Pointe-Noire
Le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, chef de l’État, procède à la pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Pointe-Noire.

Année 1973

– 2 février 1973 : le Congo a le premier cardinal de son histoire Archevêque de Brazzaville, Mgr Émile Biayenda est créé cardinal par le pape Paul VI.  

– 23 février 1973 : La matinée du vendredi 23 février est chômée et payée à Brazzaville; les travailleurs sont conviés à aller entendre le chef de l’État qui a convoqué un meeting au stade de la Révolution, sur l’affaire Diawara et la «pléthorique fonction publique». L’affaire Diawara a eu de nouveaux et dramatiques rebondissements, notamment les 8, 9, 10 et 11 mars 1973.

– 16 avril 1973 : l’affaire Diawara devant la Cour révolutionnaire de justice
Le procès de ceux qui ont assisté ou aidé Ange Diawara et ceux ayant pris le maquis, après le putsch manqué du 22 février 1972, démarre ce lundi. La composition de la cour a été modifiée, par ordonnance présidentielle, rendue publique samedi 14 avril 1973. Les postes de président de la cour et de commissaire du gouvernement sont occupés par des personnalités politiques de premier plan: Henri Lopes et Pierre Nzé. Plus d’une quarantaine d’inculpés vont comparaître.

– 24 avril 1973 : mort de Diawara
Le chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, annonce, lui-même, par la voix des ondes, la mort d’une douzaine de maquisards, parmi eux leurs chefs Ange Diawara Farimaka et Jean-Baptiste Ikoko. Quant au procès, il s’achève par de lourdes peines. De nombreux accusés sont condamnés à des peines allant de trente ans à un an. Les inculpés français déférés devant la cour sont relaxés, «à titre exceptionnel».

– 24 juin 1973 : Les Congolais se rendent aux urnes, pour adopter le nouveau projet de Constitution, élire les députés et les conseillers aux assemblées de région, de district et de commune, sur une liste unique.   

– 26 août 1973 : Henri Lopes, Premier ministre
Les membres du Comité central du PCT, réunis le 26 août 1973, désignent Henri Lopes comme Premier ministre, conformément à
la nouvelle Constitution adoptée le 24 juin 1973.

– 7 octobre 1973 : la Cour révolutionnaire de justice traite l’affaire Ikogne La Cour révolutionnaire de justice examine l’affaire Ikogne. Syndicaliste à Siacongo, Albert Ikogne a été assassiné le 30 novembre 1972, à Jacob (Nkayi). Le procès se déroule à Brazzaville, au palais de justice. Le verdict est rendu, après cinq jours de délibération. Sept personnes sont condamnées à vingt ans de travaux forcés. Huit, de douze ans à un an; six sont acquittées purement et simplement, et deux, au bénéfice du doute.

– 22 octobre 1973 : homme de lettres et ancien parlementaire, ancien instituteur, parlementaire, Lheyet-Gaboka est inhumé au cimetière du centre-ville de Brazzaville.

– 27 octobre 1973 : amnistie des détenus politiques
Le chef de l’État déclare que le Comité central du PCT a décidé d’amnistier les détenus politiques. «Notre pays a besoin d’unité et de détente», dit le commandant Marien Ngouabi. Selon lui, «la politique extérieure d’un pays est le reflet de sa politique intérieure». C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, «les mesures graves mais alors historiques, décidées aujourd’hui, répondent à ce souci, celui de briser tout ce qui peut enraciner l’esprit de micro nationalité, afin de présenter au monde une nation, une vraie nation».

Année 1974 

– 12 janvier 1974 : promulgation de la loi n° 10-74 portant création de la société Hydro-Congo
Cette loi transfert à la compagnie d’État Hydro-Congo les activités des sociétés étrangères distributrices de carburant au Congo. Il s’agit de Shell, Mobil, Purfina, Texaco, Total Ouest-Africain, Doc, C.p.p et Transcogaz. Cette loi ne visait pas les gérants de stations d’essence, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

– 22 février 1974 : commémoration de la journée du 22 février 1972
Les festivités marquant cet évènement se sont déroulées à Ignié, à 47 km de Brazzaville, sur la route nationale n°2, où le monomoteur qui ramenait le chef de l’État de Pointe-Noire à Brazzaville, après le putsch manqué, s’était posé. De là, le commandant Marien Ngouabi put rentrer dans la capitale tandis que les putschistes prenaient la fuite ou étaient en état d’arrestation. Le chef de l’État y est retourné pour y commémorer l’évènement: un monument de l’unité y a été édifié. Suivra la construction d’une école et d’un dispensaire moderne.

– 23 février 1974 : visite du président sénégalais, Léopold Sédar Senghor À l’issue de cette visite, les deux chefs d’État se félicitent de tout ce qui rapproche les deux pays et leurs peuples.

– 28 mars 1974 : publication du décret n°74/121 portant organisation de l’université de Brazzaville.

– 6 avril 1974 : hommage du Congo au président Georges Pompidou
Un deuil est décrété sur toute l’étendue du territoire congolais, à la mémoire du chef de l’État français, Georges Pompidou, décédé le 2 avril 1974. À Brazzaville, un service religieux est célébré en l’église Sainte-Anne du Congo, en présence du représentant du gouvernement, le commandant Louis Sylvain Goma.

– 30 juillet 1974 : fusion des banques congolaises
C’est au ministère des Affaires étrangères qu’est intervenue la signature du protocole sur la concentration des banques au Congo. Il s’agit de la Bicic et de la Société générale de banque au Congo.

– 26 août 1974 : visite à Brazzaville du président tanzanien, Julius Nyerere
Le président Julius Nyerere effectue, du 26 au 30 août, une visite officielle en République Populaire du Congo, sur invitation du commandant Marien Ngouabi, président de la République, pour consolider les liens qui existent entre les deux pays. À cet effet, un accord commercial et un accord de coopération culturelle et scientifique sont signés.

– 16 octobre 1974 : inauguration du super marché Score Situé en plein centre-ville, sur l’avenue Amical Cabral, le super marché Score est inauguré par le ministre du Commerce, Boniface Matingou.

– 24 novembre 1974 : tornade meurtrière à Brazzaville
Une tornade d’une intensité exceptionnelle s’est abattue sur la capitale congolaise. L’abondance de la pluie et la violence du vent provoquent des dégâts très importants dans certains quartiers et causent la mort de sept personnes.

– 30 novembre 1974 : pose de la première pierre de la ferme ovine d’Odziba par le commandant Marien Ngouabi.

– 13 décembre 1974 : Cara champion d’Afrique des clubs
Le Cara (Club athlétique renaissance aiglon) remporte la Coupe d’Afrique des clubs champions, face à Méhalla d’Égypte. Vainqueur à Brazzaville (4-2) et à Méhalla (2-1), l’équipe congolaise est accueillie triomphalement, par le public, à l’aéroport international de Maya-Maya.

Année 1975 

– 9 janvier 1975 : investiture du président Marien Ngouabi
Devant le plenum du Comité central du PCT et de l’Assemblée nationale populaire, conformément à la Constitution, le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, président de la République, chef de l’État, président du conseil d’État, prête le serment constitutionnel

– 2 février 1975 : le budget de l’État, exercice 1975, est fixé à 70.045.421.000 francs Cfa. La tranche allouée à l’investissement est de 275.170.000 francs Cfa.

– 15 février 1975 : inauguration de l’usine Impreco
L’usine congolaise d’impression des tissus (Impreco), implantée à Mansimou (banlieue sud de Brazzaville), est inaugurée par le président Marien Ngouabi. Depuis décembre 1974, Impreco a vendu cent dix mille mètres de tissus. Son capital est de deux cent soixante-dix millions de francs Cfa, détenu à majorité par l’État et par SCKN, Cfao, Schueffer et Rigel Textile corporation. L’usine emploie cent vingt-cinq Congolais et onze expatriés. Impreco ne fabrique pas mais colore ou imprime les tissus qu’elle reçoit de la Sotexco et importe les matières premières colorantes.

– 28 février 1975 : dénonciation de l’accord sucrier interafricain
Le conseil d’État, réuni le 28 février 1975, dénonce l’accord sucrier interfaricain. Il y a quelques années, les pays membres de l’Ocam (Organisation commune africaine et malgache) ont mis en place l’accord sucrier interafricain, pour «permettre aux pays consommateurs de disposer d’une fourniture garantie, au moyen des quotas, d’une part, et de permettre aux producteurs de disposer d’un marché et des prix garantis, d’autre part».

– 12 avril 1975 : inauguration du complexe annexe de Sotexco
Le commandant Marien Ngouabi a procédé à l’inauguration du complexe annexe de la Sotexco (Société congolaise de textiles), fruit de la coopération sinocongolaise. Ledit complexe produirait deux cent cinquante mille serviettes de toilettes par an.

– 24 juin 1975 : pose de la première pierre de l’usine hydro-électrique de Moukoukoulou
La première pierre du barrage hydro-électrique de Moukoukoulou, fruit de la coopération sino-congolaise, est posée par le président Marien Ngouabi. Le barrage sur
la rivière Bouenza, aux chutes de Moukoukoulou, à 25 km de Mouyondzi, aura une puissance annuelle de 470 millions de Kw/h.

– 30 juin 1975 : colloque sur le code de la famille
Du 30 juin au 4 juillet 1975, se tient à Brazzaville, le colloque sur le code de
la famille. Il regroupe cinq cents participants représentant le PCT et ses organisations de masses, les municipalités, les communautés religieuses, sociologues et autres personnalités compétentes.

– 12 juillet 1975 : remise à l’État de l’école polytechnique
Construite par la Corée du Nord, l’école polytechnique qui comprend trois grands bâtiments qui couvrent une superficie de 4049 m² est remise à l’État congolais.

Année 1976

– 14 février 1976 : le Congo dénonce les conventions pétrolières
C’est le ministre des Mines et de l’énergie qui en informe, par courrier, les directions générales des sociétés Elf Congo et Agiprecherches de la décision prise par le gouvernement congolais. La lettre est aussi une invitation à ouvrir de nouvelles négociations, à partir du 19 février, pour déterminer les nouvelles bases de coopération.  

