« Au cœur des ténèbres » nouvelle de Joseph Conrad


Au cœur des ténèbres, 
nouvelle de Joseph Conrad parue en 1899 relate le voyage de Charles Marlow, un jeune officier de marine marchande britannique, qui remonte le cours d’un fleuve au cœur de l’Afrique noire. Embauché par une compagnie belge, il doit rétablir des liens commerciaux avec le directeur d’un comptoir au cœur de la jungle, Kurtz, très efficace collecteur d’ivoire, mais dont on est sans nouvelles. Le périple se présente comme un lent éloignement de la civilisation et de l’humanité vers les aspects les plus sauvages et les plus primitifs de l’homme, à travers à la fois l’enfoncement dans une nature impénétrable et potentiellement menaçante, et la découverte progressive de la fascinante et très sombre personnalité de Kurtz.

Le Roi des Belges, bateau sur lequel a navigué Joseph Conrad pour l’État indépendant du Congo.

Inspirée par le récit In Darkest Africa de Henry Morton Stanley relatant l’expédition pour retrouver l’aventurier Oscar Schnitzer, dont Conrad avait eu connaissance au Congo, l’intrigue générale du texte présente certains points communs avec celle de la nouvelle intitulée L’Homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling, texte paru en 1888.

Le film Apocalypse Now de Coppola transpose le récit dans le contexte de la guerre du Viêt Nam. La trame (un bateau remontant une rivière au cœur de la jungle) et les thèmes abordés (la « déshumanisation » de l’homme au fur et à mesure qu’il remonte le fleuve) sont identiques. Le personnage interprété par Marlon Brando s’appelle d’ailleurs Kurtz.

 

A lire absolument, l’intégrale du texte en PDF, :

Au cœur des ténèbres

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L’auteur :

Description de cette image, également commentée ci-aprèsJoseph Conrad est né à Berdytchiv dans l’Empire russe (aujourd’hui en Ukraine), au sein d’une famille de la noblesse polonaise (Szlachta). Son père Apollo Korzeniowski, engagé dans la résistance polonaise, est arrêté en octobre 1861, et envoyé en exil d’abord dans des conditions difficiles au nord de la Russie, puis dans le nord-est de l’Ukraine à partir de 1863. Sa famille le suit, et la mère de Conrad meurt de la tuberculose en avril 1865. Gravement malade lui-même, Apollo Korzeniowski peut rentrer d’exil en 1868. Mais il meurt en mai 1869 à Cracovie, ville alors autrichienne, laissant Conrad orphelin à l’âge de onze ans.

Celui-ci est alors confié à son oncle maternel, Tadeusz Bobrowski, qui demeurait à Cracovie, et à qui il devait rester très attaché, entretenant avec lui une correspondance suivie jusqu’à la mort de ce dernier en 1894.

À la fois pour raisons de santé, et parce qu’il est attiré par la carrière maritime, Conrad part en 1874 pour Marseille, où il s’embarque comme mousse sur un voilier. Il fait ainsi pendant près de quatre ans son apprentissage en France pour entrer ensuite dans la marine marchande britannique, où il va demeurer plus de seize ans. Il obtient son brevet de capitaine au long cours le 10 novembre 1886, prend la même année la nationalité britannique, sous le nom de Joseph Conrad et commence à écrire. Conrad parlait avec une égale facilité le polonais, l’allemand, le français et l’anglais ; mais il décida d’écrire dans la langue de sa nouvelle patrie.
En 1887, après un séjour à l’hôpital de Singapour pour une blessure reçue en mer, Conrad embarque comme second sur le Vidar et effectue au moins quatre voyages àBornéo et des séjours à Berau.
En 1888, il embarque sur le voilier Otago qui est son premier et unique commandement comme capitaine. En 1890, recommandé auprès du capitaine Albert Thys, administrateur de la Compagnie du Commerce et de l’Industrie du Congo, il part travailler comme capitaine de steamer pour la Société du Haut-Congo officiant dans l’État indépendant du Congo. Il est engagé pour trois ans, mais ne réalise qu’un aller retour en steamer entre Stanley-Pool et Stanleyville avant d’être rapatrié en Europe pour dysenterie.
En 1891, après une hospitalisation à Londres et une convalescence à Champel en Suisse, il embarque, le 19 novembre, comme second sur le clipper Torrens pour l’Australie. Après un deuxième voyage à Adélaïde et une visite à son oncle Tadeusz Bobrowski en Pologne, il est rayé des rôles du Torrens et en novembre 1893 embarque sur le vapeur Adowa comme second, pour le Canada avec escale à Rouen. En janvier 1894, l’Adowa retourne à Londres où débarque Conrad. C’est la fin de sa carrière maritime2.