Fulbert Youlou (1917-1972), premier président de la République du Congo de 1959 à 1963

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L’abbé Fulbert Youlou est l’un des personnages les plus controversés du Congo-Brazzaville, à tel point que durant des décennies, il fit l’objet d’un
anathème dans son pays. Pourtant, à ses débuts, celui qu’on appelait l’« Abbé » était apparu à ses concitoyens comme une sorte d’homme providentiel. C’est lui qui, en août 1960, avait conduit son pays à l’indépendance. Lui qui, en décembre 1960, avait organisé une grande conférence intercontinentale à Brazzaville, au cours de laquelle il vanta les bienfaits du libéralisme économique et condamna le communisme. Trois ans plus tard, la prospérité économique n’était toujours pas au rendez-vous, alors que le gouvernement déployait un faste insolent1. Youlou le « modéré » décevait. Sa décision d’imposer en août 1963, le monopartisme en emprisonnant les dirigeants syndicaux fut l’élément déclencheur de la révolution des « Trois Glorieuses ». La France refusa, alors, d’aider ce chef d’État africain que le couple de Gaulle méprisait2.

Ne disposant quasiment plus d’aucun soutien, cet ancien prêtre quitta le pouvoir et laissa derrière lui l’image d’un président de la République excentrique, autoritaire et corrompu.

Origines et sacerdoce

Région du Pool d'où est originaire Youlou.

Région du Pool d’où est originaire Youlou.

Youlou naît le 9 juin 19173 à Madibou dans le district de Pool4. Cadet d’une famille de trois garçons5, il est un Kongo de langue lari4. À l’âge de neuf ans, il est baptisé et reçoit le prénom de Fulbert5. En 1929, il entre au Petit Séminaire de Brazzaville5. Élève brillant, il est envoyé à Akono au Cameroun, pour y terminer ses études secondaires5. Par la suite, il intègre le Grand Séminaire de Yaoundé où il semble montrer de grandes capacités en philosophie5. Il y rencontre l’Oubanguien Barthélémy Boganda élève comme lui de cette institution5.

Revenu au pays, il enseigne un temps au Séminaire de Mbamou avant de partir à Libreville terminer ses études de théologie5. Il passe son dernier cycle d’études à Brazzaville5. Le 9 juin 1946, Fulbert Youlou est ordonné prêtre6. Il est affecté à la paroisse Saint-François de Brazzaville où, très dynamique, il dirige les diverses organisations de jeunesse, d’activités sportives et d’œuvres catholiques6. Il prend également en charge l’aumônerie de l’hôpital général et celle de la prison6.

L’ascension politique

Un prêtre politique

Fulbert Youlou s’intéresse tôt à la politique. Encouragé par son protecteur le Père Charles Lecomte, il présente sa candidature, au sein du collège africain, aux élections territoriales de 1947, dans la circonscription du Pool7. Mais alors que le Père Lecomte est élu sans difficulté au collège européen, Youlou enregistre un cuisant échec7. Il comprend que s’il veut être élu, il ne doit plus se montrer trop ouvertement soutenu par l’administration ou les missions8. Jusque là homme de l’Église des Blancs, il se donne désormais l’image d’un résistant africain9.

Cette attitude ne plaît pas à ses supérieurs10, d’autant qu’en octobre 1953 une plainte est déposée à l’évêché à l’encontre du jeune abbé, surpris en flagrant délit d’adultère9. Par mesure disciplinaire, il est affecté le 20 novembre 1954, dans une mission de brousse à Mindouli11 où il occupe les fonctions de directeur de l’école catholique12.

Lors de son passage à Saint-François, grâce à sa capacité à rassembler autour de lui les différentes factions, Youlou s’impose comme un orateur des Lari13. Les Lari sont des adeptes du matswanisme, un mouvement messianique remettant en cause le colonialisme et fondé par AndréMatswa, mort en prison en 194213. Le jeune abbé parvient habilement à se faire passer pour un interlocuteur de Matswa, ce qui lui permet d’exercer une certaine influence sur ses disciples14. Par ailleurs, son investissement dans les associations lui permet de s’attacher la jeunesse lari14. Finalement, la sanction ecclésiastique le conforte dans son rôle de leader car elle lui confère l’image d’une victime de l’Église congolaise dominée par une hiérarchie européenne12.

Entre élection et mystique

En octobre 1955, grâce à cette image de révolté, un conseil kongo (et non plus seulementlari) le choisit afin qu’il les représente aux prochaines élections législatives12. À l’annonce de sa candidature, son évêque Mgr Bernard tente de l’endissuader12. Des sanctions sont prises : il n’a plus le droit de porter la soutane, ni de célébrer le culte11. Dans ces conditions, les Kongo lui procurent une rente mensuelle ainsi qu’une voiture avec chauffeur afin de subvenir à ses besoins12.

Au début, Youlou est considéré par ses partisans comme la réincarnation de « Jésus-Matswa »4. Cette idée est facilitée par le fait qu’il est abbé4. Très vite, il devient lui-même un mythe vivant, symbole de l’opposition coloniale15. Une légende le rattache aux chutes de Loufoulakari où le grand résistant kongo Boueta Mbongo fut décapité et jeté à l’eau par les colonisateurs12. Il aurait pris l’habitude de s’y baigner en soutane pour prier et s’imprégner des puissances ancestrales. Il était prétendu que ses habits, bien qu’immergés,restaient secs16.

