Des origines, des ethnies et des langues diverses

Répartition des diverses ethnies du Congo - Auger J.A.

Répartition des diverses ethnies du Congo – Auger J.A.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La carte de Auger montre la complexité de la mosaïque ethnique qui compose la population congolaise. Les mœurs, us et coutumes varient beaucoup d’un groupe à l’autre, poussant parfois à des incompréhensions profondes, en particulier certains groupes sont à transmission matrilinéaires et d’autres sont patrilinéaires.

Source du texte qui suit

A l’exception des Pygmées, la quasi-totalité des habitants du Congo sont des Bantous. Sous ce nom, qui correspond au pluriel de muntu (homme), les historiens et les linguistes regroupent des millions d’individus vivant en Afrique centrale, orientale et méridionale. A l’origine, les premiers Bantous provenaient des actuels territoires du Nigeria et du Cameroun et ils auraient émigré vers l’Afrique australe tout au début de notre ère. Ce sont les Bantous qui fondèrent le royaume du Monomotapa, les chefferies Zoulous en Afrique méridionale et le royaume du Kongo qui englobait autrefois les territoires du Congo, de l’ex-Zaïre et de l’Angola.

Les Pygmées, petit peuple nomade de la forêt équatoriale, vivant de la chasse, la pêche et la cueillette, ont de nos jours un mode de vie qui les situe avant les hommes du néolithique (agriculteurs sédentaires qui découvrirent la poterie et la métallurgie).

Vivant au Congo dans les profondes forêts du Nord (régions de la Sangha, de la Likouala des Plateaux et de la Cuvette-Ouest) et au Sud (régions du Pool et de Lékoumou), les Pygmées seraient environ 40 000 dans le pays. Ils constituent des petits groupes familiaux réunis dans des campements temporaires (de trente à cinquante personnes) et s’adonnent essentiellement à la chasse et la cueillette pour assurer leur subsistance. Ignorant la hiérarchie et la guerre, les Pygmées aiment se réunir pour danser et chanter avec beaucoup de talent. Avec les Bantous, ils ont toujours entretenu des relations de troc. La taille des Pygmées varie entre 1,20 mètre et 1,50 mètre.

En dehors des Pygmées et de quelques immigrés, le reste de la population (Bantous) se répartit en 52 (cinquante deux) ethnies se rattachant ou non à une dizaine de grands groupes, dont les plus importants en nombre, sont les Kongo, les Tékés, les Mbochi et les Sangha.

Le groupe Kongo est le plus nombreux. Il constitue 48 % de la population et s’étend dans tout le sud du pays, depuis Brazzaville jusqu’à Pointe-Noire sur la côte atlantique. Ce groupe comprend entre autres, les Laris* vivant autour de Brazzaville, les Vilis autour de Pointe-Noire, les Yombés dans le massif du Mayombe, ainsi que les Bembés, les Soundis, les Kambas et bien entendu les Kongos.

Le groupe Téké représente environ 22 % de la population et s’installe sur les plateaux Batékés commençant immédiatement au nord de Brazzaville. Il rassemble une dizaine d’ethnies ; dont les Koukouyas, les Bomas, les Tios, les Gangoulou, les Tégués, les Batékés-Lali etc.

Le groupe Mbochi, troisième grand groupe ethnique du Congo, rassemble environ dix ethnies : Likouala, Likouba, Kouyou, Makoua, Bonga, Bonbongui, Moye, Mbochi, Ngaré et Mboko. Ils sont implantés au nord du pays, dans la région de la Cuvette, autour d’Owando, Makoua, Mossaka et le long de nombreux fleuves poissonneux et navigables tels que la Likouala, le Kouyou, l’Alima et la Sangha.

Trois autres grands groupes ethniques sont implantés dans la partie septentrionale du Congo : les Makaas dans le nord-ouest de la région de la Sangha ; lesSanghas dans la région de la Likouala ; et les Oubangiens tout au nord de la région de la Likouala à la frontière avec la République Centrafricaine. Les Sanghas comprennent également une dizaine d’ethnies, parmi lesquelles les Bomitabas, les Bonguilis, les Pomos, les Bangala etc.

Plusieurs autres groupes ethniques, établis aux confins occidentaux, sont à cheval entre le Congo et le Gabon : les Mbérés ou Mbetis (autour de Kellé et Mbama),les Fangs et les Kotas au nord-ouest, les Echiras au sud-est, les Nzabis, les Pounous et les Obambas dans le Massif du Chaillu.

La plupart de ces peuples (ethnies) débordent les frontières tracées arbitrairement par les colonisateurs européens en général et français en particulier.

Ancienne colonie française, le Congo a conservé le français comme langue officielle, parlée et enseignée à l’école. Néanmoins chacun des nombreux peuples (ethnies) du Congo a sa propre langue. Par ailleurs, deux langues véhiculaires ont pris rang derrière le français et sont reconnues comme langues nationales :

  • Le Lingala parlé dans le nord du pays et surtout le long du fleuve Congo,
  • Le Munukutuba, dérivé du kikongo est en usage dans le sud du pays.

Ces deux langues sont, comme le français, parlées à la radio et à la télévision, et parfois enseignées à l’école.

* NDLR : Le cas des Lari doit être vu isolément. En effet la plupart des ethnologues s’accordent pour dire que cette ethnie n’existe pas et qu’elle est une invention du clergé catholique tout comme la langue lari. Cette création coloniale aurait permis d’unifier des gens provenant des groupes Kongo et Téké. Article à suivre. 

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