Le cimetière des éléphants – Ces défunts qui ont modelé le Congo d’aujourd’hui

Cet article ne peut en aucune manière être exhaustif, il est évolutif et va s’enrichir au fil du temps. Vous pouvez nous faire des propositions d’incorporation.
Nous publions une photographie et une brève biographie des personnages cités avec, le cas échéant, un lien vers un article DMCARC plus complet. (cliquer sur le nom en rouge)

Le classement est empirique, nous avons décidé de le faire dans l’ordre chronologique des naissances, ce qui bien évidemment ne correspond à aucune réalité politique.

André Matswa (1899 – 1942)

Né en 1899, dans la région du Pool, André Matswa reçoit une formation catholique et devient cathéchiste comme Simon Kimbangu avec lequel il possède quelques points communs. Employé des douanes, il se rend en France métropolitaine pour, peu de temps après, s’engager dans les Tirailleurs sénégalais. Il sert pendant la Guerre du Rif et la termine comme sous-officier.
Comptable à l’hôpital Laennec, il suit des cours du soir. Il fonde à Paris, en juillet 1926, l’Amicale des originaires de l’Afrique-Équatoriale française, destinée à « secourir les Noirs libérés du service militaire en France », société d’entraide très classique qui met en avant des objectifs éducatifs et surtout se défend de toute prise de position politique.
Matswa, qui assiste à plusieurs manifestations organisées par le Parti communiste français, participe au développement de syndicats africains et en vient peu à peu à dénoncer les abus de la situation coloniale. De retour en Afrique, il est à de multiples reprises emprisonné par l’administration coloniale. Arrêté en 1929, il est condamné à la déportation au Tchad, à la prison à Mayama, où il meurt en 1942.

Jean-Félix Tchicaya (1903 – 1961)

En 1945, il est élu le premier député congolais (pour le Moyen-Congo et le Gabon), à l’Assemblée constituante de Paris. Il siège à l’Assemblée nationale jusqu’à la fin de la IVeRépublique. Il fonde le Parti progressiste congolais (PPC) en 1946, section congolaise du Rassemblement démocratique africain (RDA).

Il est le père du poète Tchicaya U Tam’si.

Jacques Opangault (1907 – 1978)

Né à Boundji, il fait des études dans le cadre d’une école missionnaire catholique puis devient clerc dans l’appareil judiciaire en 1938. Il entre en politique après la seconde Guerre mondiale et devient le président fondateur du MSA (Mouvement socialiste africain) affilié à la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière). En 1946 il est élu à l’assemblée territoriale mais échoue à entrer à l’Assemblée nationale française. En mai 1957 il est élu chef de gouvernement sous le titre de « vice-président du conseil gouvernemental »1. Le 28 novembre 1958 le jour de la proclamation de la République lors d’une séance de l’assemblée territoriale, il est remplacé par Fulbert Youlou. Suite aux émeutes déclenchées par ses partisans il est arrêté en février 1959 puis relâché en aout 1959. Il est nommé ministre d’état dans le gouvernement de Fulbert Youlou en 1960. Il est vice-président en 1961 et est nommé au poste de ministre des travaux publics en 1962. Il est de nouveau arrêté en août 1963 après le départ de Youlou. A son élargissement de prison il quitte la politique et meurt à Brazzaville le 20 août 1978.

Stéphane Tchitchelle (1915 – 1984)

tchitchelleStéphane Tchitchelle est né à N’Gaya (Hinda) près de Pointe-noire le 12 janvier 1915. Après ses études à l’école catholique de Loango, il est recruté au CFCO alors en construction, 1930. Il y gravira tous les échelons jusqu’à celui de Directeur Honoraire en 1973, à la veille de son départ à la retraite, en décembre 1974.

  • 1er Maire élu de la ville de Pointe-Noire ( 30 mars 1957-14 aout 1963) et Député du Kouilou ( 30 mars 1957-14 aout 1963)
  • Gouvernement Opangault J. : Ministre des Affaires Sociales, Travail, Santé, Habitat, service social .( 6 juin 1957- 28 novembre 1958)
  • Gouvernement Youlou : Ministre de l’intérieur ( 28 novembre 1958 02 juillet 1959), Vice-Président du conseil, Ministre de l’intérieur, délégué du premier Ministre à pointe-noire( 3 juillet 1959- 12 août 1960), Vice-président du conseil, ministre de l’intérieur, chargé du ministère des affaires étrangères ( 13 août 1960- 10 janvier 1961), 1er Vice Président du Conseil des Ministres, Ministres des Affaires Etrangères ( 11 janvier 1961- 5 avril 1962), Ministre des Affaires Etrangères ( 6 avril 1962- 14 août 1963), Vice-Président de la République, ministre des Affaires Etrangères ( 25 juin 1962- 14 août 1963)

Fulbert Youlou (1917 – 1972)

Fulbert Youlou en 1963.Premier président de la République du Congo de 1959 à 1963.

