Fondation de l’État indépendant du Congo « propriété » de Leopold II de Belgique

Léopold II de Belgique propriétaire de l'Etat Indépendant du Congo

Léopold II de Belgique propriétaire de l’Etat Indépendant du Congo

Le 12 septembre 1876, Léopold II de Belgique* décida de réunir au palais de Bruxelles une conférence de géographes et de voyageurs. Le programme portait aussi bien sur l’abolition de la traite que sur l’exploration scientifique et l’ouverture de la « civilisation » au trafic européen. C’est au lendemain de cette conférence, en novembre 1876, que l’Association internationale africaine** fut instituée dans le but pacifique et humanitaire de concourir à la paix en Afrique et la libération des populations victimes de la traite. Concrètement, l’Association avait pour ambition d’établir en Afrique des stations scientifiques, des postes d’observation et de secours, placés sous la protection de leur fédération… et sous la présidence du roi.

L’association fut envisagée comme devant être le réceptacle des idéaux philanthropes des nations européennes présentes à la Conférence pour l’Afrique sub-saharienne. Chaque état établit cependant ses propres associations, qui ne rendirent jamais compte de leurs actions à l’AIA. Les intérêts économiques nationaux prirent rapidement le pas sur les idéaux humanistes et civilisateurs. Chacun de ces comités mis en place des expéditions nationales pour l’exploration de l’intérieur de l’Afrique, avec plus de compétition que de coopération entre elles, avec le but non avoué de prendre possession des terres découvertes pour le compte de leur propre état..

Un billet confidentiel du baron Léonard Greindl au roi, daté de 1878, tend à prouver le caractère volontairement stratégique de cette Association philanthropique dont le but véritable était de donner, à long terme, une colonie africaine à la Belgique : « Avec le temps, l’entreprise deviendra par la force des choses, belge de nom comme de fait. Il est désirable que surtout dans les commencements, l’affaire s’abrite sous le drapeau international. L’idée coloniale soulève encore de vives répugnances en Belgique, où le souvenir de nos essais malheureux n’est pas effacé. Dans les conférences préliminaires de 1876, une forte opposition a éclaté contre tout ce qui pourrait conduire à une action isolée. Une tentative faite sous un jour trop exclusivement belge soulèverait des résistances à peu près certaines alors qu’elle aurait beaucoup plus de chances d’être bien accueillie par l’opinion publique, si elle se présentait sous le drapeau international ».

Lorsque Henry Morton Stanley revint en Europe en janvier 1878 après avoir descendu lefleuve Congo depuis Nyangwe un an auparavant, deux délégués du Roi Léopold II de Belgique, le baron Greindl et le général Sanford, l’accueillirent à Marseille et lui firent part des projets du Roi de créer un état sur le bassin du Congo.

Stanley quitta l’Europe en février 1879 à bord de l’ Albion et rejoignit Zanzibar pour constituer ses équipes du meilleur matériel et hommes comme il l’avait fait précédemment.

La lente progression de l’expédition fut suivie d’autant plus près à Bruxelles que les expéditions commanditées par d’autres états européens progressaient. Et notammentPierre Savorgnan de Brazza au nord, parti du Gabon, et Capello et Ivens au sud partis deLoanda.

L’Association internationale du Congo fut créée le 17 novembre 1879 par Léopold II de Belgique à partir du Comité d’études du Haut-Congo.

A partir de décembre 1881, Stanley lançait le steamer En avant, rapidement suivi des Royalet A.I.A. (Association internationale africaine). Brazza se limita à la rive nord du Stanley Pool, et Capello et Ivens ne descendirent pas le Kwango.

Venues de l’est et du sud, d’autres expéditions explorèrent le territoire*** qu’elles conquirent au nom de Léopold II et pas au nom du Royaume de Belgique.
Léopold II parvint à faire reconnaître la souveraineté de l’Association internationale du Congo (AIC). Le Royaume-Uni que la France (et dans une moindre mesure, l’Allemagne), préférèrent confier les territoires du Congo à une petite nation neutre plutôt qu’à leur concurrent dans l’impérialisme.

L’importance des intérêts nationaux divergents causa la ruine de l’association en tant qu’organisme philanthrope multinational.  Malgré la faillite de la première conception de l’Association, la section belge continua de promouvoir des missions humanitaires en Afrique. L’AIA fut rebaptisée Comité d’Études du Haut-Congo puis Association internationale du Congo en 1878. L’Association internationale du Congo avait des orientations économiques affichées, mais gardait certaines des ambitions humanitaires de l’A.I.A.. Léopold II commença cependant à faire venir discrètement des investisseurs privés au sein de l’Association, avec des ambitions de profits. Il amena ainsi peu à peu l’Association à devenir une entreprise commerciale privée.

Il octroya à la France, en 1884, un droit de préférence sur les territoires du futur État indépendant du Congo (ce qui signifiait qu’en cas de disparition ou de dissolution de cet État, la souveraineté sur ces territoires serait proposée en premier lieu à la France)

La Conférence de Berlin de 18841885 consacra la fin de cette conception de l’Association, la Conférence se terminant par ce qui devint connu sous le nom de Partage de l’Afrique.

L’Association cédera sa place en 1885 à État indépendant du Congo****, qui héritera de ses structures.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_II_de_Belgique
** http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_internationale_africaine
***http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9ditions_pr%C3%A9ludes_%C3%A0_la_fondation_de_l%27%C3%89tat_ind%C3%A9pendant_du_Congo
**** http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_ind%C3%A9pendant_du_Congo