Le mysticisme se transpose dans la campagne législative. Les coups de force deviennent le mode d’action politique des militants Bacongo qu’il chapeaute16. Ainsi, le12 décembre 1955, des tracts youlistes appellent à « fouetter » les dirigeants matswanistes qui nesont pas ralliés à l’Abbé17. L’un d’entre eux, Victor Wamba, en fait les frais et voit sa maison incendiéele 18décembre17. L’agitation s’accroît le 2 janvier 1956, jour de l’élection : à la sortie des bureaux de vote de Bacongo, des adolescents lari se mettent à rosser les électeurs qu’ils soupçonnent de ne pas avoir voté pour Youlou16. Les autorités sont obligées d’envoyer les forces protéger les bureaux17. Le calme ne revient pas pour autant à Brazzaville. Au cours des deux jours qui suivent, on dénombre une centaine de maisons détruites, quatre morts et plusieurs dizaines de blessés17. Fulbert Youlou avec un de ses adversaires à la députation, Jacques Opangault, lance un appel au calme par radio17.

Une semaine plus tard, les résultats sont annoncés16. Le candidat sortant Jean-Félix Tchicaya est réélu député du Moyen-Congo avec 45 976 voix, soit 29,7 % des suffrages contre 43 193 voix pour Jacques Opangault et 41 084 pour Youlou18. Une collecte est organisée afin qu’il puisse se rendre à Paris tenter d’invalider l’élection de Tchicaya19. Le voyage lui permet de nouer quelques contacts19.

La conquête du pouvoir

La course à la vice-présidence

Le 17 mai 1956, Fulbert Youlou fonde l’Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), concurrent du Parti progressiste congolais (PPC) de Tchicaya et de la section SFIO (transformée en janvier 1957 en Mouvement socialiste africain (MSA)) dirigée par Opangault20. L’emblème du nouveau parti est le caïman, un animal effrayant et puissant, lié aux récits de sorcellerie21. Parti anticommuniste d’obédience chrétienne-libérale20, il compte 46 personnalités politiques19dont 11 proviennent du PPC et 5 de la SFIO22. Son assise politique, au départ limitée aux trois régions du Pool, du Niari et de laBouenza, se voit renforcer de l’électorat du Kouilou avec le ralliement du secrétaire général du PPC Stéphane Tchitchéllé20.

Aux élections municipales du 18 novembre 1956, où les listes sont présentées au collège unique (Africains et Européens confondus), l’UDDIA remporte un franc succès en enlevantBrazzaville, Pointe-Noire et Dolisie23. Youlou est ainsi élu maire de Brazzaville face àJacquesOpangault avec 23 sièges contre 11 à la SFIO et 3 au PPC24.

En 1957 se tiennent des élections territoriales visant à désigner un dirigeant local, conformément à l’entrée en vigueur de la loi-cadre Defferre de 1956. Malgré ses précédents succès, l’UDDIA voit son vice-président Simon Kikounga N’Got quitter le mouvement et fonder son propre parti, le Groupement pour le progrès économique et social du Moyen-Congo (GPES)25. Simon Kikounga N’Got emporte avec lui l’électorat du Niari, et se rallie à la coalition PPC-MSA25. Ainsi, le 31 mars 1957, l’UDDIA arrive second avec 22 sièges contre 23 pour la coalition menée par Opangault26. Après des négociations, un gouvernement de coalition MSA-UDDIA est finalement formé avec cinq portefeuilles ministériels attribués à chacun26. La vice-présidence revient à Opangault26. Pour sa part, l’Abbé prend l’Agriculture afin de tirer profit des nombreuses tournées dans le pays qu’implique ce poste26.

Tractations sur fond de tensions politiques

Lors des élections territoriales de mars 1957, les principaux colons du pays réunis dans l’Union du Moyen-Congo (UMC) avaient efficacement soutenu Youlou27. En septembre 1957, ces derniers l’aident de nouveau en débauchant parmi les rangs du GPES un représentant du Niari, Georges Yambot28. L’UDDIA devient ainsi majoritaire à l’Assemblée avec 23 sièges. Youlou s’empresse de réclamer la vice-présidence. Le MSA crie au scandale et demande la démission de Yambot28. La crise atteint son paroxysme lorsque Yambot est enlevé le 24 novembre 1957 afin qu’il cesse de siéger à l’Assemblée28. Le gouverneur Jean Soupault parvient à calmer le jeu : Opangault reste dans ses fonctions en contrepartie l’UDDIA conserve sa nouvelle majorité28.

L'ivoirien Félix Houphouet-Boigny

L’ivoirien Félix Houphouet-Boigny

En janvier 1958, les relations entre les deux partis s’enveniment de nouveau lorsque Youlou décide d’organiser les journées d’études de l’UDDIA à Dolisie, fief duGPES28. Des affrontements y ont lieu entre partisans socialistes et supporters youlistes, faisant au moins un mort et plusieurs blessés29. Paris, fatiguée detoutes ses querelles, somme les deux dirigeants congolais de tenir leurs hommes29
En mai 1958, Youlou conforte encore sa position. Le 5 du mois, le député européen UDDIA Christian Jayle est élu à la présidence de l’Assemblée territoriale30. Par ailleurs, à la suite du départ de Jean-Félix Tchicaya du Rassemblement démocratique africain, parti inter-africain de Félix Houphouët-Boigny, l’UDDIA remplace le PPC comme section locale du Moyen-Congo31. Le parti de Youlou gagne ainsi l’appui des milieux parisiens et la bienveillance des autorités locales27.

Le coup d’État constitutionnel

Malgré une certaine réserve à l’égard du général de Gaulle, l’abbé Youlou appelle à voter« oui » au référendum sur la Communauté franco-africainedu 28 septembre 1958, tout comme Opangault et Tchicaya32. L’approbation l’emporte avec 99,3 % des suffrages exprimés33.Par cet acte, le Moyen-Congo renforce son autonomie.

