« CACAO, ETAT ET PAYSANS EN REPUBLIQUE POPULAIRE DU CONGO » par Cl. Robineau (1985)

cacaoo

Le développement de la culture du cacao dans le nord de la République Populaire du Congo constitue une “aventure” dont on peut tirer quelques enseignements pour l’élaboration et la conduite d’opérations de développement. La région cacaoyère du Nord-Congo se présente comme la continuation, au-delà d’un no-man’s land d’une centaine de kilomètres de forêt ombrophile équatoriale, de la zone cacaoyère du Sud-Cameroun, zone dont elle procède par le relais constitué de proche en proche par des groupes culturellement apparentés.

Née de l’initiative spontanée de la population du Nord-Congo émergeant, dans les années cinquante, d’un demi-siècle de domination coloniale faite de cueillette obligatoire pour le monopole des grandes compagnies concessionnaires de l’A.E.F. ou les besoins de la guerre 1939-1945, de recrutements forcés pour la construction du C.F.C.O. et de cantonnements successifs de la population pour son contrôle par l’Administration, cette culture est venue pallier les échecs dune “mise en valeur” entreprise tardivement après des décennies d’oppression.

Prise en charge par la puissance publique devenue presque aussitôt congolaise, la culture du cacao est rapidement devenue politique tant du fait de ses implications financières que de sa fonction économique d’équilibre régional. La gestion du cacao aurait gagné à être confiée à une autorité nationale spécifique, autonome vis-à-vis de l’administration de l’Etat et capable, par sa représentativité, d’obtenir la confiance des producteurs.

NDLR : Aujourd’hui les plantations ont été abandonnées. Les cacaoyers vieillissants ne donnent plus et la production est réduite à néant. Le gouvernement voudrait la relancer. Nous craignons que, comme le disait Robineau dans son introduction, confier sa gestion à une entreprise d’Etat ne puisse mener qu’à un nouvel échec par la désaffection des producteurs. 
Lire : CACAO, ETAT ET PAYSANS EN REPUBLIQUE POPULAIRE DU CONGO