– 28 février 1976 : réconciliation entre les présidents Mobutu Sese Seko et Agostinho Néto
À l’initiative du président Marien Ngouabi, une délégation de la République du Zaïre, conduite par le président fondateur du Mouvement populaire de la révolution, président du Zaïre, le général de corps d’armée, Mobutu Sese Seko, et celle de
la République Populaire d’Angola, conduite par le Dr Agostinho Néto, se réunissent à Brazzaville.

– 6 mars 1976 : le budget d’austérité et de radicalisation

L’Assemblée nationale populaire adopte le budget de l’État, exercice 1976. Il est équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 52.440.800.000 francs Cfa. Le président de l’Assemblée nationale, M. Mouissou-Pouati, le qualifie de budget de crise, d’austérité et de radicalisation.

– 12 mars 1976 : signature de l’accord de l’avant-projet de construction de l’école du parti
Le document de cet accord est paraphé par M. Likhanov, chef de la délégation soviétique, et Pierre Nzé, responsable de l’équipe dirigeante du parti.

– 19 mars 1976 : le président Marien Ngouabi victime d’un accident d’hélicoptère
En tournée dans la région de la Cuvette, le président Marien Ngouabi est victime d’un accident d’hélicoptère dans le secteur de Makoua-Owando. Le chef de l’État en est sorti sain et sauf mais on a déploré la mort de deux personnes. Il y a eu également plusieurs blessés. Prenant ses responsabilités, le président Marien Ngouabi est allé pieds nus et à marche forcée, donner l’alerte dans un village voisin situé à près de 25 km du lieu de l’accident.

– 24 mars 1976 : grève de protestation de la CSC
Cinquante syndicalistes se déversent dans les rues, allant de magasins en magasins, pour demander la fermeture des entreprises et des magasins d’alimentation. La raison évoquée: un coup d’État. La nouvelle est répandue dans les marchés de Poto- Poto, de Moungali et Bacongo. Dans un communiqué, Jean- Pierre Thystère-Tchicaya lance un appel en direction des militants et des membres du parti, de se ressaisir et d’organiser des séances d’explication.

– 5 au 7 avril 1976 : conférence des recteurs des universités africaines. Un document dit déclaration de Brazzaville a été adopté à l’issue des travaux.

– 16 avril 1976 : selon un acte du président Ngouabi, les membres du PCT de l’ancienne direction de la Confédération syndicale congolaise (CSC), responsables de la grève du 24 mars 1976, sont définitivement exclus du parti et déchus de leurs fonctions.

– 24 avril 1976 : raid de l’armée zaïroise à l’île Mbamou
Ce raid opéré par les éléments de l’armée zaïroise fait deux morts et des dégâts matériels très importants.

– 25 avril 1976 : match international amical entre Le stade de Reims (France) et les Diables rouges, à Brazzaville, au Stade de
la révolution. Les Congolais l’emportent par deux buts à un.

– 3 juin 1976 : visite du commandant Raoul Castro à Brazzaville
Le deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain, premier vice-Premier ministre du gouvernement révolutionnaire et ministre des Forces armées révolutionnaires de Cuba, Raoul Castro, effectue, du 3 au 4 juin, une visite officielle d’amitié en République Populaire du Congo, où il est accueilli, à l’aéroport Maya-Maya, par le membre de l’état-major révolutionnaire, ministre de la Défense et de la sécurité, le commandant Denis Sassou N’Guesso.

– 8 juin 1976 : le comité central du PCT prend des sanctions à l’endroit des responsables impliqués dans la grève du 24 juin 1976.Il s’agit, entre autres, d’Anatole Kondho, Nicodème Ekamba-Elombé, Jean-Jules Okabando, Pascal Lissouba, Auxence Ickonga, Pierre Nzé, Abba-Gandzion.

– 31 juillet 1976 : inauguration du centre médico-social de Moungali, sur l’avenue Lénine, par le président Marien Ngouabi.

– 2 novembre 1976 : ouverture de la session budgétaire de l’Assemblée nationale populaire, sous le patronage du chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi.

– 20 novembre 1976 : ouverture de la conférence nationale du PCT, sous les auspices du commandant Marien Ngouabi.

Année 1977

– 18 mars 1977 : assassinat du président Marien Ngouabi, à 14h30, dans sa résidence de l’état-major, à Brazzaville.
L’état-major spécial révolutionnaire, instance suprême créée par le président Marien Ngouabi, en 1975, se réunit la nuit et s’autodissout, en créant le CMP (Comité militaire du parti), chargé de gérer
la crise. Le Comité central du PCT entérine la décision.  

– 19 mars 1977 : Le CMP annonce officiellement la nouvelle de l’assassinat du président Marien Ngouabi:«L’impérialisme aux abois, dans un dernier sursaut, vient, par l’entremise d’un commando-suicide, d’attenter à la vie du dynamique chef de la révolution congolaise, le camarade Marien Ngouabi, qui a trouvé la mort au combat, l’arme à la main, le vendredi 18 mars 1977, à 14h30». Un deuil national est décrété. Une commission d’enquête et une cour martiale sont mises en place.

– 22 mars 1977 : assassinat du cardinal Émile Biayenda
L’archevêque de Brazzaville, le cardinal Émile Biayenda, enlevé à sa résidence de l’archevêché, est assassiné. Le CMP annonce, également, son assassinat: «Peuple congolais, dans la soirée du 22 mars 1977, son éminence le cardinal Émile Biayenda a été enlevé et sommairement exécuté par un groupe de trois personnes…».

– 25 mars 1977 : exécution de l’ancien président, Alphonse Massamba-Débat
C’est le CMP qui annonce la nouvelle: «La Cour martiale siège depuis cette nuit, dans l’enceinte de l’état-major, en présence d’avocats commis d’office. Les sentences sont exécutoires, au fur et à mesure qu’elles sont prononcées.C’est ainsi que le premier accusé, M. Alphonse Massamba-Débat, condamné à la peine de mort, a été passé par les armes, ce 25 mars au matin, (…)». Il est à noter que les recours en grâce sollicités par les avocats ont été rejetés.

– 27 mars 1977 : funérailles du cardinal Émile Biayenda, à la cathédrale Sacré- Coeur de Brazzaville.

– 2 avril 1977 : funérailles à Brazzaville du commandant Marien Ngouabi, après un deuil national
L’oraison funèbre est lue par le commandant Sassou Nguesso. Le président assassiné est inhumé dans l’enceinte même de l’état-major, devant sa résidence, et le monument est baptisé «Musée Marien Ngouabi», avant de devenir, plus tard «Mausolée Marien Ngouabi».

– 3 avril 1977 : nouveaux dirigeants congolais
Depuis le 3 avril 1977, le colonel Joachim Yhombi-Opango est devenu président du CMP, chef de l’État, président du Conseil des ministres. Le commandant Denis Sassou Nguesso assume les fonctions de premier vice-président, chargé de la coordination des activités du parti, et de ministre de
la Défense. La deuxième vice-présidence est revenue au Premier ministre, ministre du Plan, le commandant Louis Sylvain Goma. Martin Mbia et Pascal Bima; les capitaines Nicolas Okongo, François Xavier Katali et Florent Ntsiba, le lieutenant Pierre Anga sont membres du CMP.

– 3 septembre 1977 : expulsion des étrangers en situation irrégulière
Le CMP prend la décision d’expulser les étrangers en situation irrégulière au Congo. La déclaration annonce que sur tout le territoire national, du 3 au 22 septembre 1977, des opérations qui consistent à rapatrier, dans leurs pays d’origine, tous les non Congolais y compris les ressortissants des pays amis et frères d’Afrique de l’ouest, en situation irrégulière vis-à-vis des lois et règlements en vigueur, en matière d’entrée au Congo et d’exercice de la profession commerciale, sont organisées. Près de cinq mille personnes sont touchées par ces mesures.

– 8 novembre 1977 : mesures contre les étudiants et stagiaires à vie
Le CMP exige aux étudiants et stagiaires congolais en fin d’études ou en fin de stages mais qui continuent de demeurer à l’étrangers de regagner le pays. Une liste des intéressés est publiée et elle est longue. Beaucoup de ces stagiaires totalisent jusqu’à onze ans de prolongation de séjour, d’autres -les plus nombreux- atteignent deux à cinq ans. Ils sont invités à regagner le pays, dans un délai d’un an, faute de quoi, ils seront sanctionnés et pour les fonctionnaires rayés de la Fonction publique.

– 16 novembre 1977 : reprise des relations diplomatiques entre le Congo et les États-Unis d’Amérique
La rupture a duré douze ans. Et la cérémonie de levée des couleurs a eu lieu le 16 novembre 1977. M. Kenneth Katzen, l’ambassadeur américain, a, dans son discours, évoqué «les changements socio-politiques, économiques, scientifiques et technologiques intervenus au Congo et dans le monde, au cours des douze dernières années, temps durant lequel
la République Populaire du Congo et les États-Unis d’Amérique sont restés sans relations diplomatiques
».

– 23 novembre 1977 : condamnation de douze personnes ayant détourné des fonds publics
La Cour révolutionnaire de justice condamne douze personnes accusées de détournement des deniers publics. Les sanctions prononcées vont d’un an d’emprisonnement ferme aux travaux forcés à perpétuité. La Cour a ordonné la révocation de la Fonction publique, avec perte de droit à pension, la déchéance de tous les droits de tous les condamnés. Il leur est interdit d’exercer toute activité commerciale. Leurs biens meubles et immeubles sont confisqués, jusqu’à concurrence de la somme détournée.

– 29 novembre 1977 : «Arrestation immédiate» des détourneurs de fonds à Sia-Congo
Le CMP ordonne l’arrestation immédiate des auteurs de détournement d’importantes sommes d’argent, au préjudice de la Sia-Congo (Société agro-industrielle du Congo) dans une affaire de farine avariée, importée au nom de Sia-Congo par un commerçant ouest-africain.