Le 28 novembre 1958, l’Assemblée territoriale se réunit en session ordinaire pour doter le pays d’institutions33. L’UDDIA et le MSA ne parviennent pas à s’entendre sur le contenu de la constitution34. L’ambiance est très tendue, des sympathisants socialistes s’amassent autour du bâtiment officiel33. Les députés en arrivent à s’échanger des insultes30. Finalement, les élus socialistes quittent l’Assemblée en signe de protestation, laissant la place libre à la majorité UDDIA30. Youlou, indifférent, proclame seul la République, des lois constitutionnelles sont adoptées, l’Assemblée territoriale devient législative et à l’unanimité des 23 députés, Youlou est porté à la tête d’un gouvernement provisoire30. Le climat politique étant délétère à Pointe-Noire, la capitale du pays devient Brazzaville35.

Les opposants, Oppangault en tête, dénoncent un coup d’État constitutionnel33. Le lendemain, les députés MSA se réunissent seuls à l’Assemblée de Pointe-Noire afin de déclarer illégales les décisions prises la veille par les députés youlistes36. Cette action se solde par un échec. Des émeutes se produisent : des maisons sont brulées, trois personnes trouvent la mort et plusieurs autres sont blessées36. L’armée française est contrainte d’intervenir36.

A la tête de la République du Congo
La mise en place du pouvoir personnel

L’élimination de l’opposition parlementaire

Le 8 décembre 1958, Fulbert Youlou devient officiellement Premier ministre. Son gouvernement se veut représentatif de la société congolaise : il comprend au moins un élu de chaque région, des représentants des notables traditionnels ainsi que deuxporte-paroles des jeunes et des syndicats37. Deux députés européens du MSA, Albert Fourvelle et André Kerherve, y prennent également place35. La majorité gouvernementale passe ainsi de 23 à 25 sièges.

Opangault,dont le parti ne compte plus que 20 sièges, espère redresser la situation grâce aux élections législatives prévues pour mars 1959 par les accords du 26 août 1958 passés avec Youlou38. Devenu Premier ministre, Youlou refuse de les organiser35. Le16 février 1959, les députés MSA réclament une nouvelle fois la dissolution de la Chambre38. À l’annonce du nouveau refus, des supporters MSA-PPC de Poto-Poto(quartier de Brazzaville contrôlé par les Mbochi, réputés être du nord du pays35) s’en prennent à ceux qu’ils considèrent comme les partisans de l’UDDIA38. Rapidement, ces affrontements embrasent tout Brazzaville et dérivent en une sanglante émeute entre bandes rivales Mbochi et Lari qui dépassent la simple rivalité MSA et UDDIA32. Les combats font officiellement une centaine de morts ainsi que des centaines de blessés et de maisons détruites39. Les combats cessent grâce à l’intervention de l’armée française qui parvient à rétablir le calme le 20 février32. Ces massacres marquent la naissance d’une radicalisation entre Mbochi et Lari40.

Fulbert Youlou profite de ces évènements pour faire arrêter Opangault, accuséd’incitation à la violence41. Ce dernier est relâché cinq mois plus tard sans avoir été jugé41. Entre-temps, Youlou a conforté sa position et quasiment éliminé l’opposition parlementaire. Le 20 février 1959, il fait adopter une constitution qui donne des pouvoirs étendus au Premier ministre32, dont celui de dissoudre l’Assemblée41. En avril 1959, le MSA enregistre deux nouvelles défections en faveur de l’UDDIA42. Le 30 avril,l’Abbé dissout finalement la Chambre après avoir soigneusement redécoupé les circonscriptions électorales43. Le 14 juin 1959, l’UDDIA s’accapare,avec 58 % des suffrages, 51 sièges à l’Assemblée contre 10 pour le MSA43.

Après ces élections législatives, l’Assemblée devient « nationale »44. Elle reconduit Youlou dans ses fonctions de Premier ministre puis, le 21 novembre, l’élit président de la République du Congo44. Ayant triomphé de ses adversaires sur le plan parlementaire, il met au pas les irréductibles matswanistes qui ne veulent toujours pas voir en lui la réincarnation de Matswa32. De juin à juillet 1959, ils sont pourchassés, arrêtés et soumis brutalement, on parle d’une trentaine de morts32.

Répression, séduction et soumission

Le 16 février 1960, afin de satisfaire l’opinion publique congolaise, le président de la République décide de renvoyer les membres européens du gouvernement45. Sont concernés : le ministre des Finances Joseph Vial, celui des Affaires économiques Henri Bru ainsi que le secrétaire d’État à l’Information Christian Jayle45. En revanche Youlou conserve dans son équipe Alfred Delarue, le chef du service « Documentation »46. Ce dernier, ancien grand officier de la préfecture de Paris et collaborateur vichyste, organise avec l’Abbé l’élimination de l’extrême-gauche congolaise, regroupée dans la Confédération générale africaine des travailleurs (CGTA) et dans l’Union de la jeunesse congolaise (UJC)46. Sous couvert d’un pseudo « complot communiste », Youlou fait arrêter le9 mai 1960, les chefs de la CGTA et de l’UJC, Julien Boukambou et Aimé Matsika, ainsi que son éternel opposant Simon Kikounga N’Got47. Le lendemain, l’Assemblée adopte une série de lois restreignant les libertés individuelles47. Ainsi est désormais condamnable toute manifestation organisée contre le gouvernement ainsi que les publications incitant à ces démonstrations47. Par ailleurs, ces lois permettent également à Youlou d’interner ou d’expulser légalement tout individu considéré comme dangereux pour la stabilité du régime47.

Mais si l’Abbé use de moyens coercitifs avec ses adversaires, il sait également les séduire. Le 17 juin 1959, après sa victoire aux législatives, il lance un appel à l’union :

« Les élections du 14 juin n’ont pas été la victoire d’un parti ou d’un programme dans le sens qu’on lui donne en Europe ; elles marquent le début d’une unité nationale, qui ne pourra que se renforcer48. »

Le 3 juillet 1959, lors de la formation de son deuxième gouvernement, Youlou intègre des élus de l’opposition49. Le 15 août 1960, Jacques Opangault y entre à son tour en tant que ministre d’État et vice-président du Conseil50. Enfin, en janvier 1961, Simon Kikounga N’Got prend le portefeuille des Affaires économiques47.