L’abbé Fulbert Youlou est l’un des personnages les plus controversés du Congo-Brazzaville, à tel point que durant des décennies, il fit l’objet d’un anathème dans son pays. Pourtant, à ses débuts, celui qu’on appelait l’« Abbé » était apparu à ses concitoyens comme une sorte d’homme providentiel. C’est lui qui, en août 1960, avait conduit son pays à l’indépendance. Lui qui, en décembre 1960, avait organisé une grande conférence intercontinentale à Brazzaville, au cours de laquelle il vanta les bienfaits du libéralisme économique et condamna le communisme. Trois ans plus tard, la prospérité économique n’était toujours pas au rendez-vous, alors que le gouvernement déployait un faste insolent. Youlou le « modéré » décevait. Sa décision d’imposer en août 1963, le monopartisme en emprisonnant les dirigeants syndicaux fut l’élément déclencheur de la révolution des « Trois Glorieuses ». La France refusa, alors, d’aider ce chef d’État africain que le couple de Gaulle méprisait.

Ne disposant quasiment plus d’aucun soutien, cet ancien prêtre quitta le pouvoir et laissa derrière lui l’image d’un président de la République excentrique, autoritaire et corrompu.

Pierre Goura (1917 – 1996)

Pierre Goura, homme d’Etat respecté et discret, fut d’abord un compagnon de lutte politique du député Jean FELIX TCHICAYA, premier parlementaire du Moyen-Congo et du Gabon à l’Assemblée Nationale Française, au sein du PPC (Partie Progressiste Congolais) alors Section locale du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) au Moyen Congo.
Il rejoindra l’Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africain (UDDIA) de l’Abbé Fulbert Youlou,
Ministre d’Etat sans attribution en 1958, Pierre GOURA sera ministre des finances de l’indépendance à la chute du régime de la première République (1960-1963). Il sera incarcéré, jugé, et condamné à la peine de 2 ans de prison ferme par le « Tribunal Populaire » institué en 1965, par le MNR (Mouvement National de la révolution) présidé par Alphonse Massamba-Debat.

  • Premier Maire autochtone élu de la ville de Dolisie
  • Premier argentier noir de l’histoire du Congo indépendant
  • Premier député de la Bouenza-Louesse (Sibiti-Komono-Zanaga)
  • Grand Conseiller Fédéral de l’AEF P/C du Moyen-Congo
  • Sénateur de la communauté AEF au Parlement Français

Alphonse Massamba-Débat (1921 – 1977)

Président de la République du Congo de 1963 à 1968. Formé à l’école des cadres de l’Afrique équatoriale française.
Membre du PPC de Félix Tchicaya, il adhère en 1956 à l’UDDIA. Elu député en 1959 il est aussi élu président de l’assemblée. En 1961 il est ministre du plan puis président de l’assemblée début 1963.
A la chute du président Fulbert Youlou le 15 Août 1963, le pouvoir lui échoit conformément à la constitution. Il fait voter une constitution instituant un parti unique le 8 décembre 1963  et le 19 décembre, Massamba Débat est élu à l’élection présidentielle. Massamba-Débat fait pencher le pays vers le socialisme scientifique, qu’il acclimatera en “socialisme bantou”.
C’est dans ce contexte que la milice politique appelé la Défense Civile et l’organisation de jeunesse du parti unique, la JMNR auront les mains libres pour commettre des exactions, dont le point culminant sera l’assassinat en février 1965, de trois personnalités dont les positions ne sont pas du goût du pouvoir : Lazare Matsocota,  Anselme Massouémé et l’abbé Joseph Pouabou. Ces premiers assassinats politiques de l’histoire du Congo connaitront un procès à huis clos en 1969 sans apporter réellement la lumière sur leurs véritables auteurs.
Néanmoins, Massamba-Débat brillera particulièrement en économie. Il s’engagea dans l’assainissement des finances et l’industrialisation du pays comme nul l’a fait avant ni après lui. Celui-ci qui laissa une réputation de gestionnaire rigoureux et à l’extrême de l’honnêteté, souvent très anecdotique. Mais la terreur du régime le rend impopulaire et c’est sans difficulté que le Capitaine Marien Ngouabi s’empare du pouvoir militaire, et, constatant que Massamba Débat manque de soutien, le pousse à la démission.
En 1977, quelques heures après l’assassinat de Marien Ngouabi, il est arrêté à son domicile, torturé et exécuté une semaine plus tard.