– 17 décembre 1977 : mesures contre les auteurs des malversations financières
Le CMP prend des mesures contre plus d’une vingtaine de cadres et employés de la Société nationale d’électricité, de la Banque nationale de développement du Congo, de l’Office congolais de l’habitat et un ancien ambassadeur. Ils sont reconnus coupables de nombreuses malversations financières. Les mesures prises vont de la suspension de salaires à l’emprisonnement ferme.

Année 1978

– 4 janvier 1978 : le Congo se retire des jeux africains d’Alger
C’est Jean-Baptiste Tati Loutard, ministre de la Culture, des arts et sports qui fait l’annonce du retrait du Congo des 3es Jeux africains d’Alger. Le Congo a décidé de ne plus participer aux jeux organisés dans le cadre dela zone V.

– 23 janvier 1978 : ouverture du procès sur l’assassinat du président Marien Ngouabi
L’audience est consacrée à la prestation de serment des juges de la Cour révolutionnaire d’exception, présidée par Charles Assemekang, à la lecture des actes d’inculpation des accusés et à la vérification des identités des trente-six accusés présents.

– 6 février 1978 : verdict de la Cour révolutionnaire d’exception
Après un long réquisitoire et des plaidoiries serrées, le verdict final de la Cour révolutionnaire d’exception sur l’assassinat du président Marien Ngouabi donne onze peines capitales, des travaux forcés à perpétuité et à temps, des peines de prison avec sursis et des acquittements. Quelques heures après la lecture de ce verdict, le chef de l’État refuse la grâce aux condamnés, précisant que toutes les sentences doivent être intégralement appliquées.

– 7 février 1978 : dix condamnés à mort sont passés par les armes.

– 8 février 1978 : inauguration de l’école normale des instituteurs à Loubomo,
après l’accord signé le 24 mai 1971 entre le Congo et l’Association internationale de développement, filiale de la Banque mondiale.

– 13 février 1978 : présenté comme le chef du commando ayant assassiné le président Marien Ngouabi, l’ex-capitaine Barthélemy Kikadidi est tué, par l’armée, à 3h30 du matin, au domicile d’un chauffeur de taxi qui l’abritait, à Makélékélé.

– 7 avril 1978 : le CMP examine et adopte le budget de l’État, exercice 1978, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 60.294.027.089 francs Cfa.

– 14 août 1978 : complot déjoué et interdiction de toutes manifestations publiques
À la veille du 15e anniversaire des «Trois glorieuses», le chef de l’État, le général Jacques Joachim Yhombi Opango, révèle qu’un complot a été ourdi par la «réaction extérieure et intérieure». Toutes les manifestations publiques prévues pour cet anniversaire sont supprimées. Le chef de l’État demande aux militants d’exercer une vigilance vraiment accrue à tous les niveaux, sur l’ensemble du territoire national, et un contrôle rigoureux aux frontières du pays et aux autres endroits habituels de fouille.

20 août 1978 : leader du Mouvement socialiste africain et ancien vice-président de la République du Congo, de 1961 à 1962, Jacques Opangault meurt à Brazzaville, des suites d’une longue maladie. Il était né en 1907, à Boundji, dans la Cuvette.

– 28 septembre 1978 : inauguration du port de Mossaka par le chef de l’État, le général Jacques Joachim Yhombi Opango. Son coût global est estimé à deux cent soixante-dix millions de francs Cfa.

– 23 novembre 1978 : Mgr Barthélemy Bantantu, nouvel archevêque de Brazzaville

Après un an et demi d’attente, l’archidiocèse de Brazzaville, endeuillé par la mort du cardinal Émile Biayenda, se voit enfin pourvu d’un pasteur. C’est Monsieur l’abbé Barthélemy Batantu, curé de
la paroisse Notre-Dame de Bacongo, qui est nommé par le pape au siège de Brazzaville.

Année 1979

– 5 janvier 1979 : création de Congo-Publicité, par ordonnance n°001/79, du 5 janvier 1979, signée par le chef de l’État, Jacques Joachim Yhombi-Opango.  

– 5 février 1979 : le PCT met un terme au régime dirigé par le CMP
Devant la crise politique qui secoue les institutions et sous la pression du parti, le chef de l’État, Jacques Joachim Yhombi-Opango, convoque le comité central du PCT en session extraordinaire, du 5 au 8 février. Dès l’ouverture de la session, les membres du Comité central déposent le chef de l’État et mettent un terme au pouvoir du CMP. De nouvelles institutions provisoires du pays sont mises en place et le colonel Denis Sassou Nguesso est porté à la tête de l’État.
Un acte déterminant le fondement et l’organisation des pouvoirs publics est adopté.

– 17 mars 1979 : création de la Sonaco et de la Soprogi
Le Conseil des ministres du samedi 17 mars 1979 met en place deux sociétés: Sonaco (Société nationale de construction) et Soprogi (Société de promotion et de gestion immobilière).

– 30 mars 1979 : congrès extraordinaire du PCT
Le colonel Denis Sassou Nguesso est élu président du comité central du PCT et, de droit, président de la République, pour un mandat de cinq ans.

– 24 avril 1979 : limitation d’attribution des véhicules de l’État
Le Conseil des ministres du 24 avril 1979 adopte un projet de décret limitant l’attribution des véhicules de fonctions à des personnalités politiques et administratives du pays.

– Création de l’Office de café et de cacao
Par ordonnance n°011/79, le chef de l’État crée l’Office de café et de cacao (OCC), dont l’objet est la réalisation de toutes les opérations de production, de collecte et de commercialisation, dans les domaines du café et du cacao

– 13 juin 1979 : création de la Socorem et libre circulation des personnes et des biens entre l’Angola et le Congo
Le Conseil des ministres adopte le projet de création de la société Socorem et le projet d’ordonnance portant ratification des engagements conventionnels, signés à Brazzaville, le 16 février 1977, entre les gouvernements de la République Populaire du Congo et de l’Angola, relatifs à la circulation des personnes et des biens aux frontières des deux pays.

– 30 juin 1979 : fin des pourparlers congolo-angolais
Le chef de l’État angolais, Antonio Agostinho Neto, regagne son pays, le 30 juin, après un séjour de trois jours au Congo.

– 8 juillet 1979 : élections législatives et régionales et référendum constitutionnel
Les électeurs congolais élisent, sur liste unique, leurs représentants à l’Assemblée nationale populaire, aux Conseils populaires des régions, districts et communes. Ils adoptent, aussi, la nouvelle Constitution.

– 14 août 1979 : prestation de serment et libération des détenus
Le colonel Denis Sassou Nguesso prête serment en tant que président de la République, devant les membres de la Cour suprême, de l’Assemblée nationale, du Comité central du PCT. Dans le discours qu’il prononce, à cette occasion, il parle de l’unité nationale à réaliser. Avant sa prestation de serment, le nouveau chef de l’État a pris l’ordonnance 29/79 du 8 août 1979 portant amnistie des affaires Kikadidi, du complot du 14 août 1978, des tracts d’offense au chef de l’État et d’atteinte à la sécurité d’État. L’ordonnance 79/44 du 8 août 1979 porte remise des peines à de nombreux condamnés. L’ordonnance n°79/459 du 14 août 1979 porte levée de déchéance des droits civiques et politiques et abrogation de l’assignation à résidence. Enfin, l’arrêté n°3848 du ministre de l’Intérieur porte abrogation des dispositions de l’arrêté n°1977/MDS, du 28 mars 1977, portant interdiction de séjour dans les centres urbains et assignation à résidence de quatre personnes.

– 23 septembre 1979 : sonorisation de trois marchés à Brazzaville
Ministre de l’Information, le capitaine Florent Ntsiba préside, le 23 septembre 1979, au marché Total de Bacongo, la cérémonie d’inauguration des installations de sonorisation. Trois marchés sont concernés: Total, Moungali et Ouenzé. L’action se poursuivra avec d’autres marchés.

– 5 novembre 1979 : le point sur les fonds de solidarité
Institué en 1978, le fonds de solidarité a récolté la somme de 4 milliards 554 millions 686 mille 418 francs. De cette somme, 2 milliards 928 millions de francs ont pu être utilisés de la manière suivante: élevage: 623.345.485 francs; agriculture: 902.055.600 francs; construction de logements: 447.000.000 francs; redressement Suco, Sicape, Soverco: 954.000.000 francs. La différence sera affectée aux opérations retenues.

– 25 novembre 1979 : trois chefs d’État réunis à Brazzaville, pour rechercher une solution au drame tchadien. Il s’agit des présidents Sekou Touré (Guinée-Conakry), Mathieu Kerekou (Benin) et Denis Sassou Nguesso (Congo)

Année 1980

– 10 janvier 1980 : conférence sur les entreprises d’État
Le président Denis Sassou Nguesso préside la séance d’ouverture de la conférence sur les entreprises d’État, en présence de Louis Sylvain Goma et Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba, et devant plus de sept cents délégués représentant les cadres politiques et administratifs des entreprises d’État, des ministères et départements du parti, les organisations des masses et les experts des organismes internationaux.

– 29 janvier 1980 : Amadou Mathar Mbow, directeur général de l’Unesco, séjourne à Brazzaville, du 29 janvier au 2 février, sur invitation du gouvernement congolais.

– 12 février 1980 : établissement des relations diplomatiques entre le Congo et l’Équateur.

– 15 mars 1980 : Le Premier ministre, Louis Sylvain Goma, donne le coup d’envoi, au nom du chef de l’État, du tricontinental de handball féminin, prélude aux olympiades de Moscou. Y participent: le Congo représentant l’Afrique, la Corée du Sud représentant l’Asie et les États-Unis d’Amérique représentant l’Amérique.

– 31 mars 1980 : retrait du contingent congolais envoyé au Tchad, dans le cadre de la force neutre de l’Organisation de l’unité africaine. Cette force agissait dans le cadre de la réconciliation des Tchadiens.

