Geographie : Les principaux fleuves et rivières de la république du Congo

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Carte des bassins versants de la république du Congo © Ya Sanza

Bassin du fleuve Congo

Le fleuve Congo borde la République du Congo sur 600 km environ et son affluent l’Oubangui sur 500 km. La superficie des bassins-vsangha.jpgsangha.jpgersants des affluents situés sur le territoire de la République du Congo ne représente que le sixième de la superficie totale du bassin du fleuve Congo (3,7 millions de Km2). Le fleuve Congo n’est pas équatorial seulement par son abondance, mais aussi par la relative régularité de son régime, qui présente à Brazzaville deux maxima annuels, l’un principal en décembre, l’autre secondaire vers mai, qui encadrent un étiage majeur au début d’août et un autre moins prononcé en mars.

Bassin Congo

Affluent Oubangui

Après le passage rapide de Zinga, le cours de l’Oubangui au Congo est une succession de biefs parsemés d’îles divaguant lentement vers l’aval et de bancs de sable qui sont un obstacle constant à la navigation en basses eaux. Le fleuve est bordé sur ses deux rives de bourrelets de berge important couverts d’une forêt épaisse, inondable une bonne partie de l’année. Les communications entre des fleuves voisins existent à partir des drains naturels ou des canaux aménagés par l’homme. Son régime hydrologique est un exemple de régime tropical humide avec, à Bangui, un maximum en septembre, octobre et un étiage en mars-avril.

Autres affluents de la rive droite du fleuve Congo

On oppose en général les affluents « nord » du fleuve (Likouala aux herbes, Sangha et Likouala Mossaka) à ses affluents « sud » (Alima, Nkéni, Léfini, Djoué et Foulakari)

A- Ensemble « nord »

La Likouala aux herbes ©Yann Arthus Bertrand

La Likouala aux herbes
©Yann Arthus Bertrand

– La Likouala aux herbes : Cette rivière est très particulière, puisque pendant la période des hautes eaux, son bassin versant est presque entièrement inondé. A Epéna le bassin atteint 11 300 km², presqu’entièrement couvert par une forêt dense inondée six mois sur douze. A l’aval d’Epéna sur plus de 530 km, la Likouala est une succession de méandres plus ou moins anastomosés au milieu d’une savane inondable large de plusieurs dizaines de km, bordée au loin par la forêt ombrophile inondable. La Likouala débouche par un véritable delta à la fois sur la Sangha et le Congo. Les différents bras, d’origine naturelle ou anthropique, évoluent au fil des crues. Le régime de la Likouala présente en amont des crues en novembre-décembre (Epéna) et des étiages en mars. Plus en aval (Botouali), le régime acquiert une nette tendance équatoriale, en conservant une crue principale en novembre, tandis qu’apparaît un premier pic en juillet. L”étiage principal se situe toujours en mars. Entre la Likouala aux herbes et son affluent la Bali, à la même latitude qu’Epéna, se trouve un lac de forme circulaire (5 km sur 6), le lac Télé, dont l’origine apparemment récente divise la communauté scientifique. Ce bassin versant inondé en grande partie de l’année, s’explique par l’extrême modicité des modules, des débits de crue et des étiages spécifiques. Le module inter-annuel passe de 89 à 299 m3/s d’Epéna à Botouali, pendant que les modules spécifiques passent de 7,8 à 12,1 l/s/km².

– La Sangha : sangha.jpgEn fait, comme, l’Oubangui, la grande partie de ce cours d’eau se situe en dehors du Congo. La branche majeure de la Sangha supérieure est la haute Mambéré qui prend sa source à plus de 1 100 m d’altitude sur la frontière entre la Centrafique et le Cameroun, à 650 km en amont de Ouesso, au pied d’un des derniers contreforts sud de l’Adamaoua. Entre Ouesso et le Congo, en aval de son confluent avec le Dja/Ngoko, la Sangha ne reçoit plus d’affluents importants, mais draine sur plus de 400 km un bassin intermédiaire important compris entre la Likouala Mossaka et la Likouala aux herbes, où se forment des liaisons navigables pendant les hautes eaux. A son confluent deltaïque avec le Congo, la Sangha draine un bassin versant de 240 000km². Son module inter-annuel est de 1 714m3/s à Ouesso, avec un débit spécifique de 10,8 l/s/km² et un coefficient d’écoulement de 22,1%.

