Le barrage du Djoué – La première usine hydro-électrique de l’A.E.F.

Construction du barrage de Djoué Août 1952

Construction du barrage de Djoué Août 1952

Le Djoué est un tout petit fleuve de 80 km de long dont le bassin versant ne mesure que 6.380 km². Néanmoins son débit est relativement abondant (module: 132,5 mVsec, soit 20,8 1/km²) et, en dépit d’une saison sèche déjà prononcée, régulier : le débit d’étiage est de 110 m3, le débit des crues annuelles, de 300 m3 ; le rapport des débits extrêmes n’est que de 1 à 4. Cette régularité remarquable pour un si petit fleuve et pour un climat déjà tropica! tient à l’existence de nombreuses sources par où s’écoulent les eaux infiltrées sur le plateau batéké. On ne possède pas encore de renseignements sur les débits solides, mais ils ne doivent pas être importants.

R Capot Rey – 1954

La première usine hydro-électrique de l’A.E.F. par R. Capot-Rey

On sait que les régions tropicales de l’Afrique possèdent avec leurs fleuves, leurs chutes et leurs lacs les réserves d’énergie hydro-électriques les plus considérables du monde; mais seule une fraction infime de ce potentiel est actuellement mise en valeur dans l’Afrique orientale et au Congo belge, notamment au Katanga. L’Afrique équatoriale française est entrée récemment dans la voie de l’équipement hydro-électrique; on a inauguré le 2 février 1954 sa première usine hydro-électrique située sur le Djoué, un peu en aval de Brazzaville. Une seconde du même genre, mais plus petite, est en construction près de Bangui.

Le Djoué est un tout petit fleuve de 80 km de long dont le bassin versant ne mesure que 6.380 km² Néanmoins son débit est relativement abondant (module: 132,5 m³/sec, soit 20,8 l/km2) et, en dépit d’une saison sèche déjà prononcée, régulier : le débit d’étiage est de 110 m³, le débit des crues annuelles, de 300 m³; le rapport des débits extrêmes n’est que de 1 à 4. Cette régularité remarquable pour un si petit fleuve et pour un climat déjà tropical tient à l’existence de nombreuses sources par où s’écoulent les eaux infiltrées sur le plateau batéké. On ne possède pas encore de renseignements sur les débits solides, mais ils ne doivent pas être importants.

Localisation du barrage.

Localisation du barrage.

L’aménagement comprend, à l’amont, un barrage-déversoir d’une longueur de crête de 1 88 m et d’une hauteur de retenue de 8 m (pour l’instant 6,50 m) dont les fondations sont établies sur les grès du Karrco, ceux-là mêmes qui déterminent les premiers rapides du Congo, une prise d’eau et une galerie d’amenée de 1 km qui conduit jusqu’aux ouvrages aval situés 25 m plus bas que le niveau de retenue normal. Ces ouvrages aval comprennent les cheminées d’équilibre, les conduites forcées, l’usine avec deux turbines d’une puissance de 10.500 CV, enfin un canal de fuite qui débouche dans un bras du Congo fermé maintenant par un barrage. Le débit aménagé au cours de la première étape est de 72 m³/sec ; au cours d’une seconde étape il pourra être porté à 144 m³/sec; la puissance disponible passera alors de 13.500 kW à 28.000 kW. L’usine est reliée à la centrale de Brazzaville par une ligne à 30.000 V et à la centrale de Léopoldville par une autre ligne de 30.000 V qui franchit le fleuve un peu en aval.

L’écoulement d’une pareille quantité d’électricité dans un pays peu peuplé et peu industrialisé posait un problème difficile. Il existe bien dans le voisincge de la centrale une agglomération urbaine, Brazzaville, capitale de toute la Fédération, mais cette capitale compte moins de 100.000 habitants : 5.000 Européens environ et 77.000 Africains à faible capacité de consommation. Il n’existe que quelques petites industries (tissage du coton, métallurgie, réparations de bateaux); dans l’hinterland le plateau batéké est désert. Au contraire, sur la rive belge, Léopoldville, capitale d’un immense territoire qui possède des ressources variées et dont la mise en valeur a précédé celle de l’A.E.F., atteint presque 300.000 habitants (dont 20.000 Européens) avec une banlieue industrielle très développée. C’est là que se trouve provisoirement le principal débouché de la centrale du Djoué puisque Léopoldville absorbe en pointe 70.000 kW contre 2.800 pour Brazzaville. Mais Léopoldville ne prend rien pendant la nuit, de sorte que la turbine tourne alors pour satisfaire à la seule demande de Brazzaville : 600 kW pendant la nuit. En outre les Belges ont commencé à équiper leurs chutes et dans deux ans ils ne prendront plus rien. II faudrait que d’ici-là l’usine ait pu s’ouvrir de nouveaux débouchés. Or on n’aperçoit pas de clients dans un rayon de 300 km autour de la capitale. Le chemin de fer du Congo-Océan, depuis qu’il est équipé en locomotive Diesel, suffit au trafic local et au trafic de transit : importations d’essences à destination de l’Oubangui, exportations de coton et d’arachides de l’Oubangui et, depuis quelques mois, de cuivre du Katanga vers la France en vertu d’un accord récent portant sur 20.000 tonnes par an. Une industrie métallurgique est susceptible d’être créée en Afrique équatoriale, le jour où aura commencé l’exploitation des mines de manganèse du Gabon, mais dans ce cas elle s’installera plus près des mines, probablement sur le Niari qui sera lui-même aménagé peur la production de courant. La solution pourrait être cherchée du côté de l’industrie chimique. Une usine d’engrais azotés utilisant l’azote de l’air servirait en même temps au développement agricole des terres si pauvres du Moyen Congo.

R Capot Rey – 1954

Vue aérienne du barrage

Vue aérienne du barrage


Djoué 3

 

 

Le barrage du Djoué © visoterra.com

Le barrage du Djoué
© visoterra.com

 

Hôtel sur fond du barrage de Djoue © visoterra.com

Hôtel sur fond du barrage de Djoue
© visoterra.com

 

Barrage du Djoué vu de Makélékélé © Congopage.com

Barrage du Djoué vu de Makélékélé
© Congopage.com

 

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