Simon-Pierre Kikhounga-Ngot (1922 – 2015)

KNCommis des services administratifs et financiers, il débute dans le syndicalisme en 1949, et devient le président d’un mouvement syndical affilié à la CGT, la CGAT. Par la suite, il est élu conseiller territorial, et rejoint en 1952 le MSA (Mouvement socialiste africain) de Jacques Opangault, comme vice-président du mouvement. En 1957, il est élu député du Parti populaire congolais (PPC) à l’assemblée territoriale dans le cadre de la loi-cadre de l’Outre-mer.

En 1960, il devient ministre des Affaires Économiques, et des Eaux et forêts du Congo indépendant, puis ministre du Travail en 1963, jusqu’au renversement de Fulbert Youlou. En 1968, il fait partie du Conseil national la Révolution de Marien Ngouabi, et devient ministre de l’Économie et du Plan.

En 1991, durant la Conférence nationale, il est élu troisième vice-président du présidium. Il cofonde l’Union panafricaine pour la démocratie sociale, dont il est le premier secrétaire général, avant d’être remplacé par Christophe Moukouéké.

De 1992 à 1997, il est maire de la ville de Dolisie (Loubomo)

Émile Biayenda (1927 – 1977)

Le soir du 22 mars vers 17h, un véhicule Land Rover s’arrête devant la résidence du Cardinal. Deux hommes en descendent et communiquent au Cardinal que le Comité Militaire du Parti désire l’entendre. Le cardinal monte à bord de leur véhicule, qui prend la direction de l’État-major de l’armée… L’abbé Louis Badila qui suivait la Land Rover, fait le témoignage suivant, que les lecteurs peuvent retrouver dans le livre d’Adolphe Tsiakaka « Émile Biayenda, grandeur d’un humble » Éditions du Signe, 1999. Pages 137 à 139 :  » A ce moment descend de l’État Major, à toute allure, une voiture noire. Une 504. A la vue de la Land Rover dans laquelle se trouve le Cardinal, elle fait volte-face. L’homme qui s’y trouve fait signe au soldat en recherche de soi disant renseignements sur le lieu de rendez-vous. Il lui parle. De quoi s’est-il agi ? On le saura quand ce soldat dictera à son complice, le conducteur, de prendre direction de Mpila. Je tente de les poursuivre. Mais l’embouteillage des voitures leur donnera de l’avance sur moi. Je les perds de vue… » Plus tard dans la nuit, les autorités du Comité Militaire du Parti annoncent à l’Abbé Louis Badila, Vicaire général, l’assassinat du Cardinal par ceux qui l’avaient enlevé. Nul ne sera jamais inquiété.

Charles David Ganao (1928 – 2012)

Ce diplomate de carrière au grade de ministre plénipotentiaire, a commencé sa carrière de fonctionnaire comme instituteur. Diplômé de l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) de Mouyondzi, et de l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud (France), David Ganao a été de 1950 à 1959, instituteur régional de l’enseignement et inspecteur délégué de l’enseignement primaire. Il passe brillamment le concours de formation à la carrière diplomatique au Quai d’Orsay (Paris) et devient un des premiers diplomates du Congo indépendant en 1960. Ainsi, David Charles Ganao occupe respectivement les fonctions de directeur des affaires politiques et des organisations internationales au ministère congolais des affaires étrangères de 1961 à 1963.

De 1963 à 1969, il est ministre des affaires étrangères, de la coopération, de l’information, de l’aviation civile et du tourisme, avant d’être nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la Confédération helvétique (Berne) et représentant permanent auprès des organisations du Système des Nations Unies à Genève de 1969 à 1971. Il redevient ministre des affaires étrangères et de la coopération entre 1973 et 1975. Sur le plan international, il a occupé respectivement les fonctions de directeur des Nations Unies chargé des territoires coloniaux et sous tutelle en 1971; ambassadeur représentant résident de l’ONU en Haute Volta (actuel Burkina Faso) en 1972. Ensuite, il est nommé directeur de l’ONU, secrétaire exécutif adjoint de la CEA de 1976 à 1979. De 1979 à 1985, il occupe le poste de directeur de l’ONUDI, chargé des relations extérieures, de l’information, du secrétariat, des ONG et des services des conférences.

