André Milongo – « le moins mauvais de nos hommes politiques » ?

Didier_MilongoNé le 20 octobre 1935 à Makondi, dans le district de Louingui, département du Pool, André Milongo est mort le 23 juillet 2007, à l’âge de 72 ans. Il est issu d’une famille de quatre enfants, des feux Massengo André et Batambikissa Suzanne. Il a eu une riche carrière administrative et politique.

André Milongo Ntsatouabantou a fait ses études primaires à l’école protestante de Musana, puis à l’école Saint-Joseph de Bakongo (deuxième arrondissement de Brazzaville), où il obtient son certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE) en 1949. La même année, il se présente au concours d’entrée au secondaire et sort major de la promotion. De 1949 à 1957, il est au lycée Pierre Savorgnan de Brazza, où il obtient le baccalauréat littéraire option philosophie.

Grâce à ce diplôme, il obtient une bourse d’État pour la France et s’inscrit à l’Université de Nancy. En 1961, André Milongo obtient la Licence puis la Maîtrise en droit public, puis est admis à l’École nationale d’administration (ENA) de France. Du retour au Congo après ses études, il est successivement :

  • Premier Trésorier payeur général du Congo (1964 à 1969),
  • Directeur du Plan (1969 à 1973),
  • Conseiller économique et financier des Premiers ministres Sylvain-Goma et Henri Lopes ;

Il poursuit ensuite son ascension :

  • Administrateur suppléant de la Banque africaine de développement (BAD),
  • Administrateur suppléant de la Banque mondiale (1983-1986),
  • Administrateur titulaire de la Banque mondiale (1986-1990)

Revenu au pays à la faveur de la conférence nationale de 1991, qui a ouvert le Congo au multipartisme, André Milongo fonde l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda). Au terme de 4 tours de scrutin, André Milongo est élu Premier Ministre de la transition, chef du gouvernement, chef suprême des armées et entre dans l’histoire.

Il dira à propos de son passage à la primature : « Aujourd’hui, le bilan du travail accompli est clair et sans ambiguïté. Parfois, j’entends des élus issus des Institutions de la Transition parler d’échec de celle-ci. Ils me font penser à ces cosmonautes à bord d’un satellite lancé par une fusée et qui diraient que le lancement a été un échec. Comment se trouveraient-ils là-haut, gravitant autour de la terre, si la fusée avait explosé au sol ? La fusée de la Transition n’a pas explosé ! Elle est arrivée à bon port et a lancé le satellite grâce à l’habileté des techniciens qui en étaient chargés… ».

Il termine en quatrième position de la présidentielle de 1992, remportée par Pascal Lissouba.

André Milongo devient, le 22 juin 1993, président de l’Assemblée nationale, poste qu’il occupe jusqu’au 5 juin 1997. Il est ensuite membre du Conseil national de transition (CNT), mis en place à la fin du conflit armé de juin 1997.

Candidat de l’opposition lors de l’élection présidentielle de 2002, M. Milongo se retire moins de 48 heures avant le scrutin, estimant que «les conditions de transparence du scrutin n’étaient pas garanties». La même année, il a été réélu député de la circonscription de Boko, dans le département du Pool. En raison de problèmes de santé, il n’a pu battre campagne pour sa réélection en juin 2007 et a été éliminé dès le premier tour le 24 juin.

André Milongo a été enterré à Mafouta (arrondissement Makélékélé, Brazzaville) devant plusieurs dizaines de milliers de ses partisans et autres Congolais, dans la résidence où il a toujours vécu, au mois d’août 2007.