De la gauche vers la droite, au 1er rang : L’Abbé Fulbert Youlou (Premier président de la République du Congo, Chef du gouvernement et député-maire de la ville de Brazzaville) entouré de Jacques Opangault (Vice-président de la République, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice) et de Marcel Ibalico (Président de l’Assemblée Nationale). Au 2e rang : Pierre Goura (Ministre des Finance et Député Maire de Dolisie) ; Faustin Okomba (Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale) ; Germain Samba (Ministre de l’agriculture et de l’élevage) ; Raymond Mahouata (Ministre de la Santé Publique) ; Alphonse Massamba-Debat (Ministre du Plan et de l’Equipement) ; Simon-Pierre Kikhounga-Ngot (Ministre des Affaires Economiques, et des Eaux et Forêts) ; Paul Ngouala (Ministre de la Jeunesse et des Sports) ; Victor Sathoud (Ministre de la Fonction Publique). Au 3e rang : Isaac Ibouanga (Ministre de la Production Industrielle) ; Michel Kibangou (Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat) ; Philippe Bikoumou (Secrétaire Particulier à la Présidence de la République) ; Germain Bicoumat (Ministre des Travaux Publics et des relations avec l’ATEC) ; Dominique N’ZALAKANDA (Ministre de l’Intérieur) ; Apollinaire Bazinga (Ministre d’Etat, Ministre de l’information) ; Prosper Gandzion (Ministre de l’Education Nationale) Absent : Stéphane Tchitchelle (Vice-président de République, Ministre des Affaires Etrangères, et Député Maire de Pointe-Noire).

De la gauche vers la droite, au 1er rang : L’Abbé Fulbert Youlou (Premier président de la République du Congo, Chef du gouvernement et député-maire de la ville de Brazzaville) entouré de Jacques Opangault (Vice-président de la République, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice) et de Marcel Ibalico (Président de l’Assemblée Nationale).
Au 2e rang : Pierre Goura (Ministre des Finance et Député Maire de Dolisie) ; Faustin Okomba (Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale) ; Germain Samba (Ministre de l’agriculture et de l’élevage) ; Raymond Mahouata (Ministre de la Santé Publique) ; Alphonse Massamba-Debat (Ministre du Plan et de l’Equipement) ; Simon-Pierre Kikhounga-Ngot (Ministre des Affaires Economiques, et des Eaux et Forêts) ; Paul Ngouala (Ministre de la Jeunesse et des Sports) ; Victor Sathoud (Ministre de la Fonction Publique).
Au 3e rang : Isaac Ibouanga (Ministre de la Production Industrielle) ; Michel Kibangou (Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat) ; Philippe Bikoumou (Secrétaire Particulier à la Présidence de la République) ; Germain Bicoumat (Ministre des Travaux Publics et des relations avec l’ATEC) ; Dominique N’ZALAKANDA (Ministre de l’Intérieur) ; Apollinaire Bazinga (Ministre d’Etat, Ministre de l’information) ; Prosper Gandzion (Ministre de l’Education Nationale)
Absent : Stéphane Tchitchelle (Vice-président de République, Ministre des Affaires Etrangères, et Député Maire de Pointe-Noire).

Le 15 août 1960, la République du Congo accède à l’indépendance. Un culte de la personnalité se développe progressivement autour de son président avec, notamment, l’impression detimbres à son effigie. Dans le mois qui suit l’indépendance51,une motion de censure est déposée à l’Assembléecontre son gouvernement48. Offusqué, Youlou sort en plein hémicycle, un revolver de sa soutane et force les impertinents députés à retirer leur motion48. L’affaire ne se reproduit pas, d’autant que le 2 mars 1961, une nouvelle constitution est adoptée ; elle consacre un régime présidentiel renforcé et institue l’indépendance entre le pouvoir exécutif et celui législatif : ’Assemblée ne peut pas renverser le gouvernement tandis que le président de laRépublique ne peut plus dissoudre la Chambre46.

Le 20 mars 1961, Fulbert Youlou est le candidat de l’UDDIA et du MSA aux élections présidentielles. Il est réélu sans opposition avec 97,56 % des voix, au suffrage universel direct46. Cette victoire marque, pour lui, la fin de la construction de l’unité nationale52. Désormais, il peut se consacrer tout entièrement au développement économique et au progrès social52.

La politique économique de Youlou

Timbre poste à effigie de Fulbert Youlou

Timbre poste à effigie de Fulbert Youlou

Le Congo est l’une des colonies françaises ayant le plus profité, économiquement, de lacolonisation : entre 1946 et 1959, un certain nombre de travaux d’infrastructures sont réalisés tandis que quelques industries légères prennent pied53. Ainsi, à l’aube de l’indépendance, l’Abbé hérite d’une structure économique relativement équilibrée avec 37,4 % du PIB réalisé dans le secteurprimaire, 20,9 % dans l’industrie et 41,7 % dans le tertiaire54. Par ailleurs, le Congo compte en 1958, 30 000 cadres de qualification variable et plus de 80 000 élèves55. Cette politique éducative forte est poursuivie par Youlou qui, en1960, consacre 40 % des dépenses budgétaires à l’enseignement56.