– 12 avril 1980 : inauguration de l’immeuble de l’ARC.

Les travaux de cet immeuble ont commencé le 3 novembre 1978.

– 21 avril 1980 : le président de la République, Denis Sassou Nguesso, inaugure l’exploitation du gisement de pétrole Likouala, découvert en 1972, au large de Pointe-Noire.

– 5 mai 1980 : visite du pape Jean-Paul II à Brazzaville
La capitale congolaise accueille, dans la liesse populaire, le souverain pontife, Sa Sainteté le pape Jean-Paul II. Il est reçu au débarcadère fluvial ATC, par le président de la République, le colonel Denis Sassou Nguesso, en présence de l’archevêque de Brazzaville, Mgr Barthélemy Bantantu, et de tous les officiels congolais, de l’Église et du conseil oecuménique. Les populations se sont massées tout au long du parcours emprunté par le cortège officiel, jusqu’à la cathédrale Sacré-Coeur où le pape se recueille sur la tombe du cardinal Émile Biayenda. Il célèbre une messe au boulevard des armées.

– 15 août 1980 : célébration du 20e anniversaire de l’indépendance du Congo et du 17 anniversaire de la «révolution» des 13, 14 et 15 août 1963.

– 11 septembre 1980 : promulgation de la loi n°20-80 du 11 septembre 1980 portant réorganisation du système éducatif en République Populaire du Congo.

– 17 septembre 1980 : inauguration de l’aéroport Agostinho Neto de Pointe-Noire.

– 3 octobre 1980 : centenaire de la ville de Brazzaville
Créée le 3 octobre 1880, la ville de Brazzaville célèbre le centenaire de sa fondation. Des manifestations populaires, échelonnées sur trois jours consécutifs, marquent l’évènement. Le pont du centenaire, au Plateau de 15 ans, long de 725 m, est inauguré par le chef de l’État. Ce pont est le fruit de l’aide française à la coopération et les travaux ont coûté cinq cent soixante millions de francs Cfa pour la partie civile et cinquante millions pour l’éclairage.

– 17-21 octobre 1980 : visite du président burundais Jean-Baptiste Bagaza en République populaire du Congo.

– 29 novembre 1980 : le président zaïrois, le général Mobutu, en visite à Brazzaville où il est accueilli par son homologue, le colonel Sassou Nguesso.

– 8 décembre 1980 : visite d’une délégation vietnamienne à Brazzaville

Une délégation vietnamienne, conduite par le général Vo Nguyen Giap, vice-président et ministre de la République socialiste du Vietnam, séjourne en République Populaire du Congo, du 8 au 11 décembre. La délégation est reçue par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso.

Année 1981

– 10 janvier 1981 : pas de championnats sportifs jusqu’à nouvel ordre Ministre de la jeunesse et des sports, Gabriel Oba-Apounou demande aux fédérations et aux ligues de ne plus organiser les championnats sportifs, jusqu’à nouvel ordre, parce que «la pratique du sport au Congo est mauvaise… Une pratique basée sur des considérations tribalistes, égoïstes et réactionnaires… La pratique actuelle désunit le peuple congolais».

– 25 février 1981 : fin du premier conseil de la culture physique et des sports
Pendant cinq jours, cinq cent trente-quatre conseillers, venus de différentes instances du sport du Congo, ont débattu de la nouvelle forme à donner au sport. Les conclusions dudit conseil «ont réaffirmé la dissolution du système actuel d’organisation du sport et marqué le départ vers une nouvelle forme qui sera expurgée de toute passion malveillante».

-10 mars 1981 : levée de la suspension frappant les clubs sportifs
Réuni du 7 au 10 mars 1981, le bureau politique du PCT autorise la reprise des activités des clubs sportifs. Les dispositions suivantes sont, cependant, prises: les clubs traditionnels recevront une affectation d’office, dans les arrondissements. La composition de leurs comités-directeurs ne sera plus jamais laissée à l’initiative des groupes de pression.

– 24 mars 1981 : le Conseil des ministres suspend les salaires des stagiaires qui refusent de regagner le pays. La mesure frappe plus d’une trentaine de stagiaires.

– 17 avril 1981 : décès, à Brazzaville, de Mgr Benoît Gassongo
Évêque émérite d’Owando, Mgr Benoît Gassongo est retrouvé mort, dans la villa «Les lianes», à Brazzaville, propriété du diocèse d’Owando, à côté de l’école Jean Kimbangui (ex-Chaminade primaire). Il avait 71 ans.

– 23 avril 1981 : Obsèques de Mgr Benoît Gassongo, en l’église Sainte-Marie de Ouenzé, à Brazzaville.

– 24-31 juillet 1981 : tenue, à Brazzaville, du festival national de la culture, en hommage au président Marien Ngouabi. Un millier de festivaliers, venus de toutes les régions du pays, y prennent part.

– 31 juillet 1981 : inauguration de la place du sacrifice suprême et du mausolée Marien Ngouabi par le président Denis Sassou Nguesso.

– 13 août 1981 : le président Denis Sassou Nguesso pose la première pierre du Palais des congrès, un imposant édifice de construction chinoise, sur le boulevard des armées, à Brazzaville.

– 30 novembre au 4 décembre 1981 : soutenance des premières thèses de doctorat en médecine, sous le haut patronage du chef de l’État, à l’Institut supérieur des sciences de la santé (Inssa).

– 4 décembre 1981 : l’Inssa livre son premier produit fini Ouvert le 1er octobre 1975, l’Inssa, établissement de l’université Marien Ngouabi, sort la première promotion de médecins formés au Congo. Il s’agit de vingt-deux médecins dont cinq femmes.

Année 1982

Première année du plan quinquennal. Comme dans l’ex-URSS (Union des Républiques socialistes soviétiques), suivant le concept de l’économie planifiée, le Congo lance son premier plan quinquennal de développement socio-économique, doté d’un important budget de mille cent dix milliards de francs Cfa, basé essentiellement sur la manne pétrolière. Plusieurs projets de construction d’infrastructures sont lancés dans le cadre de ce plan (routes, ponts, édifices publics dans les principales villes du pays, etc.). Les entreprises publiques reçoivent d’importantes subventions de l’État pour assurer leur développement. Avec un budget de soixante-dix milliards de francs Cfa, l’agriculture occupe une place éminente dans ce plan quinquennal, suivant la stratégie du développement économique autocentré et autodynamique. L’industrie n’est pas oubliée avec la restructuration de toutes les filières industrielles. Le plan quinquennal traduit l’ambition des pouvoirs publics d’assurer le décollage économique du pays.

– 20 mars 1982 : Un attentat à l’explosif contre le cinéma Star, à Poto-Poto (Brazzaville), fait cinq morts et plusieurs blessés et crée la psychose dans la capitale.

– 10 mai 1982 : décès, à Paris (France), des suites d’une longue maladie, de Mme Émilienne Mouébara, la mère du chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso. Sa dépouille est accueillie à l’aéroport de Maya-Maya, mercredi 12 mai, par une foule envahie de tristesse. Elle sera inhumée à Oyo.

– 3 juillet 1982 : décès de Mgr Auguste Roch Nkounkou
Doyen du clergé congolais, Mgr Auguste Roch Nkounkou, prélat de Sa Sainteté, s’est éteint à l’hôpital général de Brazzaville, des suites d’une longue et pénible maladie, à l’âge de 73 ans. Après l’exposition à la cathédrale Sacré-Coeur de Brazzaville, le 29 mai, sa dépouille mortelle est conduite à Goma Tsé-Tsé pour l’inhumation, le 6 juillet, à l’issue d’une messe à
la paroisse Saint-Michel.

– 17 juillet 1982 : attentat à l’explosif à l’aérogare de l’aéroport international Maya-Maya, à Brazzaville, faisant quatre morts et des blessés. Au total, les deux attentats aux explosifs (celui du cinéma Star et celui de l’aéroport) font neuf morts et quatre-vingt-douze blessés.

– 29 août 1982 : ouverture de l’année du centenaire de l’évangélisation du Congo par une messe célébrée à la place mariale de la cathédrale Sacré-Coeur de Brazzaville, par Mgr Barthélemy Bantantu.

– 1 septembre 1982 : premier festival national de musique à Brazzaville
Parrainée par le bureau politique du PCT, cette manifestation qui s’est tenue, du 1er au 5 septembre, est ouverte au cinéma Vog, par Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, membre du bureau politique, chef du département de l’idéologie et de l’éducation du PCT.

– 10 octobre 1982 : visite du président François Mitterrand
Le président français, François Mitterrand, effectue, sur invitation de son homologue congolais, une visite de travail au Congo. Il arrive à Brazzaville, en provenance de Kinshasa, où il a pris part aux travaux de la 9e conférence des États d’Afrique et de France. «J’ai eu l’occasion et le plaisir de recevoir, à Paris, le président Denis Sassou Nguesso, et à notre première rencontre, il m’a invité au Congo et j’ai saisi cette occasion avec joie», déclare-t-il à son arrivée à Brazzaville.

– 16 octobre 1982 : inauguration de l’agence UCB de Ouenzé
La nouvelle agence de l’UCB (Union congolaise de banques), située au rond-point Koulounda, à Ouenzé, est inaugurée en présence de Paul Andely, directeur général de l’UCB.

– 11 décembre 1982 : le président de la République inaugure la ligne très haute tension Loudima/Pointe-Noire, longue de 170 km.

– 12 décembre 1982 : inauguration de la raffinerie nationale de pétrole
La Congolaise des raffineries est inaugurée par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso.

– 30 décembre 1982 : inauguration du faisceau hertzien sudsuest par le président Denis Sassou Nguesso.   

Année 1983

– 26 février 1983 : inauguration du champ pétrolier Yanga-Marine, par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso, en présence d’Albin Chalandon et Cimino Bruno, respectivement président directeur généra d’Elf-Aquitaine (France) et d’Agip S.p.a (Italie).

– 2 avril 1983 : visite officielle de trois jours, du président centrafricain, le général André Kolingba, à Brazzaville, où il est accueilli par son homologue, le colonel Denis Sassou Nguesso.