– La confluence avec le Dja-Ngoko : D’importance presque comparable à la Sangha en superficie drainée, la Ngoko rejoint la Sangha (rive droite) à quelques km en amont de Ouesso et forme avec elle une puissante rivière jusqu’au fleuve Congo. Le régime du Dja-Ngoko à Ngbala est bimodal, caractéristique d’un régime équatorial de transition, avec une crue secondaire en juin. L’étiage est situé en février. Le module inter-annuel atteint 427m3/s à Ngbala, avec un débit spécifique 11,1 l/s/km² et un coefficient d’écoulement 22,7%.

– La Likouala Mossaka : Cette importante rivière et ses principaux affluents (Mambili et Kouyou) prennent leurs sources sur les reliefs qui délimitent la frontière entre le Congo et le Gabon sur 250 km. Son bassin est entièrement congolais. D’importantes zones de savanes existent aussi, au milieu de la grande forêt. Plus en aval, la Likouala et ses deux affluents symétriques : la Mambili au nord et le Kouyou au sud, prennent un faciès caractéristique des rivières de la Cuvette. On a d’importantes zones de forêts inondables et de prairies flottantes, avec des berges basses exceptionnellement exondées. Ces trois rivières ont un régime bimodal avec des hautes eaux symétriques en mai et novembre et un étiage en août. Leurs modules inter-annuels sont de 231 m3/s pour la Likouala Mossaka à Makoua, 241 m3/s pour le Kouyou à Linnéngué et 182 m3/s pour la Mambili à Yengo. Les débits spécifiques correspondants sont de 16,4, 22,4 et 15,2 l/s/km² et les coefficients d’écoulements de 29,7, 39,7 et 28,8%, ce qui montre l’influence croissante vers le sud des aquifères des sables Batéké.

B- Ensemble « sud »

L'Alima à Oyo ©Yann Arthus Bertrand

L’Alima à Oyo
©Yann Arthus Bertrand

– L’Alima : Cette rivière puissante montre déjà la régularité caractéristique des rivières issues des aquifères des sables Batéké. Le régime de l’Alima présente une pointe de crue principale en novembre et une pointe secondaire en mai, mais la variabilité saisonnière des débits est faible. Le module inter-annuel à Tchikapika est de 607 m3/s, avec un débit spécifique de 39,6 l/s/km² et un coefficient d’écoulement de 50,4%.

– La Nkéni : Elle prend sa source sur le plateau de Djambala à 600 m d’altitude. Elle draine les plateaux de Djambala et de Nsa, avec un réseau hydrographique régulier en arête de poisson. Son régime typique des plateaux Batéké est particulièrement régulier et masque quasi complètement sa nature équatoriale d’origine. Son module inter-annuel à Gamboma est de 208 m3/s, son débit spécifique de 33,5 l/s/km² et son coefficient d’écoulement de 56,5% montrent la nature Batéké de son régime hydrologique.

– La Léfini : Autre rivière caractéristique des plateaux Batéké, la Léfini prend sa source à 600 m d’altitude sur la même crête du plateau de Djambala. Le cours principal, produit d’une série de captures que marquent quelques chutes (chutes Kouembali), est d’abord orienté vers les sud-est, avant de passer à l’est et rejoindre le Congo à 285 m d’altitude après une dernière série de rapides qui interdit la navigation vers le fleuve Congo. La surface drainée est de 13 500 km² et le régime est particulièrement régulier, typique des plateaux Batéké. Avec un module inter-annuel à Mbouambé de 436m3/s, un débit spécifique de 32,3 l/s/km² et un coefficient d’écoulement de 53,6%, la Léfini est le type même de rivières Batéké.

– Le Djoué : il draine le versant sud-ouest des plateaux Batéké. Orienté dans la direction générale sud, avec de multiples changements de cap dus à des captures multiples, le cours du Djoué est haché de nombreux rapides jusqu’au Congo où le bassin drainé atteint presque 6000 km². Le régime est régulier avec une connotation de régime équatorial de transition austral (hautes eaux entre décembre et mars et étiage en septembre). Le module, le débit spécifique et le coefficient d’écoulement à Kibossi sont respectivement de 122m3/s, 22,7 l/s/km² et 56,5%.