Le partisan du libéralisme économique

Le dirigeant congolais est un ardent partisan du libéralisme économique. Dès sa prise dupouvoir, il adopte une politique modérée, s’efforçant ainsi d’attirer les investissementsdans son pays, comme en témoigne un discours du 8 décembre 1958 :

« Nous sommes prêts à formuler toutes garanties pour que s’investissent sans crainte, et dans la plus grande confiance, les capitaux publics et privés sans lesquels il n’est pas possible de concevoir la mise en place de grandes sources d’énergie et des usines de transformations57. »

Entre 1960 et 1963, le Congo enregistre 38 milliards de francs CFA d’investissements bruts sur sonterritoire58, pour un PIB estimé en 1961à 30 milliards de francs CFA59.Les richesses minières attirent à elles seules, 21 milliards de francs CFA avecl’exploitation du manganèsepar la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG) etde la potassepar la Compagnie des Potasses du Congo(CPC)58.Les 17 milliards de francs CFA restant sont, quant à eux, investis pour 3milliards (18 %) dans le secteur primaire, 2,7 milliards (15 %) dans l’industrie, 6,3 milliards (37 %) dans le tertiaire, et 5 milliards(30 %) dans des programmes non économiques tels que l’éducation, la santé, l’urbanisme ou le logement60. Malgré une politique libérale, ces 17 milliards ne proviennent qu’à hauteur de 5,5 milliards (32 %) de capitaux privés ; l’aide internationale (notamment la France) en fournit 7 milliards (41 %) et le gouvernement congolais 4,5 milliards (27 %)61.

Au niveau de la balance commerciale, la situation semble s’améliorer durant la présidence de Youlou. Alors qu’en 1960, le déficit commercial est de 5,7 milliards de francs CFA, en 1963 il n’est plus que de 4,1milliards62. Chaque année, les exportations congolaises (diamants exclus) augmentent, passant entre 1960 et 1963 de 6,1 à 7,9 milliards de francs CFA62. Elles se composent pour moitié de leur valeur de bois62. Les produits de l’industrie légère, tel que le sucre, en représentent quant à eux plus du quart62. Par ailleurs, le déficit commercial est fortement atténué par les recettes du transit63. Le Congo tire en effet de forts revenus de ses infrastructures ferroviaires et portuaires qui permettent de desservir les pays frontaliers. En 1963, ce transit rapporte 2,3 milliards de francs CFA au Congo63.

Corruption et grands projets

En ce qui concerne le déficit budgétaire, l’administration Youlou n’est pas très rigoureuse. En cumulant les années de 1960 à 1963, il s’élève à 2,4 milliards de francs CFA64. La France le finance gracieusement à hauteur de 1,2 milliard65. Le reste est couvert par des avances du Trésor français65. Pour assainir la situation financière, la pression fiscale passe de 17 %du PIB en 1960 à 26 % en 196364tandis que des mesures d’austérité sont prises dans l’administration : les chefs de service se voient supprimer leurs véhicules de fonction, les frais de mission ne sont plus remboursés et les avancements sont bloqués1. Le président de la République, les ministres et les députés en sont exemptés1.

Afin que le gouvernement soit représentatif de la société congolaise, nombres de nominations de ministres obéissent davantage à un critère régional qu’aucritère de compétence, posant des problèmes pour le bon développement du pays1. Par ailleurs, ces derniers sont souvent sujets à des scandales financiers, Youlou le premier1. Le chef de l’État congolais a un sens aigu de la mise en scène ; conscientque son aspect religieux lui octroie une force politique, il ne quitte jamais son costume ecclésiastique, si bien qu’outre le surnom d’« Abbé », on l’appelle également « Kiyunga » (soutane en lari)66. On rapporte, concernant sa garde-robe, qu’elle contiendrait toute une collection de soutanes de couleurs blanches, noires, bleues et écarlates, provenant du grand couturier ChristianDior67. Il est aussi dit que pour une visite officielle en France, l’Abbé aurait débloqué 30 millions de francs CFA pour ses dépenses personnelles1. L’économie du pays fait les frais de cette mauvaise gestion des deniers publics. La croissance est trop modeste pour absorber le chômage que l’urbanisation a accéléré68.

Pourtant, le Congo dispose d’atouts remarquables pour son développement69. Outre ses richesses minières et son bois, le pays dispose de formidables possibilités hydro-électriques à Sounda, près de Pointe-Noire, sur le fleuve Kouilou-Niari69. La construction d’un barrage sur ce site pourrait permettre la production électrique de huit milliards de kilowattheures par an et le développement d’industries lourdes créatrices d’emplois avec l’installation de complexes électro métallurgique et chimique70. Enthousiasmé par ce projet, Youlou doit toute fois faire face à deux problèmes majeurs : tout d’abord son coût, estimé à 100 milliards de francs CFA70 ; ensuite l’insuffisance du Congo à s’approvisionner en bauxite, une matière première au cœur du projet71. Le dirigeant congolais tente d’y remédier par le biais d’une politique étrangère active.

Une politique étrangère « modérée »

Par une politique anticommuniste et pro-occidentale, dite « modérée », Youlou cherche à attirer les investisseurs étrangers dans son pays32. Dès l’indépendance, il affirme sa volonté de poursuivre une politique de coopération avec la France et les autres pays de l’Afrique francophone72. Du 15au 19 décembre 1960, est même organisée dans la capitale congolaise une conférence intercontinentale, rassemblant les chefs d’État francophones « modérés »32. À l’issue de celle-ci est créé le « groupe de Brazzaville », bloc anticommuniste et ancêtre de l’Organisation commune africaine et malgache(OCAM)32.

