Les yaka, téké par assimilation

Appuie tête yaka

Sous groupe ethnique téké vivant dans la Lékoumou, principalement sur le plateau de Sibiti et à Komono. lls sont les descendants des Jaga du Sud-ouest du Zaïre dont les qualités guerrières semèrent la terreur et le désastre au XVlème siècle au royaume Kongo[1].

Les Yaka sont une population bantoue d’Afrique centrale établie au sud-est de la République démocratique du Congo (+/- 900 000) et au nord-est de l’Angola ((+/- 100 000). Personne ne le sait quand exactement ils sont apparus.

Les Yaka constituent un peuple homogène, discipliné, travailleur et guerrier qui occupe les plateaux du Kwango dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo.

Ce sont principalement des agriculteurs qui cultivent du manioc, de l’arachide, des ignames, des courges, du maïs, des haricots, du café robusta, et qui élèvent de la volaille et du petit bétail. Ils sont également de bons chasseurs dans les clairières et forêts des rivières Kwango et Wamba. Le Kwango, ainsi que le Kwilu, sont les réservoirs alimentaires de la ville de Kinshasa.

Le peuple bantou Yaka, a joué un rôle important dans le commerce triangulaire. Peuple de razzieurs nomades, ils lancent avec succès des offensives sur leurs voisins Kongos, ethnie côtière déjà en contact avec les Européens. Après la prise de Mbanza Kongo, la capitale Kongo en 1568, ils seront finalement repoussés et soumis par les Kongo.

Chassé par les Portugais vers 1570, un petit groupe de Jaga partit de la rive gauche du fleuve Congo pour s’installer au nord de la vallée du Niari.

Sur ces terres de refuge, ils ne s’impliquèrent pas dans les transactions liant les gens de Maloango et de Makoko, au point d’apparaître aux yeux de Dapper comme une peuplade qui empêchait par diverses exactions le développement du commerce. Comprimés par les Téké-Laali et les Kamba, les Yaka n’étaient devenus en 1932, selon Charles de Chavannes, « qu’une population indépendante, difficile, qui vit retirée chez elle ».

Au contraire des kamba, les Laali ont commercé et cohabité avec eux au point que la langue et les coutumes yaka sont maintenant très proches de celles des Laali. Cette assimilation est à l’origine de la confusion qui fait d’eux un sous-groupe téké alors qu’ils sont vraisemblablement un groupe autonome (Gilles Sautter)[2] qui aurait donné naissance, selon Marcel Soret[3], aux Beembé et aux Hangala, eux-mêmes assimilés par l’ethnie kongo. Groupe doté d’une faible vitalité, les Yaka ne sont qu’un petit groupe d’hommes. Aujourd’hui leur nombre décline progressivement dans la Lékoumou au profit des Laali.

Sources : Wikipédia, Philippe MoukokoDictionnaire général du Congo Brazzaville, L’Harmattan Editeur, Paris 1999, p p. 373

[1] En fait il existe un doute sur « l’existence même de ces « féroces jaga », anthropophages mystérieux venus de l’intérieur, et que personne n’a jamais pu identifier avec certitude » (Pierre Alexandre, Les Africains, Editions Lidis, 1981, Paris, Préface de Senghor, p. 317.)

[2] Gilles Sautter, De l’atlantique au fleuve Congo, une géographie du sous-peuplement, thèse pour le doctorat, Imprimerie nationale, 1966, France p p. 170-171, p.621.

[3] Marcel Soret, Histoire du Congo (Brazzaville), Berger-Levrault, 1978, p.p. 90-92, p. 71. Marcel Soret, Histoire du Congo (Brazzaville), Berger-Levrault, 1978, p.p. 90-92, p. 71.