– La Foulakari : Cette petite rivière, au bassin de plus de 3000km² à son confluent avec le fleuve Congo est caractéristique des rivières nées sur le plateau des Cataractes. Le régime presque torrentiel est du type équatorial de transition austral, avec des crues de novembre à mai et un maximum en avril, l’étiage étant reporté à octobre. Les multiples rapides et chutes qui hachent le cours de la Foulakari lui donne un potentiel énergétique intéressant. Avec un module inter-annuel à Kimpanzou de 56,7 m3/s, un débit spécifique de 19 l/s/km² et un coefficient d’écoulement de 42,2%, cette rivière à un régime plus proche des affluents du Niari.

Le bassin du Kouilou-Niari

Le Niari près de Makabana ©iero

Le Niari près de Makabana
©iero

Le bassin du Kouilou-Niari est le grand bassin hydrologique du Sud-ouest congolais (55 000 km² à Sounda à quelques dizaines de km de l’embouchure sur l’Océan). C’est un bassin particulièrement complexe, notamment au plan géologique. La plus forte valeur du débit spécifique (26,6 l/s/km2) est observée sur le Ndouo à Moukomo qui draine une des régions les plus arrosées du bassin supérieur du Niari et qui, de plus, est recouverte d’une savane claire sur sol sableux très perméable. Les eaux de pluie s’infiltrent rapidement et profondément dans les sables Batéké et donnent lieu ainsi à une évapotranspiration relativement réduite. Lorsqu’on descend le cours du Niari, le module spécifique décroît sensiblement égal à 20,9 l/s/km2 au bac Safel, 20,1 à Kayes et 16,7 à Loudima. La diminution générale de la pluviométrie vers l’aval ne suffit pas à expliquer ce fait ; il s’accompagne des conditions géologiques et pédologiques. Les sables Batéké font place, en effet, à des sols moins perméables et d’ailleurs plus fertiles qui supportent une végétation forestière ou de savane arbustive.

Le pont sur le Kouilou (estuaire)

Le pont sur le Kouilou (estuaire)

Ce fleuve possède un potentiel énergétique important avec notamment le projet d’aménagement de Sounda. Malgré la diversité de son cours et de ses affluents, Le Kouilou-Niari conserve partout son régime tropical austral. A Moukomo (3384km²), le régime est bimodal avec des hautes eaux en décembre et ma, un étiage en septembre. A Loudima (23385 km²), le régime est toujours bimodal, avec des crues maximales en décembre et mai et un étiage en septembre. A Kibangou (48 990 km²), le Niari conserve cette double pointe de crues en décembre et mai, cependant la crue de mai est presque symétriquement plus puissante, et l’étiage est plus fréquemment en octobre. Ces caractéristiques sont conservées à son débouché dans l’océan. Le module inter-annuel passe de 79,2m3/s à Moukomo à 172 m3/s à la SAFEL, 392m3/s à Loudima, 861 m3/s à Kibangou et 933m3/s à Sounda, tandis que les débits spécifiques évoluent simultanément de 23,4 à 20, 16,8, 17,6 et 17 l/s/km² aux mêmes stations. Les coefficients d’écoulement sont de 44,9 à Moukomo et 35,8 à Sounda.

Dans la zone des formations Schisto-Calcaires du Niari où existe une circulation karstique, on peut encore se demander si le bassin d’alimentation réel des rivières n’est pas sensiblement différent du bassin versant déterminé par les lignes de crête du relief.

Affluents du fleuve Kouilou-Niari

– La Bouenza : elle prend sa source symétriquement à la Mpama entre les plateaux de Djambala et Koukouya. Elle conserve durant plus de 150 km une direction sud-ouest, coulant sur les grès en bordure du massif cristallin du Chaillu. Après un coude brusque qui lui fait adopter la direction sud-est, elle saute aux chutes de Miambou (72m) le rebord du plateau gréseux et va se jeter dans le Niari après une série de puissants rapides. Son bassin versant fait alors un peu plus de 5 000 km². Le bassin de la Bouenza à Moukoukoulou est presque aussi arrosé que celui du Ndouo à Moukomo mais il est en grande partie couvert de forêt.