– 25 mars 1983 : la réunion régionale des biologistes africains, organisée par l’Association des universités africaines, et qui a regroupé quarante et un délégués, venus de dix-sept pays d’Afrique, débouche sur la création de l’Union africaine des biologistes.

– 29 juin 1983 : Mgr Firmin Georges Singha, évêque d’Owando, président de la Conférence épiscopale du Congo, annonce l’élévation de l’abbé Hervé Itoua au rang d’évêque du nouveau diocèse, Ouesso.

– 1er juillet 1983 : début, à Loango (Kouilou) de la célébration du centenaire de la 3e évangélisation du Congo.

– 31 juillet 1983 : troisième victoire consécutive de l’équipe nationale de handball féminin au Caire (Égypte) qui remporte définitivement la coupe challenge Marien Ngouabi.

– 22 septembre 1983 : création de la Semico, société d’économie mixte. La part de l’État congolais est de 51% et celle d’une société française privée de 49%. L’objet de Semico est d’intervenir sur tous les marchés de construction d’immeubles à usage tant d’habitation, de commerce que d’industrie.

– 25 octobre 1983 : le secrétaire général du Parti communiste français, Georges Marchais, séjourne, jusqu’au 27 octobre, en République Populaire du Congo. Il se rend, aussi, à Pointe-Noire.

– 22 novembre 1983 : visite officielle, jusqu’au 23 novembre, du couple royal espagnol à Brazzaville. Résultats de cette visite officielle: le renforcement des relations commerciales entre l’Espagne et le Congo et on envisage la collaboration espagnole dans l’exploitation du fer de Mayoko.

Année 1984 

– 15 mars 1984 : visite du président Antonio Ramalha Eanes à Brazzaville
Le président portugais, le général Antonio Ramalha Eanes, effectue, du 15 au 17 mars, une visite officielle en République Populaire du Congo. Il est accueilli à l’aéroport Maya-Maya par le colonel Denis Sassou Nguesso, président de la République. À l’issue de ce voyage, les deux chefs d’État réaffirment leur volonté de promouvoir et d’approfondir leurs relations et ils conviennent d’établir un cadre juridique permettant d’examiner, dans la mesure du possible et des obligations internationales respectives, des relations économiques et techniques à tous les niveaux d’intérêt commun entre les deux pays.

– 25 mars 1984 : intronisation de Mgr Ernest Kombo, évêque de Nkayi

– 9 avril 1984 : visite officielle, du 9 au 12 avril, du président mozambicain, le maréchal Samora Moises Machel, au Congo, où il est reçu par son homologue, le colonel Denis Sassou Nguesso. Un traité d’amitié et de coopération est signé par les deux présidents. Il engage les deux pays à développer leurs relations politiques, commerciales, scientifiques et culturelles. L’un des temps forts de la visite du président mozambicain a été sa causerie avec les militants du PCT.

– 21 juin 1984 : adoption du nouveau code de la famille
L’Assemblée nationale populaire adopte le nouveau code de la famille qui reconnaît deux régimes de lien matrimonial: la monogamie qui devient une règle et la polygamie une exception. Le code fixe l’âge du mariage à dix-huit ans pour la fille et vingt et un ans pour le garçon.

– 28 juin 1984 : visite du maréchal Mobutu à Brazzaville
Le président de la République du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, effectue une visite officielle à Brazzaville. Reçu par le président Denis Sassou Nguesso, les deux chefs d’État abordent la crise tchadienne, la relance de l’organisation panafricaine et les relations bilatérales entre le Congo et le Zaïre.

– 29 juin 1984 : visite officielle, à Pointe-Noire, du président Thomas Sankara
Le chef de l’État voltaïque, le capitaine Thomas Sankara, effectue, du 29 au 30 juin, une visite officielle à Pointe-Noire. En compagnie du président Denis Sassou Nguesso, il visite quelques réalisations économiques. Cette visite du président voltaïque s’inscrit dans le processus révolutionnaire engagé en Haute-Volta depuis le 4 août 1983.

– 4 juillet 1984 : le Premier ministre bulgare, Gricha Philipov, à Brazzaville
Le Premier ministre bulgare, Gricha Philipov, a séjourné en République Populaire du Congo, du 4 au 6 juillet, sur invitation de son homologue congolais, le colonel Louis Sylvain Goma. Il a été reçu en audience par le colonel Denis Sassou Nguesso, président de
la République. M. Gricha Philipov a également séjourné à Loubomo et Pointe-Noire où il a visité les différentes réalisations économiques.

– 13 juillet 1984 : ouverture du super marché de Mpila
Le Premier ministre, le colonel Louis Sylvain Goma, inaugure le supermarché de l’Ofnacom (Office national du commerce) à Mpila. Cette cérémonie, animée par l’orchestre Bantous de la capitale, coïncide avec le 20e anniversaire de la création de l’Ofnacom, l’une des grandes entreprises commerciales congolaises dont le rôle est d’importer les produits et marchandises de grande consommation en général et de première nécessité en particulier, et de les redistribuer à travers tout le territoire national.

-20 juillet 1984 : pose de la première pierre, par le président Denis Sassou Nguesso, sur les ponts des rivières Djoué et Djiri
Le pont sur le Djoué, long de 92 m et large de 7,60 m, a coûté 1.293.000.700 F Cfa. Celui sur la Djiri (une vingtaine de km), à 51 m de long sur 7,5m de large, a coûté 661.600.000 F Cfa. Ces deux ouvrages seront réalisés par l’entreprise Dragages-Congo.

– 21 juillet 1984 : pose de la première pierre du siège social dela BCC Il sera érigé à l’angle de l’avenue Foch et Lumumba, au centre-ville. Il comprendra neuf niveaux pour le siège social proprement dit, un bâtiment de quatre niveaux pour une autre agence et un autre bâtiment à l’usage locatif comme les magasins et les appartements. Le coût total est estimé à cinq milliards environ, autofinancés pour les deux tiers. C’est le président Denis Sassou Nguesso qui a procédé à la pose de cette première pierre, en présence d’Ange-Édouard Poungui, directeur général de la BCC.

– 22 juillet 1984 : inauguration du Palais des congrès
Le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso, a procédé a l’inauguration du Palais des congrès, fruit de la coopération sino-congolaise, en présence de Zhao Zhouyi, membre du Parti communiste chinois, ministre du Travail et du personnel. La première pierre de ce palais avait été posée le 13 août 1981. Le financement a été assuré par la Chine et le Congo. Son coût est estimé à dix milliards de francs Cfa.

– 23 et 24 juillet 1984 : inauguration de la route Loutété-Mfouati et cinq ponts sur la route nationale n°1.

– 27 juillet 1984 : 3e congrès ordinaire du PCT
Ce congrès ordinaire s’est tenu, du 27 au 31 juillet, au Palais des congrès, à Brazzaville. Patronnée par Denis Sassou Nguesso, président du Comité central du PCT, chef de l’État, président du Conseil des ministres, la cérémonie d’ouverture du congrès connaît la présence du président zambien, David Kenneth Kaunda, et de plus de cent quarante délégués étrangers des partis amis et frères d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. À l’issue de ce congrès, Denis Sassou Nguesso est réélu à la tête du Comité central du PCT.

-13 août 1984 : Ange-Édouard Poungui nommé Premier ministre.

– 23 septembre 1984 : publication des résultats des élections législatives, des conseils populaires des régions, des communes et des arrondissements
Le colonel Raymand Damase Ngollo, membre du bureau politique du PCT, ministre de l’Administration du territoire et du pouvoir populaire, rend publics, au cours d’une émission télévisée, les résultats officiels du scrutin, organisé sur listes uniques.

– 2 octobre 1984 : le président de la Swapo (Organisation populaire du sud-ouest africain), Sam Nujoma, effectue une visite privée à Brazzaville. Il a été reçu en audience par le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso.

– 12 octobre 1984 : visite du président Mohamed Abdelaziz à Brazzaville
Secrétaire général du Front polisario et président de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Mohamed Abdelaziz séjourne à Brazzaville, du 12 au 13 octobre, pour une visite d’amitié.

– 25 octobre 1984 : décès de Stéphane Tchichelle
Ministre des Affaires étrangères et vice-président de la République du Congo de 1960 à 1963, Stéphane Tchichelle est mort à Brazzaville, à l’âge de 69 ans. Il fut parmi les premiers cadres politiques bénéficiaires de la loi-cadre. Premier maire autochtone de Pointe-Noire (1956-1963), député du Kouilou (1957-1963). Après la révolution d’août 1963, il devient directeur général du CFCO de 1969 à 1973.

– 10 novembre 1984 : reconduit dans ses fonctions par le 3e congrès ordinaire du PCT, le colonel Denis Sassou Nguesso, président du comité central du PCT, président de la République, chef du gouvernement, chef de l’État, prête serment, pour un nouveau mandat de cinq ans. Dans le gouvernement qu’il forme, il garde le portefeuille de la Défense.

Année 1985

– 9-13 avril 1985 : Théophile Obenga, directeur général du Ciciba
Le Conseil des ministres de la Culture des dix pays membres du Ciciba, réuni du 9 au 13 avril 1985, nomme Théophile Obenga, directeur général du Ciciba (Centre international de civilisation bantu) dont le siège est à Libreville.

– 10-15 juin1985 : vers un pont aérien Congo-Burundi
Entre Pointe-Noire et Bujumbura sera établi un pont aérien. Réunis à Bujumbura (Burundi), du 10 au 15 juin 1985, les hommes d’affaires burundais et congolais décident d’établir un pont aérien entre Brazzaville et Bujumbura, pour faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. Grâce à ce pont, indique-t-on, l’Office congolais d’importation et de vente en gros (Oniveg) pourra acheter douze à quinze tonnes de viande, par semaine, à la société agricole du Burundi.

