1900 – L’auto médication du colon au Congo

guide medical a l usage des fonctionnaires et colons-page-001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ouvrage du Dr Duvigneau, médecin des colonies, est intéressant à plusieurs titres.

  • Il nous indique à quel point les colons étaient réputés sales et peu soucieux d’hygiène.
  • Il nous permet de constater à quel point, à l’aube du XXème siècle la médecine occidentale était encore empirique.
  • Il nous fait souvent sourire comme dans cet extrait :
     » Maladies vénériennes
    Les maladies vénériennes, fréquentes au Congo, sont trop souvent traitées, par ceux qui en sont atteints, à l’aide de remèdes indigènes ou de médicaments énergiques et infaillibles recommandés par des annonces ou, enfin, par le mépris. Le médecin n’est appelé à intervenir que dans le cas où des complications surgissent ou quand des accidents syphilitiques font leur apparition.
    Les remèdes indigènes, employés contre la blennorragie, le plus souvent, se composent de décoctions ou de macérations de plantes diverses, dont la formule est tenue secrète par ceux qui les procurent. Ces préparations sont très désagréables au goût et ennuyeuses à prendre à cause de la quantité de liquide qu’elles contiennent.
    Nous ne sommes en mesure ni d’affirmer ni de nier leur efficacité, mais nous restons persuadé que si le médecin en prescrivait de semblables elles ne seraient probablement pas acceptées par les malades.
    Les spécialités qui consistent, principalement, en injections, sont d’un usage commun en raison de la rapidité à laquelle ces injections coupent un écoulement. Le permanganate de potasse possède une faveur spéciale, à cet égard, et, d’ordinaire, c’est le moment où l’inflammation blennorragique a envahi toute la muqueuse urétrale que le malade choisit pour se donner une bonne, c’est-à-dire une forte injection.
    Enfin, le traitement par le mépris consiste à ne point modifier ses habitudes de régime et à considérer la bière et l’alcool comme de véritables remèdes. »

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Cabinet de consultation de médecins militaires français.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La grande préoccupation des personnes qui s’intéressent à l’avenir de nos colonies a toujours été de mettre tout en oeuvre, pour conserver la santé à l’Européen qui s’expatrie, soit pour la mise en valeur de notre domaine colonial, soit pour sa défense. Lui permettre un séjour aussi prolongé que possible dans les régions tropicales, sans qu’il ait trop à souffrir d’un climat qui n’est pas le sien, tel est le but à poursuivre. Malheureusement on oublie trop souvent que l’homme est comme la plante, transportée hors de son lieu d’origine,  et que, pour l’acclimater sur un sol nouveau, on ne saurait l’entourer de trop de soins. »

Docteur Kermorgant,
Inspecteur Général du Service de Santé des Colonies,
Annales d’hygiène et de médecine coloniale, t.II, p. 345.

Nous avons pu nous convaincre souvent de la justesse ,de ces observations et, c’est après avoir constaté fréquemment combien nos colons et nos fonctionnaires se soucient peu des règles les plus élémentaires de l’hygiène que nous avons écrit, à la demande de plusieurs d’entre eux, les lignes qui suivent.

Nous n’avons eu en rédigeant ce guide qu’une seule pensée, leur permettre de ne pas pêcher par
ignorance en les mettant en garde contre les dangers auxquels ils s’exposent chaque jour et qu’il est en leur pouvoir d’éviter.

Tel est le but que nous nous sommes proposé ; si nous ne l’avons pas entièrement atteint, nous
espérons, du moins, avoir fait oeuvre utile.

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