Son régime est bimodal avec une crue très nette en avril-mai, celle de décembre étant moins marquée. L’étiage a lieu en septembre et la Bouenza garde de son origine Batéké une régularité assez marquée. Le module de la Bouenza à Miambou (115 m3/s), son débit spécifique (23,4 l/s/km²) et son coefficient d’écoulement (44 %) rappellent le régime Batéké.

– La Loudima : elle est avec la Nkenke, le principal affluent de la rive gauche du Niari. Elle draine les contreforts sud-est du Mayombe et la chaîne gréseuse des monts de Ngouédi. Le régime de cette rivière est assez nettement bimodal, avec des crues (qui peuvent être très violentes) en décembre et surtout en avril-mai. L’étiage se situe en octobre. Son module à Loudima de 32 m3/s et surtout son débit spécifique de 8,02 l/s/km² et son coefficient d’écoulement de 20,3% sont particulièrement faibles. En ce qui concerne le coefficient d’écoulement, ils décroissent régulièrement de 46,5 à 34% entre Moukomo et Loudima sur le Niari.

La Louéssé près de Makabana ©DEnis Destombes

La Louéssé près de Makabana
©DEnis Destombes

– La Louessé : elle est le principal affluent du Niari avec un bassin versant de près des 16 000km². De plus, elle draine un bassin versant presqu’entièrement granitique (ce qui est une situation originale pour le bassin du Niari) et est situé dans le massif du Chaillu, où elle prend sa source à plus de 800 m d’altitude. Le réseau hydrographique de la Louessé et de ses principaux affluents, le Mpoukou et le Lélali, présente une remarquable forme arborescente, favorable à des crues importantes et rapides. Le régime est encore bimodal avec une crue principale en avril et un maximum secondaire peu remarquable en décembre. L’étiage se situe en général en octobre. Le module inter-annuel à Makabana (319 m3/s), le débit spécifique (20,4 l/s/km²) et le coefficient d’écoulement (37,6%) sont assez élevés.

Les bassins côtiers

Il s’agit ici des fleuves côtiers.

Les bassin versants côtiers  ©P. Vennetier

Les bassin versants côtiers
©P. Vennetier

– La Loémé : cette rivière qui naît dans la massif du Mayombe au sud ouest de Dolisie à plus de 800 m d’altitude est caractéristique des rivières qui atteignent difficilement l’océan après la traversée des lagunes littorales.

– La Nyanga : Comme la Louessé, la Nyanga est issue du massif du Chaillu où elle prend sa source à plus de 800 m d’altitude. La descente du flanc sud-ouest de ce massif est néanmoins plus abrupte et son cours est haché de rapides. Lorsqu’elle quitte le territoire congolais pour le Gabon, la Nyanga draine un bassin total à 6 000 km². Le régime est bimodal avec une pointe de crue en décembre très semblable à celle d’avril-mai, les étiages se placent en fin septembre. Les écoulements de la Nyanga sont exceptionnellement élevés, avec à Donguila un module inter-annuel de 215 m3/s, un débit spécifique de 37,1 l/s/km² et un coefficient d’écoulement de 65,4%.

Le bassin de l’Ogoôué

Bassin de l'Ogoôué

Bassin de l’Ogoôué

Le hasard de la découpe des frontières internationales a fait que le Congo comprend à l’intérieur de ses frontières trois parties importantes du haut bassin de l’Ogooué :

– il s’agit d’abord du haut bassin du fleuve Ogooué lui-même, lequel prend sa source à proximité de Zanaga. Ce bassin versant congolais du haut Ogooué a une superficie d’à peu près 5 500 km², qui se partagent entre la partie Est, propre aux plateaux Batéké et la partie Ouest propre au versant est du Chaillu, malheureusement sans station hydrométrique.

– C’est ensuite le haut bassin de la Ngouénie, moins de 2 000 km², où la rivière draine la plaine qui fut l’ancien cours du Niari. Ce bassin n’est pas équipé de station de mesures.

– Enfin le haut bassin de l’Ivindo, entre l’Ivindo lui-même et son affluent frontalier (le Djoua), comporte une partie congolaise de plus de 12 000 km² sur les terrains granitiques au pied de la cuesta des terrains schisto-calcaire de la série de Sembé-Ouesso. Les difficultés d’accès expliquent que ces bassins ne soient pas équipés de stations de mesures .