Le président guinéen Ahmed Sékou Touré

Le président guinéen Ahmed Sékou Touré

Parmi les invités de cette conférence, se trouvent le président de la République démocratique du Congo Joseph Kasa-Vubu et le leader katangais MoïseTshombe73. L’Abbé les réunit sans doute en vue d’isoler le nationaliste congolais Patrice Lumumba, accusé de sympathie communiste73. Bien que tous deux conviés, Youlou tient plus en estime le très controversé Tshombe que Kasa-Vubu32. Pourtant son homologue deLéopoldville est un Kongo comme lui ; ils paraissent même, un temps, caresser l’espoir de reconstituer un grand État bakongo32. L’Abbé prend d’autres positions tout aussi discutées ; alors que l’Angola subit la violente répression coloniale, il est le seul à appeler au dialogue avec le dictateur portugais Salazar74.

Malgré son anticommunisme viscéral, le président de la République cherche à nouer des relations avec le « révolutionnaire » Ahmed Sékou Touré. Il compte en effet beaucoup sur les mines de bauxitede Guinée, indispensable au projet du barrage de Kouilou75. Ainsi, en1962, il se rend en Guinée75. Le 5 et 6 juin 1963, c’est au tour de Sékou Touré de venir au Congo où il est acclamé par les militants syndicaux et les jeunes76. À l’occasion de ce voyage, le dirigeant guinéen fait d’encourageantes promesses économiques :

« La Guinée est riche en minerais et elle est disposée, je le dis, à mettre à disposition du Congo toutes les quantités de bauxite ou de fer nécessaires à la réalisation du Kouilou et plus tard à la rentabilité de l’usine qui sera construite76. »

La révolution des « Trois Glorieuses »

Avant même l’indépendance, le Congo-Brazzaville vit de facto sous le régime du parti dominant32. En août 1962, Fulbert Youlou annonce son intention d’institutionnaliser le parti unique « afin de sceller la réconciliation et l’unité nationale réalisées »77. Il ne rencontre aucune opposition, bien au contraire, cette décision semble enthousiasmer le dirigeant du MSA JacquesOpangault77. Dans ce but est organisée le 3 août 1963 une table ronderassemblant les dirigeants des trois partis existants (UDDIA, MSA et PPC), les responsables syndicaux, les représentants de l’Assemblée nationale et ceux de l’armée congolaise78. Les syndicalistes, bien que non opposés au principe de parti unique79, refusent les statuts proposés par le chef de l’État ; pour eux, ils ne semblent servir que les intérêts de Youlou78.

Fulbert Youlou (alors maire de Brazzaville) et Charles de Gaulle

Fulbert Youlou (alors maire de Brazzaville) et Charles de Gaulle

Afin de signifier leur désapprobation, les syndicalistes décident d’organiser le 13 aoûtun« arrêt de protestation » à la Bourse du Travail de Brazzaville80. La veille de ce mouvement, dans la nuit, Youlou fait arrêter les principaux dirigeants syndicaux81. À l’annonce de cette nouvelle, le simple meeting se transforme en une véritable manifestation antigouvernementale82. Les protestataires prennent d’assaut la maison d’arrêt afin de les libérer, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre83. Trois syndicalistes y trouvent la mort84. Finalement, lorsqu’ils y parviennent, il s’avère que les dirigeants arrêtés la veille ne s’y trouvent pas84. La manifestation antigouvernementale tourne à l’émeute ; le pays est paralysé85. L’armée française se joint à la gendarmerie congolaise pour rétablir le calme85. Le soir, l’Abbé décrète le couvre-feu ainsi que l’état de siège, et lance un appel au calme par radio86.

Le lendemain, à midi, le président de la République déclare à la radio :

« En raison de la gravité de la situation, je prends en mon nom personnel les pouvoirs civils et militaires. Un comité restreint, placé sous l’autorité du chef de l’État, aura pour tâche le rétablissement de l’ordre, la reprise du travail et la mise en place des réformes qui s’imposent87. »

Dans la soirée, le gouvernement est dissous88. Toutefois, les ministres Jacques Opangault, Stéphane Tchitchéllé et Dominique Nzalakanda sont reconduits dans leur fonction88. À l’annonce du maintien du très impopulaire Nzalakanda dans le gouvernement, les militants youlistes décident de rejoindre les manifestants89. Le 15 août au matin, la foule se dirige vers le palais présidentiel afin de réclamer la démission de Youlou89. Des pancartes aux slogans tels que « À bas la dictature de Youlou » ou « Nous voulons la liberté » sont brandies90. Les syndicalistes parviennent à gagner la sympathie des deux capitaines commandant l’armée congolaise91 ; l’un deux, le capitaine Félix Mouzabakani, est pourtant le neveu de Fulbert Youlou92  Dans un dernier espoir, le chef de l’État tente de joindre par téléphone le général de Gaulle afin de s’assurer du soutien logistique de la France ; en vain93. Résigné, il finit par signer sa démission en tant que président de laRépublique, maire de Brazzaville et député à l’Assemblée94.

Le nouveau régime qualifie les journées insurrectionnelles du 13, 14 et 15 août 1963 comme « révolutionnaires »95. Il les nomme les « Trois glorieuses »95.

La retraite forcée

La détention et l’exil

Le soir même de sa démission, l’ancien président de la République est interné dans le camp militaire « Fulbert Youlou »96. Quelques semaines plus tard, il est transféré avec sa famille au camp de gendarmerie « Djoué »97. Il semble être bien traité97. Mais rapidement, un climat de terreur s’installe avec le nouveau régime socialiste98. Apprenant que les jours de l’Abbé sont comptés, le successeur de Youlou à la tête de l’État Alphonse Massamba-Débatl’aide à s’enfuir vers Léopoldville,le 25 mars 196598. Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, MoïseTshombe, lui accorde immédiatement l’asile politique98.

