La voie COMILOG ou train Mbinda, historique et perspectives

La mine de manganèse de Moanda au Gabon

La mine de manganèse de Moanda au Gabon

Le Congo possède à l’heure actuelle deux lignes de chemin de fer.

290px-Railways_in_Congo.svgLa première, et la plus connue est le CFCO dont la construction dans les années trente fut à la fois un exploit technique et un effroyable drame humain, puisque près de 20 000 hommes y trouvèrent la mort.
La seconde provient d’une initiative privée.C’est la ligne COMILOG, construite dans les années cinquante pour permettre l’exportation du minerai de manganèse gabonais. 

Ce dernier ouvrage, presque abandonné depuis 1991 est sur le point de retrouver son lustre passé en raison de la mise en exploitation par deux sociétés distinctes de gisements de minerai de fer à proximité immédiate de la petite localité de Mayoko sise sur son tracé.

En 1954, la société franco-américaine COMILOG (Compagnie Minière de l’Ogooué), fondée l’année précédente, débute l’exploitation minière du manganèse sur le site gabonais de Moanda. Le gisement est profondément enchâssé dans la forêt tropicale, l’exportation du minerai pose un gros problème. La voie d’évacuation la plus proche est le chemin de fer Congo-Océan, distant de plus de 300km à travers un terrain difficile sur plus de la moitié de son développement.

Georges Perrineau

Georges Perrineau

George Perrineau (1912-1994 Ancien élève de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole des Mines de Paris) est chargé de concevoir et construire un moyen de transport entre la mine et le CFCO. Il décide de construire un téléphérique de Moanda au village de Mbinda au Congo. L’ouvrage est l’un des plus longs de ce type au monde, il parcourt 76 km, comporte 858 pylônes de 5 à 74m de hauteur et fonctionne 24h/24. De Mbinda une ligne de chemin de fer est construite jusqu’à Mont-Bello où passe le CFCO. Puis, les trains empruntent la voie ferrée existante jusqu’au port de Pointe-Noire.

La mine ouvre en 1957, le téléphérique est inauguré en 1959, le lien est achevé lorsque la branche ferroviaire, longue de 285 Km, est mise en service en 1962.

Vestiges du téléphérique COMILOG

Vestiges du téléphérique COMILOG

Le gouvernement gabonais souhaite maîtriser l’expédition de son minerai en conservant le transport sur son propre territoire et son embarquement au port d’Owando qui jouxte Libreville. En 1987, le chemin de fer Transgabonais est achevé. Il passe à Moanda à son PK619, c’est plus long mais le gabarit international de cette ligne la rend moins sujette aux déraillements que le CFCO qui est à voie métrique.

Franchissement de la Louessé par la ligne COMILOG

Franchissement de la Louessé par la ligne COMILOG

Le 5 septembre 1991, un train de marchandises composé de wagons, propriété du CFCO et tracté par une locomotive propriété de la COMILOG, entre en collision avec un train de voyageurs en gare de Mvoungouti. Le très lourd bilan de cet accident, 100 morts et 300 blessés est l’élément déclencheur de l’abandon par la COMILOG de sa solution congolaise.

La gare de MAkabana

La gare de Makabana

Le dépôt inntermédiaire

Le dépôt inntermédiaire

Le dépôt intermédiaire de Makabana de nos jours

Le dépôt intermédiaire de Makabana de nos jours

L’ensemble des installations de l’entreprise au Congo sont abandonnées. Le téléphérique, les dispositifs très importants de Mbinda, de Makabana et Pointe-Noire sont désaffectés entraînant de très nombreux licenciements dont le contentieux n’est à ce jour toujours pas réglé. Seule la ligne de chemin de fer et son matériel passent sous gestion CFCO avant d’y être intégrés (du moins ce qui en reste) au début des années 2000.

A l’heure actuelle la ligne ne sert guère qu’à l’entreprise forestière FORALAC et à un trafic voyageur très restreint avec un train mixte (voyageurs et fret) par semaine, montée le mardi en une dizaine d’heures de Mont-Bello à Mbinda, et descente le mercredi. Mais, la mise en exploitation, prévue pour 2013 d’un très important gisement de fer à Mayoko en deux permis distincts détenus par DMC d’une part et Congo Mining d’autre part devrait rendre vie a cette ligne, en assurer la modernisation et l’entretien ainsi que fournir un grand nombre d’emplois à ces régions sinistrées.

Ya Sanza

La plupart des illustrations proviennent du blog : Les Amis de Makabana monté par d’anciens expatriés de Makabana. On y trouvera de nombreuses photos d’époque montrant la qualité de la vie qui était la leur en ces lieux.