Ayant fait valoir ses droits à la retraite en 1986, ce fonctionnaire international aura accumulé l’expérience nécessaire aux plans national et international. Ainsi, c’est sur base de cette expérience qu’il sera nommé en août 1996 premier ministre du président Lissouba en remplacement de Jacques Joachim Yhomby-Opango. Il a participé activement à la Conférence Nationale Souveraine de 1991 et a fondé l’Union Des Forces Démocratiques (UFD). Il fut député de Djambala dans les Plateaux.

Lin Lazare Matsocota (1931 – 1965)

Lin Lazare Matsocota naît en 1931. Après ses études secondaires à Brazzaville, il étudie le droit en France. Militant de la FEANF, il occupe le poste de Président de l’Association des étudiants congolais en France (AEC). Titulaire d’une maîtrise de droit, il rentre au Congo et est nommé Procureur de la république au début des années soixante.
Après la chute du Président Youlou, son cousin, en 1963, il décline le poste de Ministre de la Justice que lui propose le Chef du gouvernement provisoire Alphonse Massamba-Débat.
Magistrat brillant et orateur exceptionnel, il est rapidement perçu par les partisans de l’ancien président Youlou, comme l’alternative au régime de Massamba-Débat. Lui-même cultive cette position. L’hostilité du régime à son encontre est exacerbée par des rivalités amoureuses.
Dans la nuit du 14 au 15 février 1965, sur ordre du Groupe de Mpila, il est enlevé à son domicile par une escouade de la milice politique et assassiné en même temps que Joseph Pouabou et Anselme Massoueme, sur le prétexte d’une conspiration visant à renverser le régime.

Bernard Kolélas (

L’ancien Premier ministre Bernard Kolelas a été condamné à mort par contumace vendredi, par le tribunal de Brazzaville. Il a été reconnu coupable de multiples crimes, notamment de torture et de viol de prisonniers pendant la guerre civile qui a duré cinq mois en 1997.

Bernard Kolelas était alors allié au président de l’époque, Pascal Lissouba, attaqué par les milices Cobras de son prédécesseur, Denis Sassou-Nguesso. Phillipe Bikinkita, ancien ministre de l’Intérieur et neveu de Bernard Kolelas, a également écopé de la peine capitale dans le même dossier.

Les deux condamnés, qui se sont en outre vu infliger des amendes de 50 000 à 160 000 dollars américains à verser à leurs 20 victimes, vivent en exil aux États-Unis. (5 mai 2000)

Ambroise Édouard Noumazalaye (1933 – 2007)

Lors du congrès constitutif du Mouvement National de la Révolution (MNR) 29Juin – 2Juillet 1964, Noumazalaye a été élu en tant que Premièr Secrétaire général. Suite à la démission du Premier ministre Pascal Lissouba, en avril 1966, Noumazalaye lui succède à la tête d’un gouvernement approuvé par le MNR, dans lequel Noumazalaye est également ministre de la Planification. Il a été Premier ministre jusqu’au 12 Janvier 1968, lorsque le Président Massamba-Débat décide de supprimer cette fonction.
En 1968, Noumazalaye est membre du Conseil National de la Révolution (CNR) en tant que Secrétaire en charge de l’organisation. Il est exclu du CNR en Décembre 1968. Il rejoint le Bureau politique du PCT au pouvoir lorsqu’il il est élargi de huit à dix membres lors du congrès extraordinaire du parti de 1970.
Suite au coup d’Etat manqué d’Ange Diawara contre le président Marien Ngouabi (22 Février 1972), Noumazalaye est l’une des personnes arrêtées, il a été condamné à mort avec 12 autres personnes le 25 Mars 1972, mais Ngouabi a commué la peine en prison.
Plus tard en 1984 , sous la présidence de Sassou Nguesso, Noumazalaye est élu au Comité central du PCT et est également nommé ministre de l’Industrie et de l’Artisanat en août 1984. Il est élu Secrétaire général du PCT lors du quatrième Congrès extraordinaire Décembre 1990. Après le premier tour de l’ élection présidentielle de1992, Noumazalaye, représentant le PCT, signe un accord avec l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). Toutefois, après la victoire de Pascal Lissouba, le PCT entre dans l’opposition considérant avoir été lésé dans le partage des portefeuilles. Durant la présidence de Lissouba, de 1992 à 1997, Noumazalaye est Secrétaire général de l’Union des forces démocratiques d’opposition (FDU), coalition qui a soutenu Sassou Nguesso.
Après le retour de Sassou Nguesso au pouvoir en 1997, Noumazalaye est élu sénateur de la Likouala en 2002 et lorsque le Sénat ouvre le 10 août 2002, Noumazalaye est élu à sa présidence. Il a occupe ce poste jusqu’à sa mort cinq ans plus tard.