– 1er août 1985 : mort du doyen des écrivains congolais
Doyen des écrivains congolais, auteur de deux romans célèbres, «Coeur d’Aryenne» et «La légende de Mfoumou Ma Mazono», Jean Malonga s’est éteint à Brazzaville. Il est inhumé au cimetière du centre-ville, le 6 août 1985. Il fut conseiller représentatif et membre du grand conseil de l’Afrique équatoriale française, en 1947. Il représente le Moyen-Congo, au Conseil de la République Française.

– 14 août 1985 : le Prix Mercure d’or décerné au président Denis Sassou Nguesso
La distinction lui est remise par M. Lorenzo, secrétaire général du Prix créé en 1961, à Rome (Italie), par une association des journalistes autonomes, dénommée «Centro-Giornalistico Annali». Après avoir reçu le Prix, le chef de l’État congolais décore, à son tour, de cette même médaille, les membres du bureau politique du PCT.

– 8-13 août 1985 : conférence des jeunes écrivains afroasiatiques, à Brazzaville
La 8e conférence des jeunes écrivains africains et asiatiques se tient, à Brazzaville, du 8 au 13 août 1985. Cent quatre délégués, venus d’Amérique latine, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique, y participent. Le communiqué final publié à l’issue des travaux indique que «les participants ont exprimé la nécessité de créer des maisons d’éditions aux dimensions régionales et de promouvoir les langues nationales, facteur décisif pour l’affirmation de leurs identités culturelles».

– 31 août 1985 : dissolution de la STB (Société de transports brazzavillois)
Par décret présidentiel rendu public le samedi 31 août 1985, la STB est dissoute, pour cessation de paiement. La municipalité de Brazzaville est chargée d’assurer le transport à Brazzaville, pendant la période de liquidation de la STB.

– 18 septembre 1985 : pour une politique sociale de l’habitat
Le Conseil des ministres du 18 septembre 1985 a examiné le problème du logement en République Populaire du Congo. «La politique du logement, depuis l’accession du pays à l’indépendance, jusqu’en 1979, a consisté en la mise en place d’un parc immobilier de deux cent quatre-vingt-un logements.Mais, depuis 1980, le gouvernement a construit trois cent quatre-vingt-dix-huit logements. Cet effort est insignifiant, au regard du nombre de plus en plus croissant de demandes de logements», a révélé le ministre de l’information, Christian Gilbert Bembet. Le ministre des Travaux publics, de l’urbanisme et de l’habitat, a fait état de douze mille demandes de logement. «Cette année, cent dix-sept nouveaux logements, construits à Brazzaville, dans le quartier Moukondo, ont été mis à la disposition du gouvernement par la Soprogi», indique-t-il. «Devant le coût élevé, le Conseil a décidé de fixer le prix de vente à trente mille francs Cfa par mois, pour le type F3 et à quarante mille francs Cfa, par mois, pour le type F4… La durée de la location est de vingt ans».

– 11 octobre 1985 : procès de l’apartheid au palais de justice de Brazzaville
La République Populaire du Congo célèbre, le 11 octobre 1985, la Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques sud-africains. Organisée par le comité spécial anti-apartheid, la manifestation se déroule dans la salle d’audiences de la Cour suprême, à Brazzaville.

– 16 octobre 1985 : réglementation des stages des fonctionnaires
Un projet de décret est adopté par le Conseil des ministres, pour réglementer les stages de formation et de perfectionnement des fonctionnaires et agents contractuels de l’État. Ces stages ne devront plus excéder trois ans, sauf pour certaines branches spécifiques comme
la médecine. Le Conseil des ministres a, également, décidé que les stages de recyclage ne pourront plus durer plus de huit mois et ne donneront pas lieu à un reclassement dans la hiérarchie de la fonction publique. Ce décret relève que le stagiaires ne pourra plus se rendre en stage à l’étranger, en compagnie de sa famille, quelle que soit la durée du stage, sinon à ses propres frais.

– Octobre 1985 : le Congo élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu
Lors de la session commémorative de l’assemblée générale marquant le 40e anniversaire des Nations unies, la République du Congo est élue membre non permanent du Conseil de sécurité. À cette occasion, le ministre congolais des Affaires étrangères, Antoine Ndinga Oba, déclare que «cette admission est la manifestation de la politique extérieure du Congo, qui va dans le sens des idéaux des Nations unies: le maintien de la paix et le développement de la coopération entre les États».

– Novembre 1985 : Mpassi-Muba, directeur général de la Pana
Réunis au Caire, en novembre 1985, les ministres africains de l’Information portent Auguste Mpassi Muba à la tête de la Pana (Agence panafricaine d’information). Mpassi-Muba succède au Nigérien Cheikh Ousmane Diallo.

Année 1986

– 5 janvier 1986 : décès du pasteur Daniel Ndoundou
Évacué à Paris, en France, le pasteur évangéliste Daniel Ndoundou décède des suites d’une longue maladie, à l’âge de 75 ans. Sa dépouille mortelle est rapatriée à Brazzaville, samedi 11 janvier. Le pasteur Ndoundou sera enterré à Ngouédi (Loutété)

– 1er février 1986 : pose de la pierre de la construction de l’immeuble des coopérants, près du boulevard des armées, par Benoît Moundelé-Ngollo, ministre des Travaux publics, de la construction, de l’urbanisme, de l’habitat et de l’environnement.

– 3 février 1986 : pose de la première pierre de l’immeuble administratif de l’Arc (Société d’assurance et réassurance du Congo) qui sera érigé en face du nouvel immeuble de la CNPS, à Brazzaville, et inauguration officielle de l’usine d’adduction d’eau de Djiri, par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso.

– 4 février 1986 : pose de la première pierre de la tour d’Elf-Congo, par le colonel Denis Sassou Nguesso. L’immeuble de trente niveaux, sous la forme d’un tam-tam, sera baptisé tour Nabemba, du nom du sommet le plus élevé du Congo.

– 5 février 1986 : coup d’envoi des travaux de construction du Centre hospitalier universitaire, dans l’enceinte de l’hôpital général de Brazzaville.

– 4 mai 1986 : jubilé de François M’pelé
Le footballeur international congolais, François M’pelé, célèbre les 4 et 6 mai, son jubilé. Le premier de l’histoire du sport congolais. À cette occasion, l’équipe de Paris Saint-Germain, champion de France, joue contre les Diables rouges, au stade de la révolution, à Brazzaville, et au stade Casimir M’voulalea, à Pointe-Noire, avec la sélection régionale du Kouilou. Les deux matches sont remportés par l’équipe française par un large score de quatre buts à un.

– mai 1986 : Visite de Yaser Arafat, président du comité exécutif de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine)
Dans le cadre de sa tournée de redynamisation des liens entre les pays qui continuent de proclamer leur soutien à la cause palestinienne et l’OLP, Yaser Arafat a entamé un périple dans près de cinq pays africains. Au Congo, il est accueilli par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso. À cette occasion, le Congo a réaffirmé son soutien indéfectible à la lutte palestinienne.

– 30 juillet 1986 : le président Denis Sassou Nguesso est porté à la tête de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) par ses pairs, lors du 22e sommet tenu à Addis-Abeba (Éthiopie), devenant ainsi le 23e président en exercice de cette institution panafricaine.

– 3 août 1986 : ouverture du procès des attentats aux explosifs, au cinéma Star et à l’aéroport de Maya-Maya de 1982, devant la Cour révolutionnaire présidée par Charles Madzou. Sept personnes, accusées «d’adhésion à une secte ou groupement interdit, complot, complicité d’attentats, de tentatives d’attentats, d’assassinats, de destruction d’édifices et fabrication, acquisition, port, transport, cession et détention des matériels, armes et munitions de guerre», sont présentes. Il s’agit de Claude Ernest Ndalla-Graille, Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, Jean-Gustave Bouissou, Blaise Nzalakanda, Daniel Biampandou, Gaspard Kivouna et Claude Kembissila.

– 7 août 1986 : visite de Sam Nujoma, à Brazzaville
Au cours de son séjour, le chef de l’Organisation de libération du peuple du sud-ouest africain, Sam Nujoma, a émis à Brazzaville, l’espoir que la Namibie accède à l’indépendance sous le mandat du colonel Denis Sasou Nguesso à la tête de l’OUA.   – 29 août 1986 : séjour à Brazzaville du président Daniel Ortéga
Le président nicaraguayen, Daniel Ortéga Saavedra, effectue, du 29 au 30 août, une visite de travail et d’amitié en République Populaire du Congo, sur invitation du colonel Denis Sassou Nguesso, chef de l’État, président en exercice de l’OUA. – 13 novembre 1986 : brève visite de Jacques Chirac, à Brazzaville
En route pour Lomé, au Togo, le Premier ministre français, Jacques Chirac, fait une escale de six heures à Brazzaville. Pendant cette brève visite, il s’entretient avec le président de la République, Denis Sassou Nguesso.

Année 1987

– 25-31 mars 1987 : symposium littéraire anti-apartheid
Le premier symposium littéraire anti-apartheid, dans l’histoire de la lutte contre le pouvoir afrikaner en Afrique du Sud, se tient à Brazzaville, du 25 au 31 mai 1987. Il regroupe plusieurs personnalités du monde des lettres venues d’Asie, d’Amérique et d’Afrique ainsi que des représentants des mouvements de libération d’Afrique australe.

– 12 mai 1987 : bilan du premier plan quinquennal
À l’ouverture de la 6e session ordinaire administrative de l’Assemblée nationale populaire, le 12 mai 1987, le chef de l’État fait l’évaluation du premier plan quinquennal (1982-1986). Il indique que «plus de trois cent dix projets, de toutes natures, ont été menés à bien et sont, aujourd’hui, terminés». Selon le chef de l’État, «l’effort financier assumé par l’État s’élève, au terme du plan, à 666,4 milliards de francs Cfa, dont 283,6 milliards en ressources propres et 382,8 milliards en emprunts». Le secteur économique d’État «a nécessité un redressement assez important. L’État a injecté 316,8 milliards aussi bien pour des opérations de redressement, de développement que de création d’unités économiques. Sur cette somme, cent trois milliards représentent la contribution du Trésor public et deux cent treize milliards proviennent des emprunts à la charge de l’État».
Le chef de l’État fait, ensuite, un constat amer: «Au lieu d’enrichir le pays, le secteur économique d’État contribue à son appauvrissement, à l’aggravation des difficultés du peuple et de l’État, affaiblit le secteur bancaire, assombrit les perspectives de notre jeunesse. Il ne donne rien à l’État mais lui demande tout». La dernière année du plan, a poursuivi le chef de l’État, «a été marquée par l’effondrement du cours du pétrole… Ce qui a occasionné un manque à gagner de plus de cent milliards de francs Cfa, au budget de l’État».

