DOSSIER : Les transports fluviaux dans le bassin du Congo

Le bassin du Congo est très largement pourvu d’artères fluviales permettant depuis toujours transport et commerce. Ce réseau, extrêmement dense (plus de 15000km), possède hélas un handicap d’importance : il n’est pas relié à la mer.

Le fleuve en constitue l’épine dorsale, il y est aidé par son principal affluent l’Oubangui. Ces deux voies d’eau sont très larges et relativement rectilignes. Leur lit encombrée de bancs de sable erratiques et la navigation n’y est pas aisée, en particulier de nuit où elle est très fortement déconseillée. Si les variation de niveau du Congo permettent la navigation en toutes saisons, il n’en est pas de même pour l’Oubangui qui connaît un fort étiage.

Au Congo français, les voies secondaires, dont les plus importantes sont l’Alima (et son affluent la Lekéti), la Sangha et les deux Likouala, ont une configuration bien différente. Généralement calmes et extrêmement sinueuses elles demandent de longs déplacements. Le principal obstacle qu’y trouve la navigation est constitué de débris végétaux.

On sait peu de choses sur la navigation dans le bassin durant la période protohistorique.

Lorsque les colonisateurs parviennent sur les rives du Congo, ils n’y trouvent bien évidemment pas de chantiers navals. Dans un premier temps ils utilisent les pirogues rudimentaires trouvées sur place, mais bien vite elles ne suffisent plus au transport des hommes et des marchandises. La sidérurgie bat son plein en Europe, c’est là qu’on va construire les bateaux qui navigueront dans le bassin du Congo, mais comme on ne peut pas les acheminer par voie fluviale, on va les démonter et les déplacer, d’abord par les pistes, à dos d’homme ou de mulets.

Transport en éléments tronçonnés du vapeur "Le Stanley"Transport en éléments tronçonnés du vapeur « Le Stanley »

Puis après la construction du chemin de fer belge de Matadi à Léopoldville, par train.

Assemblage d'un bateau au Congo

Assemblage d’un bateau au Congo

De nombreux explorateurs comme Marchand ou Gentil, monteront et démonteront à plusieurs reprises leurs embarcations pour leur faire passer des passages difficiles.

Le Léon Blot, navire de Gentil

Le Léon Blot, navire de Gentil

L’exploitation commerciale du fleuve lui fera connaître toutes sortes de steamers, propulsés par hélices ou roues à aubes transversales ou latérales. Le point commun de toutes ces embarcations étant la limitation de leur tirant d’eau.

Le sternwheel Dolisie à Ouesso

Le commandant Lamy (Congo Français)

Le commandant Lamy (Congo Français)

Tous fonctionnent au bois imposant la mise en place tout le long des voies fluviales de points de ravitaillement

 

Mgr Augouard et le bateau à vapeur par Olivier Ouassongo[1]

Dès les débuts de son vicariat, Mgr Augouard disposait d’une embarcation, le Léon XIII, mis à l’eau en 1886, avec lequel il navigua principalement sur le Congo, l’Oubangui et l’Alima. Rebaptisé Diata il fut transformé en bateau à vapeur en 1889. Le nouveau Léon XIII fera son premier voyage en avril 1898, jusqu’aux missions de l’Oubangui. Enfin, le Pie X,construit en 1909, vient compléter la flottille du vicariat. …/…

Le Léon XIII rebaptisé Diata Diata avant sa transformation en vapeur.

Le Léon XIII rebaptisé Diata Diata avant sa transformation en vapeur.

 

Le DIata Diata après 1889

Le Diata Diata après 1889

 

Le deuxième Léon XIII

Le deuxième Léon XIII

 

Montage de la chaudière du Pie X

Montage de la chaudière du Pie X


A la suite d'un incendie, le Pie X dut être restauré.

A la suite d’un incendie, le Pie X dut être restauré.