André Milongo (1935 – 2007)

Didier_MilongoAndré Milongo a obtenu une maîtrise de l’université de Nancy, puis étudie à l’ENA.

Il a été fonctionnaire de la Banque mondiale, fondateur de l’Union pour la démocratie et la république (UDR-Mwinda), Premier ministre de la période de transition entre 1991 et 1992, président de l’Assemblée nationale et membre du Conseil national de transition (CNT).

Il se présente comme candidat à la présidence en 1992, où il termine quatrième après Pascal Lissouba, et de nouveau en 2002 comme principale candidat de l’opposition face à Denis Sassou Nguesso mais se retire moins de 48 heures avant le scrutin estimant que « les conditions de transparence du scrutin n’étaient pas garanties »

Jean-Pierre Thystère Tchicaya (1936 – 2008)

Jean-Pierre Tystère Tchicaya aura su, mener une longue vie politique en se plaçant toujours sous le bon vent. Maintes fois il changera de camp en prenant bien garde de ne jamais trop se brouiller avec le pouvoir en place.

Très apprécié à Pointe-Noire et surtout en son fief électoral de Mvoumvou, il y demeure près de sept ans après sa disparition une icône qui a fait élire son fils Jean-Marc à la députation, sans qu’il ait la moindre expérience politique.

Curieusement, son électorat le voit en opposant au régime Sassou, au point que lors de ses obsèques, il a hué le président de la République qui n’a pas pu assister à la mise en terre.

Marien Ngouabi ( – 

Président de la République du Congo (puis de la République populaire du Congo) du à sa mort.
« Du haut de la résidence présidentielle, assis sur l’une des terrasses principales qui offrent une vue merveilleuse sur le fleuve Congo, je me suis senti profondément touché par un spectacle pourtant régulier et monotone propre à l’Afrique noire, à toute l’Afrique tout simplement. Ce spectacle me bouleverse parce que, en tant que responsable politique et cadre de ce pays, le Congo, je me trouve directement concerné par ce que j’observe. Je ne suis pas dans l’arrière-pays, je me trouve à Brazzaville, capitale de la République Populaire du Congo. Je suis dans une ville des plus agitées de l’Afrique, une ville où très tôt, dès 1963, les masses populaires ont osé braver les canons de l’impérialisme pour décider elles-mêmes de leur propre histoire, l’histoire de leur pays. Je suis à Brazzaville où, depuis bientôt huit ans, le socialisme scientifique n’est plus un vain mot, une doctrine inconnue de notre peuple, et mieux de notre jeunesse intellectuelle dynamique et révolutionnaire. Mais ce spectacle me hante tellement aujourd’hui que je suis obligé de commencer d’écrire précocement l’expérience de notre Révolution, ce qu’a été notre Révolution, et ce que pourra et doit être notre Révolution. En face de moi, pendant que j’écris, il y a des femmes, des femmes paysannes qui sont là, depuis des heures, au bord du fleuve Congo, coupe-coupe et houe à la main, fatiguées mais laborieuses. Des femmes qui travaillent pour se nourrir, pour s’habiller, pour vivre, pour faire l’histoire du Congo, l’histoire d’une étape de notre Révolution, l’histoire d’une Afrique exploitée. Elles sont là dès les premières heures de la journée, avec tous leurs enfants et même leurs tout petits enfants. Elles transforment la nature, elles créent, elles travaillent pour la production. Il y a aussi quelques hommes affairés pour la même besogne et tous ici, dans notre capitale, font bien partie de la paysannerie pauvre qui est la couche la plus importante de notre société. Je me suis rendu compte qu’il y a une grande différence entre ce que je veux et ce que j’obtiens, entre ce que je dis et ce qui se fait réellement ou concrètement. Je me suis rendu compte et je me rends de plus en plus compte qu’il risque d’exister un vide entre les directives et l’exécution, entre la théorie et la pratique » Marien Ngouabi, Samedi

Ernest Kombo (1941 – 2008)

komboNé dans une famille nombreuse – cinquième garçon d’une famille de huit enfants – Ernest Kombo fait des études au petit séminaire Saint-Paul de Mbamou et obtient le baccaulauréat, avant d’entrer au grand séminaire Libermann de Brazzaville en 1965. Il n’y reste qu’une année, car, le 14 octobre 1965, il commence son noviciat jésuite à Aix-en-Provence. Il étudie ensuite à Chantilly de 1967 à 1969, à Douala de 1969 à 1971, puis suit parallèlement des études de théologie et d’économie à Lyon.