– 5-10 juin 1987 : journées de réflexion sur l’hôpital général de Brazzaville
Comment réaliser l’objectif de l’OMS: santé pour tous d’ici à l’an 2000? Et comment remédier à la décadence du niveau de prestations du plus grand établissement sanitaire congolais, à la dégradation et au manque de conscience de son personnel? Le ministre de la Santé et des affaires sociales ainsi que les autres responsables du secteur sanitaire ont convoqué des journées de réflexion.

– 25-30 juin 1987 : premier congrès des hommes de science africains
Organisé sous l’égide de l’OUA, avec le concours de plusieurs organisations internationales (Pnud, Unesco, Communauté scientifique africaine, etc.), le premier congrès des hommes de science regroupe quatre cents participants à Brazzaville, sur le thème «La mobilisation de la communauté scientifique africaine pour le développement de l’Afrique». À l’issue de ce congrès, un hommage particulier est rendu au président Denis Sassou Nguesso, en récompense de ses efforts pour la promotion de la science et de la culture en Afrique. Après avoir reçu le Prix Albert Einstein, la prestigieuse distinction de l’Unesco, le chef de l’État congolais est fait docteur Honoris Causa de l’Université des sciences et de technologie Houari Boumedienne d’Alger. Il reçoit, également, la médaille d’or de l’Association des universités africaines. Le congrès des hommes de science de Brazzaville, qui se termine par une «Déclaration de Brazzaville sur la science et la technologie en Afrique» donne naissance à l’Union panafricaine de la science et de la technologie.

– 1er juillet 1987 : intervention de Me Jean Martin Mbemba au procès Klaus Barbie
Consulté par la famille de Klaus Barbie, accusé d’avoir contribué à l’élimination des Juifs, Me Martin Mbemba se rend à Lyon, où se déroule le procès, du 11 mai au 3 juillet 1987. Il défend, avec d’autres avocats français, son client, Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise. Me Mbemba prend la parole «devant une salle bondée où avaient pris place près de mille personnes. Il s’est attelé à dénoncer et à démontrer l’ambiguité de la notion de crime contre l’humanité ». Réaction de la presse française: «Me Mbemba plaide avec talent» (Libération); «En tout cas, sa plaidoirie captive. Pas un bruit dans la salle comble, pas un murmure» (Sud-Ouest); «Me Bouaita, l’Algérien, n’atteindra pas, et de loin, le niveau de son compère congolais» (Sud-Ouest).

– Juillet 1987 : libérés trois ans plus tôt et placés en résidence surveillée, l’ancien président Jacques Joachim Yhombi-Opango et d’autres personnalités militaires et civiles, originaires de la Cuvette, accusés d’atteinte à la sûreté de l’État, sont arrêtés. Depuis Owando où il est relegué, le capitaine Pierre Anga, qui refuse de se laisser arrêter, se réfugie dans la forêt proche d’Ikongono, dans
la Cuvette. L’armée engage une violente traque contre lui. Il est tué un an plus tard.

– 13-16 novembre 1987 : premier conseil national de l’agriculture
Le 1er conseil national de l’agriculture se tient, à Brazzaville. Il a été préparé par les assemblées régionales, du 1er au 5 novembre 1987. Ce conseil a regroupé trois cent soixante-cinq délégués, représentant les structures du parti, de l’État, des organisations internationales, des institutions financières congolaises et des individualités.

Année 1988

– 9 janvier 1988 : jumelage entre les villes de Brazzaville et Kinshasa
Les deux capitales les plus proches du monde, Brazzaville et Kinshasa, scellent un acte historique consacrant leur jumelage. C’est Kondé Vila Kikanda, gouverneur de
la ville Kinshasa, et Jean Jules Ockabando, député-maire de Brazzaville, qui signent l’acte officiel de ce jumelage des deux villes. La première partie de ce jumelage s’est déroulée à Kinshasa et la deuxième à Brazzaville, le 7 mai. C’était en présence du représentant de la fédération mondiale des villes jumelées, Guy Marti.

– 3 février 1988 : inauguration, par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso, du siège social de l’ARC et de l’hôpital central des armées et pose de la première pierre du siège de la direction nationale de la Banque des États de l’Afrique centrale. Pour l’hôpital central des armées, il s’agit d’une extension de l’ancien établissement.

– 16 février 1988 : visite de Javier Perez De Cuellar, secrétaire général de l’Onu
Le secrétaire général de l’Onu, Javier Perez De Cuellar, effectue une visite de travail, du 14 au 16 février, en République Populaire du Congo. Accueilli à l’aéroport de Maya-Maya par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Antoine Ndinga-Oba, M. Javier Perez De Cuellar a eu des entretiens avec le Premier ministre, Ange Édouard Pongui, et a été reçu par le chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso.

– 22 avril 1988 : décès de l’écrivain et poète congolais, Tchicaya U Tam’si, des suites d’une crise cardiaque, dans sa résidence secondaire de campagne, en France.

-29 avril 1988 : inhumation, à Loango (Kouilou), de l’écrivain et poète congolais, Tchicaya U Tam’si.

– 17 octobre 1988 : nomination de Mgr Georges Singha comme évêque de Pointe-Noire.

– 27 novembre 1988 : Mgr Georges Singha, 63 ans, doyen des évêques congolais, est installé dans son siège diocésain à Pointe-Noire, au cours d’une messe à
la paroisse Saint-Pierre Apôtre.

– 23 novembre 1988 : Denis Sassou Nguesso réélu à la tête du comité central du PCT, au cours de la 9e session ordinaire du Comité central.

– 21 décembre 1988 : Double jubilé au Congo: Paul Moukila «Sayal» et Bahambula Mbemba «Tostao».

Année 1989

– 12-14 janvier 1989 : constitution du comité africain anti-apartheid
L’assemblée constitutive du Comité africain anti-apartheid se tient à Brazzaville et regroupe des représentants de vingt-quatre pays africains, de vingt pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique.  

– 31 janvier 1989 : président du Comité central du PCT, président de la République, chef de l’État, le colonel Denis Sassou Nguesso est promu directement au grade de général d’armée, devenant ainsi l’officier général le plus haut gradé de l’APN (Armée populaire nationale). C’était à l’occasion du 10e anniversaire du mouvement du 5 février 1979 qui l’amena au pouvoir.

– 30 juillet 1989 : sommet Congo-Gabon-Angola, à Pointe-Noire
Les chefs d’État du Congo, du Gabon et de l’Angola se retrouvent à Pointe-Noire, pour discuter des questions d’intérêt commun. Mais, surtout, des conséquences de l’accord du 22 juin 1989 qui a marqué le début du processus de réconciliation entre les «frères ennemis» de l’Angola. C’est la 3e rencontre des chefs d’État, après celles de Libreville (octobre 1988) et de Brazzaville (mai 1989).

– 7 juillet 1989 :la République Populaire du Congo reconnaît la compétence du comité des droits de l’homme, du pacte international de l’Onu sur les droits civils et politiques.

– 26 au 31 juillet 1989 : 4e congrès ordinaire du PCT
Le 4e congrès ordinaire du PCT (Parti congolais du travail) se tient, à Brazzaville, au Palais des congrès. Le colonel Denis Sassou Nguesso est reconduit à la tête du parti et de l’État, pour cinq ans.

– Août 1989 : Alphonse Souchlaty-Poaty est nommé Premier ministre.

– 19 septembre 1989 : attentat contre un D C10 d’UTA
Parti de Brazzaville, mardi 19 septembre 1989, le DC 10 d’UTA s’est écrasé, à 650 Km de N’Djamena (Tchad), vingt minutes après le décollage de la capitale tchadienne. Aucun des cent soixante et onze passagers n’a survécu à cette catastrophe. Ce vol desservait
la ligne Brazzaville-N’Djamena-Marseille- Paris. Ils étaient soixante-dix-sept passagers au départ de Brazzaville, dont quarante-neuf Congolais.

– 28 octobre 1989 : mesures de libéralisation économique, fin du mythe de l’État providence

Le président de la République Populaire du Congo annonce des mesures de libéralisation économique devant être appliquées au cours du «Plan d’action économique et sociale, pour la période de 1990-1994».
Le même jour, le chef de l’État congolais annonce la fin du mythe de l’Étatprovidence. Le peuple, en général, et chaque citoyen, en particulier, est appelé à se libérer de certaines illusions comme de la tutelle étatique.

Année 1990

– Janvier 1990 : le président de la République, le général d’armée Denis Sassou Nguesso, met en place, au niveau du PCT, une commission ad hoc chargée de réfléchir aux changements en cours dans les pays d’Europe de l’est et leurs implications au niveau national.    

– 27 janvier 1990 : vingt-trois militaires et civils périssent dans une catastrophe aérienne près de Kinkala, dans la région du Pool. L’accident serait dû à de mauvaises conditions météorologiques. L’avion qui reliait Pointe-Noire à Brazzaville s’est écrasé à 17h24 après avoir été pris dans un vent violent soufflant à 80 km à l’heure au sol.

– 3 février 1990 : inauguration de l’immeuble d’Elf-Congo, baptisé «Tour Nabemba»
Érigée en plein centre-ville de Brazzaville, d’une hauteur de 103 m pour vingt-sept étages, sur une surface de 11.085 mètres carrés, la tour Nabemba est inaugurée par le président Denis Sassou Nguesso. Son coût global est de vingt milliards de francs Cfa. Les travaux ont été réalisés pendant quatre ans par la société pétrolière Elf-Aquitaine (France) et les sociétés «Générale d’entreprises» (Congo) et Immobilière de la tour.

