Mvouti, une agglomération semi-urbaine dans la République du Congo – Pierre Vennetier – 1961

Gare de Mvouti en 1932

A la fin du XIXème siècle, Mvouti avait été une étape sur la « route des caravanes », seule voie de communication entre Loango et Brazzaville, et les habitants tiraient quelque profit d la vente aux porteur de produits vivriers. Mas la construction du chemin de fer Matadi-Léopoldville, au Congo Belge, devait mettre fin aux transports à tête d’homme, et Mvouti ne connut plus aucune animation avant l’installation des chantiers ferroviaires du C.F.C.O. La plupart des villages de la région se dispersaient entre la frontière et la Loukoula, sur les terres de Chipézé, Ncessé, Koussomvé et Pounga, représentant 3000 à 3500 habitants. Un chef de subdivision résidait à Chimpézé ; une mission catholique était installée à Ouabdamassi (terre Ncessé), et assurait le fonctionnement d’une école.

Ce n’est pas le désir de s’embaucher qui attira les Yombés vers la voie ferrée en construction : il y eut plutôt un mouvement de fuite de la main d’œuvre. Mais des centaines de manœuvres représentaient un marché de consommation qui réclamait viande et manioc. Ce fut cependant la mise en exploitation du C.F.C.O. qui donna l’élan aux migrations. A vrai dire, l’administration provoqua, encouragea ou facilita les déplacements : Chipézé avait été abandonné pour Mvouti, à son tour chef-lieu de subdivision, et, en 1935, la Mission Catholique venait s’installer à Pounga. Individuellement ou en bloc, les Yombes suivirent la même direction, procédant parfois par étapes, dans leur approche de la voie ferrée.

Texte intégral malheureusement sans les photos d’illustration.

http://www.persee.fr/articleAsPDF/geoca_0035-113x_1961_num_36_1_1701/article_geoca_0035-113x_1961_num_36_1_1701.pdf