Le 8 juin 1965commence son procès au Congo-Brazzaville par un tribunal populaire99. Il est accusé de détournement de fonds publics et de l’utilisation à des fins personnelles d’un avion de guerre de type Héron qu’il aurait reçu du gouvernement français100. Par ailleurs, il est tenu pour responsable de la mort des trois syndicalisteslors de la prise d’assaut de la maison d’arrêt le 13 août 1963100. Enfin, il est également inculpé pour avoir apporté son soutien à la sécession katangaise menée par Moïse Tshombe100. Le verdict le condamne à mort par contumace, et ordonne la nationalisation detous ses biens, c’est-à-dire la ferme de Madibou et deux hôtels particuliers à Brazzaville100. L’Abbé se défend de ces accusations avec la publication en 1966 d’un livre J’accuse la Chine, véritable pamphlet anticommuniste.

En novembre1965, il fait part de son souhait au gouvernement français de s’installer à Nicepour recevoir dessoins101. Mais l’ancien dirigeant congolais n’est pas en cour à Paris2.Yvonnede Gaulle, fervente catholique, n’apprécie guère ce prêtre excentrique2défroqué qui continue de porter la soutane malgré l’interdiction de l’Église11, et qui affiche ouvertement sa polygamie (il a au moins quatre femmes officielles)15. Contre l’avis du général de Gaulle101, il débarque le 29 janvier 1966 au Bourget102avec femmes et enfants103.Malgré les recommandations de son conseiller aux affaires africainesJacquesFoccart, le chef de l’État français envisage sérieusement de le renvoyer à Léopoldville103. Finalement, l’Abbé est envoyé en Espagne où le régime de Franco veut bien l’accueillir103.Afin qu’il subvienne à son existence, le contribuable français met à sadisposition 500 000 francs103.

Les coups d’État avortés et l’anathème

Pendant cetemps là, le Congo-Brazzaville ne connaît toujours pas la stabilité politique. Après les manifestations « pro-youlistes » de février 1964, les partisans de l’ancien régime tentent un coup de force le 14 juillet 1966 puis de nouveau enjanvier 196732. C’est finalement le capitaine marxiste MarienNgouabi qui évince Alphonse Massamba-Débat du pouvoir. À peine installé à la présidence, ce dernier dénonce des complots youlistes en février et novembre 1969 qui auraient été respectivement organisés par le capitaine Félix Mouzabakani (neveu de l’Abbé) et Bernard Kolelas104.Le 22 mars 1970, un coup d’Étatyouliste est perpétré par le lieutenant Pierre Kinganga ; il échoue et est abattu105.

FulbertYoulou est tenu pour responsable de tous les maux du pays par les régimessocialistes et révolutionnaires qui se succèdent105. Tout ce qui le rappelle est effacé105. C’est dans cette atmosphère que l’Abbé décède à Madrid le 5 mai 1972, d’unehépatite105.Immédiatement, les Lari exigent le retour de son corps afin de lui administrerles cérémonies funéraires nécessaires106. Le président de la République MarienNgouabiaccepte afin d’éviter que ne se reproduise un mouvement messianique à l’image dumatswanisme106. Le 16 décembre 1972, après que sadépouille a été exposée trois jours durant dans la cathédrale de Brazzaville, il est enterré dans son village natal de Madibou, sans aucune cérémonie officielle106. Sa mémoire a été réhabilitée à la Conférence nationale de 1991107.

Ouvrages

  • Le matsouanisme, Imprimerie centrale de Brazzaville, 1955, 11 p.
  • Diagnostic et remèdes. Vers une formule efficace pour construire une Afrique nouvelle, Éditions de l’auteur, 1956
  • L’art noir ou les croyances en Afrique centrale, Brazzaville, sans date
  • L’Afrique aux Africains, Ministère de l’Information, 1960, 16 p.
  • J’accuse la Chine, La table ronde, 1966, 253 p.
  • Comment sauver l’Afrique, Imprimerie Paton, 1967, 27 p.