– 4 février 1990 : inauguration des maternités des centres hospitaliers de Talangaï et Makélékélé, par l’épouse du chef de l’État et présidente de la fondation Congo-Assistante, Mme Antoinette Sassou Nguesso.

– 4 avril 1990 : confrontée à une sévère crise, la Suco (Sucrière du Congo) licencie sept cent soixante-dix-sept travailleurs dont sept agents de maîtrise, quarante-huit ouvriers spécialisés, cinq cent six manœuvres et deux cent seize ouvriers professionnels.

– 19 mai 1990 : inhumation, en présence du chef de l’État, le général d’armée Denis Sassou Nguesso, au cimetière du centre-ville, à Brazzaville, des quarante-neuf Congolais tués le 19 septembre 1989 dans l’attentat contre le DC 10 d’UTA au-dessus du désert de Ténéré.

– 30 juin 1990 : publication du décret n°90-420 relatif aux effets financiers des reclassements, des révisions des situations administratives et de titularisation de certains agents de la fonction publique.

– 7 juillet 1990 : Mgr Bernard Nsayi est nommé évêque de Nkayi.

– 28 août 1990 : ancien directeur et éditorialiste de «La Semaine Africaine», ancien vicaire général de l’archidiocèse de Brazzaville, l’abbé Louis Badila décède à l’hôpital central des armées, à l’âge de 60 ans. Il avait appelé les chrétiens à la paix, à la prière et à la réconciliation, après l’assassinat du cardinal Émile Biayenda, en 1977, évitant ainsi au pays une guerre civile qui menaçait d’éclater, dans un climat de tension et de psychose marqué par l’assassinat du président Marien Ngouabi.

– 28 au 30 septembre 1990 : devant l’aspiration à la démocratie favorisée par la chute du mur de Berlin (Allemagne) en 1989 et le discours du président français, François Mitterrand, au sommet France-Afrique de La Baule (juin 1990), le Comité central du PCT, réuni en session ordinaire à Brazzaville, recommande au président de la République, le général d’armée Denis Sassou Nguesso, la convocation, en mai – juin 1991, d’une conférence regroupant les partis, les organisations de masses et sociales, les confessions religieuses, les associations et les personnalités. Il fixe au 1er janvier 1991, la reconnaissance des partis politiques. Le PCT renonce ainsi à la primauté du parti sur l’État et abandonne le marxisme-leninisme comme idéologie. Mais, les évènements vers la démocratie vont se précipiter.

– 29 octobre 1990 : le gouvernement décide de fermer la télévision nationale, à la suite d’une grève générale des agents.

– 8 novembre 1990 : le gouvernement décide de réouvrir la télévision nationale.

– 7 décembre 1990 : bras armé du parti, l’Armée populaire nationale fait ses adieux au PCT, au cours d’une cérémonie au boulevard des armées de Brazzaville. Désormais, l’armée est apolitique.

– 4 au 10 décembre 1990 : 4e congrès extraordinaire du PCT et réélection du général d’armée Denis Sassou Nguesso à la tête du Comité central. Mais, une série de démissions d’éminentes personnalités, comme celle du Premier ministre, Alphonse Souchlaty-Poaty, va suivre ce congrès dans un climat marqué par la création de nouveaux partis avec l’établissement du multipartisme.

 Année 1991 

25 février 1991 : ouverture de la Conférence nationale souveraine
«Enfin, elle est là, celle que tous attendaient et appelaient de leurs voeux. Sa tenue, le jour prévu, est déjà une grande victoire pour ceux qui ont foi en la vertu du dialogue», a dit l’abbé François de Paul Moundanga-Ibéni, porte-parole du présidium de supervision. Pour sa part, le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, dans son discours d’ouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS), déclare: «En ce jour où, à sa manière, le Congo, dans sa diversité, va devoir répondre à cette exigence des temps, je salue les filles et fils du pays, venus de toutes les régions de la République et de l’étranger, pour s’investir, en ces lieux, dans la réflexion sur le devenir de notre nation, de votre nation. Soyez les bienvenus à ce débat qui doit être, pour l’honneur de notre peuple, celui de la responsabilité». Près de mille deux cents délégués représentant les partis politiques, ONG, fondations, associations, confessions religieuses, administrations et structures publiques, force de l’ordre et des individualités, y prennent part.

– 26 février 1991 : les travaux de la CNS connaissent un blocage, entre le présidium provisoire, dirigé par le Premier ministre, Louis Sylvain Goma, et les délégués des organisations de la société civile, sur la question de la participation et des quotas. Les travaux reprennent quatre jours plus tard, après un consensus négocié pendant deux jours.

-12 mars 1991 : Mgr Ernest Kombo est élu président de la CNS, au cours d’une séance dirigée par le doyen d’âge, Yacinthe Bakanga (70 ans), autour d’une commission de sages. La Conférence nationale se déclare souveraine, c’est-à-dire ses décisions s’imposent à tous.

– 1er avril 1991 : Mgr Ernest Kombo s’oppose à la démission du chef de l’État et du gouvernement comme l’exigent certains délégués de
la CNS. Il leur répond: «Nous ne sommes pas venus faire un coup d’État et le chef de l’État ou le gouvernement ne devraient pas démissionner». Mgr Kombo rejette ainsi «les vieilles pratiques qui ont humilié les présidents Fulbert Youlou, Alphonse Massambat-Débat et Jacques Joachim Yhombi-Opango».

– 10 juin 1991 : fin de la CNS
L’atterrissage en douceur, comme avait souhaité Mgr Ernest Kombo. La cérémonie de clôture, présidée par le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, est marquée par le changement des symboles de la République, notamment le drapeau national, et la cérémonie de lavement des mains, en signe de réconciliation, après les dures palabres de ce forum. La date du 10 juin est baptisée journée de réconciliation nationale. La moisson de la CNS est abondante. Ses décisions sont consignées dans des actes signés par son président, Mgr Ernest Kombo. Un rapport final est adopté. La CNS instaure la démocratie pluraliste dans le pays, en édictant les principes de la future Constitution. Les institutions de la transition sont mises en place, avec l’élection d’un Premier ministre, chef du gouvernement, chef suprême des armées, en la personne d’André Milongo. Mgr Ernest Kombo est porté à l’unanimité président du Conseil supérieur de la République, le Parlement de transition, tandis que le chef de l’État en fonction, Denis Sassou Nguesso, reste en place, pendant la période de transition.

– 5 septembre 1991 : Accident de Mvoungouti À Mvoungouti, 30 km au sud de Dolisie, s’est produit l’accident ferroviaire le plus meurtrier de notre pays: plus d’une centaine de morts (quatre-vingtquatre corps retrouvés, vingt-neuf non retrouvés). Il s’agit d’une collision entre un train de la Comilog (Compagnie minière de l’Ogoué, au Gabon) et un train voyageur du Chemin de fer Congo-océan. Une erreur humaine est à l’origine de l’accident.

Année 1992 

– 15 janvier 1992 : des militaires du groupement aéroporté se mutinent à Brazzaville pour contester la nomination du colonel Michel Gangouo au poste de secrétaire d’État à la Défense. Le Premier ministre de transition, André Milongo, n’est pas trouvable dans la capitale où règne une grande tension.   

– 26 janvier 1992 : le Premier ministre de transition, André Milongo, publie le gouvernement remanié. Ce remaniement met un terme à la crise qui avait éclaté, le 15 janvier.

– 15 mars 1992 :la nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Elle institue un régime semi-parlementaire, avec un exécutif où le Premier ministre, nommé par le président de la République, est chef du gouvernement et responsable devant l’Assemblée nationale qui peut le renverser par le vote d’une motion de censure. Le Parlement est bicaméral.

– 3 mai 1992 : premières élections locales de l’ère démocratique. L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), suivie du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral, obtiennent le plus grand nombre de sièges.

– 23 mai 1992 : décès du footballeur Paul Moukila, alias Sayal
Ancien international congolais, champion d’Afrique des nations en 1972, à Yaoundé, au Cameroun ; champion d’Afrique des clubs avec le Cara et ballon d’or africain de 1974, Paul Moukila Sayal s’est brusquement éteint à Paris, en France, où il était reparti boucler ses valises, afin de rentrer définitivement au pays.

– 24 juin 1992 : premières élections législatives de l’ère démocratique. Mille sept cents candidats se disputent les cent vingt-cinq sièges de l’Assemblée nationale.

– 12 juillet 1992 : deuxième tour des élections législatives. L’alliance formée par l’Upads, l’Alliance nationale pour la démocratie (AND) et le Parti congolais du travail (PCT) remportent la majorité des sièges à l’Assemblée nationale.

– 26 juillet 1992 : premières élections sénatoriales depuis l’indépendance du Congo. Soixante sénateurs sont élus par les conseillers municipaux, de districts et de régions.

– 2 août 1992 : premier tour de l’élection présidentielle
Dix-huit candidats inscrits mais deux, notamment Jean-Michel Bokamba Yangouma et Pierre Nzé, se retirent au dernier moment. Pascal Lissouba vient en tête avec 35,89%, devant Bernard Kolélas 20,32 %, Denis Sassou Nguesso 16,87% et André Milongo 10,19%. Pascal Lissouba et Bernard Kolélas vont au deuxième tour.

– 11 août 1992 : avant le deuxième tour de l’élection présidentielle, l’Upads et l’AND de Maurice Stéphane Bongo-Nouarra d’une part, et le PCT d’autre part, signent un accord électoral, en vue de gouverner ensemble et consolider le socle d’une majorité parlementaire durable. Le PCT apporte son soutien électoral à Pascal Lissouba.

– 16 août 1992 : deuxième tour de l’élection présidentielle entre Pascal Lissouba et Bernard Kolélas.