…/… De 1890 à 1921, les activités des bateaux de la mission furent essentiels dans l’avancée de l’évangélisation sur le territoire du Congo français. …/…

…/… Le vicariat de Brazzaville continua à utiliser les bateaux pour une partie de ses activités (visite des stations de l’Alima) jusqu’à lafin des années 1930. C’est Mgr Paul Biéchy (1936-1954) qui a vendu les derniers bateaux, en 1937 et 1938, le Mgr Augouard et le Saint-Paul, preuve que les routes sont désormais suffisantes pour les déplacements des missionnaires

[1] Chercheur à l’Institut d’études Africaines (IEA) d’Aix-en-Provence.http://www.spiritains.org/qui/histoire/dossier/doss4.htm

Au Congo Belge

Ce site très illustré traite de la période 1885-1908 : http://abergo1.e-monsite.com/album/eic-marine/

Ici on verra d’autres bateaux de la rive gauche, parfois très luxueux :http://www.stanleyville.be/bateaux.html
Kamanyola, le paquebot de croisières fluviales de Mobutu

Le Général Olsen en 1954

Le Général Olsen en 1954

 

Le Kamanyola est un ancien courrier colonial, le Général Olsen, construit en 1947 àHoboken, repris et rénové en 19673, et enfin transformé à la fin des années 1980 enhouseboat présidentiel pour Mobutu.

Maquette du KamanyolaMaquette du Kamanyola« Rallongé de 4 mètres, il a été équipé de radars, de communications satellite cryptées, de deux appartements VIP (en plus de celui du président, d’une salle de banquet pour une centaine d’hôtes, d’un salon de coiffure, de soixante cabines, ainsi que de dortoirs pour la troupe, dont des « plongeurs autonomes ». Pendant quatre ans, trois cents personnes vont vivre la fin de règne sur le Congo. »

Stephen Smith, Le fleuve Congo

Au lendemain de sa victoire contre le régime de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila l’a rebaptisé du nom de Lemera, la localité dans l’Est où, en octobre 1996, fut forgée l’alliance des forces qui allait le porter au pouvoir.

Le Léméra de nos jours

Le Léméra de nos jours

Il est actuellement amarré aux chantiers navals de Ndolo, à Kinshasa et ne semble plus en état de naviguer.

Moyens de transport: variété et précarité

Le réseau fluvial congolais a été le premier au monde à connaître la navigation en poussée. La capacité des barges n’a cessé d’augmenter. D’abord limitée à 25 ou 40t, elle passe très rapidement à 250 puis 300t pour arriver ensuite à 800t, et actuellement à 1 050, voire 1 200 tonnes. Les convois en poussée peuvent atteindre 6 000 tonnes à la descente et 4 000 tonnes à la montée sur le fleuve.

Le fleuve Congo est une voie fluviale à courant libre. Le matériel est donc adapté en fonction des tirants d’eau disponibles. En ligne directe, le tirant d’eau admis est de 1,20 m en basses eaux, mais sur les affluents secondaires, celui-ci peut descendre jusqu’à 0,50 m. Sur ces lignes, le remorquage en poussée a remplacé la traction en flèche. Un automoteur portant des passagers pousse plusieurs barges conçues pour être complètement juxtaposables (Les barges servent aussi au transport de passagers moins fortunés qui y vivent dans une ville improvisée tout au long de leur voyage). Les lignes directes sont aussi desservies toute l’année par de grands convois poussés, composés de barges d’une capacité de 350 à 1 200 tonnes. Les grandes caractéristiques de ce matériel fluvial sont sa solidité et sa légèreté. De plus, vu les valeurs de tirant d’eau, les barges sont relativement larges. En ce qui concerne le courant, la vitesse moyenne est de 3 à 4 km/h, mais pouvant atteindre, voire dépasser 10km/h. Les grandes distances à parcourir sans moyens d’entretien ou de réparation constituent une des difficultés de l’exploitation de la voie d’eau. En général, on peut dire que les affluents sont desservis par une flotte de courriers, de pousseurs, de remorqueurs, et de barges, dont les dimensions sont adaptées aux caractéristiques des rivières.

Radeau de bois et son pousseur sur le fleuve Congo en direction de Brazzaville (photo Artus-Bertrand)

Radeau de bois et son pousseur sur le fleuve Congo en direction de Brazzaville (photo Artus-Bertrand)

Le trafic fluvial entre Kinshasa et Kisangani, jadis assuré par les unités fluviales de l’ONATRA ( Office national des transports), se fait depuis plus de dix ans maintenant par des embarcations privées, après avoir été suspendu depuis les différentes guerres (de 1997 à 2003).

http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0809/bei/beiere/groupe5/node/124

Baleinière sur la rivière Alima près de Kounga, Plateaux, République du Congo (photo Artus-Bertrand)

Baleinière sur la rivière Alima près de Kounga, Plateaux, République du Congo (photo Artus-Bertrand)