Le 8 juillet 1973, il est ordonné prêtre par le cardinal Émile Biayenda dans la basilique Sainte-Anne-du-Congo, à Brazzaville ; il prononce ses vœux définitifs dans la Compagnie de Jésus le 23 novembre 1980. De 1976 à 1983, tout en assurant son ministère de prêtre, Ernest Kombo est fonctionnaire au Centre national de gestion (Cenages).

Nommé premier évêque du diocèse de Nkayi le 6 décembre 1983, il reçoit l’ordination épiscopale des mains du pape Jean-Paul II le 6 janvier 1984, avant d’être intronisé à Nkayi le 25 mars de la même année. Il est ensuiteadministrateur apostolique du diocèse de Pointe-Noire, puis évêque d’Owando (19 juillet 1990). Mgr Kombo a également été président de la Conférence épiscopale nationale de 2003 à 2006.

Il intervient au moment de la transition démocratique de 1991-1992 en République du Congo, est élu président du présidium de la Conférence nationale le 13 mars 1991, puis président du Conseil supérieur de la République le 6 juin 1991. Il retourne ensuite à Owando pour assumer sa charge d’évêque, et jusqu’à son décès – survenu à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, le 22 octobre 2008 après une longue maladie. Mgr Nkombo donnait de temps à autres son avis sur le contexte politique congolais, en particulier en défendant l’héritage de la Conférence nationale, et s’était montré en plusieurs occasion critique à l’égard du régime en place, en particulier lors des obsèques de Mgr Batantu, archevêque émérite de Brazzaville, le 4 mai 2004.

 Ange Diawara (1942 – 1973)

Diawara se met en 1964 au service de la Révolution Congolaise. Il intègre la Jeunesse du parti unique, la JMNR et devient membre de la Défense Civile, la garde présidentielle civile du régime de Massamba-Débat. Durant le bras de fer entre le président Massamba-Débat et les officiers, conduits par le capitaine Ngouabi, en , il opte pour le second camp. Son ralliement permet de désamorcer l’affrontement entre la Défense Civile, pro-Massamba-Débat, et l’armée.

Il devient premier vice-président du Conseil National de la révolution, mis en place le 4 août 1968. Il est également membre du Conseil d’état. Après la chute de Massamba-Débat, la Défense Civile est dissoute et ses éléments reversés dans l’Armée Populaire Nationale. Diawara devient Lieutenant dans l’armée de terre.

Membre du Bureau Politique du PCT, Ange Diawara en est l’une des grandes figures de l’aile gauche, avec Claude-Ernest Ndalla et Ambroise Noumazalaye. Après le putsch manqué du lieutenant Kinganga, il entre au gouvernement comme ministre du Développement chargé des Eaux et Forêts. Rapidement, il se démarque de l’entourage de Marien Ngouabi, dont il fustige l’embourgeoisement, la corruption et les tendances au népotisme.

En , Diawara échoue à une tentative de mise ne minorité de Marien Ngouabi  lors de la session extraordinaire du Comité Central du PCT, convoquée suite aux grèves estudiantines de . Il perd sa place au gouvernement et au Conseil d’état.

Le , il prend la tête d’un putsch contre le président Ngouabi. La tentative qui sera baptisée Mouvement du M22 échoue, et certains conjurés perdent la vie, Prosper Matoumpa-Mpolo, Elie Itsouhou, Franklin Boukaka… Plusieurs sont arrêtés, Noumazalaye, Ndalla, Bongou, Kimbouala-Nkaya… Diawara et quelques rescapés prennent le maquis à quelques dizaines de kilomètres de Brazzaville, dans les environs de Goma Tse-Tse, village natale de sa mère dans la région du Pool. En avril 1973, Diawara et treize de ses compagnons, dont le Lieutenant Ikoko, Olouka et Bakekolo, sont capturés et abattus.