Notes et références

  1. a, b, c, d, e et f Rémy Boutet, Les trois glorieuses ou la chute de Fulbert Youlou, Éditions Chaka, Collection Afrique contemporaine, 1990, p.62
  2. a, b et c Patrick Boman, Le Guide suprême : Petit dictionnaire des dictateurs, « Fulbert Youlou », Éditions Ginkgo, 2008, p.226
  3. Annuaire parlementaire des États d’Afrique noire, Députés et conseillers économiques des républiques d’expression française, Annuaire Afrique, 1962, p. 152
  4. a, b, c et d Rémy Boutet, op. cit. p.21
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Rémy Boutet. op. cit. p.45
  6. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.46
  7. a et b Florence Bernault, Démocraties ambiguës en Afrique centrale : Congo-Brazzaville, Gabon, 1940-1965, Éditions Karthala, 1996, p.168
  8. Florence Bernault. op. cit. p.170
  9. a et b Florence Bernault. op. cit. p.248
  10. Rémy Bazenguissa-Ganga, Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique, Éditions Karthala, 1997, p.53
  11. a, b et c Catherine Coquery-Vidrovitch, Histoire africaine du XXe siècle, Éditions L’Harmattan, 1993, p.163
  12. a, b, c, d, e et f Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.54
  13. a et b Florence Bernault. op. cit. p.245
  14. a et b Florence Bernault. op. cit. p.246
  15. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.47
  16. a, b, c et d Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.55
  17. a, b, c, d et e Florence Bernault. op. cit. p.240
  18. Jean Félix-Tchicaya, fiche biographique sur le site de l’Assemblée nationale
  19. a, b et c Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.56
  20. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.22
  21. Florence Bernault. op. cit. p.251
  22. Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.57
  23. Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.417
  24. Albert M’Paka, Démocratie et société civile au Congo-Brazzaville, Éditions L’Harmattan, 2007 p.97
  25. a et b Florence Bernault. op. cit. p.263
  26. a, b, c et d Florence Bernault. op. cit. p.264
  27. a et b Florence Bernault. op. cit. p.265
  28. a, b, c, d et e Florence Bernault. op. cit. p.278
  29. a et b Florence Bernault. op. cit. p.279
  30. a, b, c et d Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.62
  31. Gaston-Jonas Kouvibidila, Histoire du multipartisme au Congo-Brazzaville, v.1 : La marche à rebours 1940-1991, Éditions L’Harmattan, 2001, p.34
  32. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Philippe Decraene, Congo-Brazzaville, In Encyclopédie Universalis, Tome 4, Édition 1973, p.891
  33. a, b, c et d Florence Bernault. op. cit. p.280
  34. Rémy Boutet. op. cit. p.26
  35. a, b, c et d Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.63
  36. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.27
  37. Florence Bernault. op. cit. p.288
  38. a, b et c Florence Bernault. op. cit. p.285
  39. Florence Bernault. op. cit. p.287
  40. Florence Bernault. op. cit. p.283
  41. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.28
  42. Florence Bernault. op. cit. p.291
  43. a et b Florence Bernault. op. cit. p.293
  44. a et b Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.64
  45. a et b Florence Bernault. op. cit. p.299
  46. a, b, c et d Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.66
  47. a, b, c, d et e Florence Bernault. op. cit. p.308
  48. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.51
  49. Gaston-Jonas Kouvibidila. op. cit. p.43
  50. Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.418
  51. Florence Bernault. op. cit. p.344
  52. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.44
  53. Joseph Mbandza, Pauvreté et modèles de croissance en Afrique subsaharienne: le cas du Congo-Brazzaville (1945-2000), Éditions Publibook, 2004, p.142
  54. Gualbert-Brice Massengo, L’économie pétrolière du Congo, Éditions L’Harmattan, 2004, p.49
  55. Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch, Histoire économique du Congo 1881-1968, Éditions Anthropos, 1969, p.60
  56. Joseph Mbandza. op. cit. p.232
  57. Placide Moudoudou, Droit administratif congolais, Éditions L’Harmattan, 2003, p.155
  58. a et b Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.67
  59. Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.65
  60. Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.73
  61. Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.78
  62. a, b, c et d Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.111
  63. a et b Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.116
  64. a et b Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.98
  65. a et b Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.99
  66. Rémy Boutet. op. cit. p.50
  67. Rémy Boutet. op. cit. p.63
  68. Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch. op. cit. p.144
  69. a et b Gilles Sautter, Congo-Brazzaville, In Encyclopédie Universalis, Tome 4, Édition 1973, p.893
  70. a et b Joseph Mbandza. op. cit. p.144
  71. Joseph Mbandza. op. cit. p.145
  72. Pays du monde : Congo-Brazzaville, In Encyclopédie Bordas, Mémoires du XXe siècle, Édition 1995, Tome 17 « 1960-1969 »
  73. a et b Silvère Ngoundos Idourah et Nicole Dockes-Lallement, Justice et pouvoir au Congo-Brazzaville 1958-1992, Éditions L’Harmattan, 2001, p.44
  74. Rémy Boutet. op. cit. p.51-52
  75. a et b Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.68
  76. a et b Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.71
  77. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.55
  78. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.67
  79. Rémy Boutet. op. cit. p.65
  80. Rémy Boutet. op. cit. p.69
  81. Rémy Boutet. op. cit. p.82
  82. Rémy Boutet. op. cit. p.88-89
  83. Rémy Boutet. op. cit. p.90
  84. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.91
  85. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.93
  86. Rémy Boutet. op. cit. p.94
  87. Rémy Boutet. op. cit. p.103
  88. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.104
  89. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.111
  90. Rémy Boutet. op. cit. p.112
  91. Rémy Boutet. op. cit. p.116
  92. Rémy Boutet. op. cit. p.115
  93. Rémy Boutet. op. cit. p.121
  94. Rémy Boutet. op. cit. p.122
  95. a et b Rémy Bazenguissa-Ganga. op. cit. p.91
  96. Rémy Boutet. op. cit. p.126
  97. a et b Rémy Boutet. op. cit. p.141
  98. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.161
  99. Rémy Boutet. op. cit. p.162
  100. a, b, c et d Rémy Boutet. op. cit. p.163
  101. a et b Rémy Bazenguissa-Ganga. Rites et dépossessions. « Quand je vais à la chasse ou à la pêche, un président africain tombe ». Éditions Karthala, 2004. p.225
  102. « Youlou et les Chinois », Jeune Afrique, 12 février 1966.
  103. a, b, c et d Jacques Foccart, Journal de l’Élysée, Tome 1 : Tous les soirs avec de Gaulle (1965-1967), Fayard, Jeune Afrique, 1997, p.342
  104. Rémy Boutet. op. cit. p.168
  105. a, b, c et d Rémy Boutet. op. cit. p.169
  106. a, b et c Rémy Boutet. op. cit. p.170
  107. Philippe Moukoko, Dictionnaire général du Congo-Brazzaville, « Fulbert Youlou », Éditions L’Harmattan, 1999, p.378

Bibliographie

Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation •Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat

  • Rémy Boutet, Les trois glorieuses ou la chute de Fulbert Youlou, Éditions Chaka, Collection Afrique contemporaine, 1990 (ISBN 2907768050)
  • Florence Bernault, Démocraties ambiguës en Afrique centrale : Congo-Brazzaville, Gabon, 1940-1965, Éditions Karthala, 1996 (ISBN 2865376362)
  • Rémy Bazenguissa-Ganga, Les voies du politique au Congo : essai de sociologie historique, Éditions Karthala, 1997 (ISBN 2865377393)
  • Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch, Histoire économique du Congo 1881-1968, Éditions Anthropos, 1969 (ASIN B000WID61A)
  • Philippe Decraene. Congo-Brazzaville. In Encyclopédie Universalis. Tome 4. Édition1973. p.891-892