Périodique : « La Presse Coloniale Illustrée » (1905 ? – 1939)

A la fin du XIXe siècle, l’expression « Presse coloniale » recouvrait un ensemble de périodiques facilement identifiables. Ainsi, en préambule à la série des neuf articles qu’il consacra à ce sujet dans le Bulletin de la presse du 16 mars au  29 juin 1899, le journaliste Paul Combes pouvait écrire : « Ce titre « La Presse coloniale » peut s’entendre de deux façons différentes. Il peut s’appliquer, en effet, soit aux journaux édités dans les colonies, soit aux organes, qui dans la métropole, s’occupent plus spécialement des questions coloniales ».

Il est impossible aujourd’hui de reprendre telle quelle cette définition.
En effet, à la lumière de l’histoire de la colonisation au XXe siècle et de la presse qu’elle a engendrée, il est nécessaire d’ajouter une autre dimension. La « presse coloniale » ne se confondant pas avec la « presse colonialiste ». La liste des périodiques qui relèvent du genre présente un éventail de tendances depuis les journaux qui, à des titres divers, ont assuré la promotion et la mise en valeur des colonies jusqu’aux publications anticolonialistes qui apparaissent dans l’Entre-deux-guerres, en passant par celles qui, sans nécessairement relever de la presse anticolonialiste, ont critiqué les politiques coloniales (porte-parole des colons ou porte-parole des indigènes).

La Presse coloniale illustrée, dirigé par Georges Boussenot, de 1910 à 1939, a la particularité d’avoir chacun de ses numéro consacré à une des colonies françaises. On y trouve ainsi des dossiers sur Madagascar et la Réunion, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Soudan, la Haute-Volta, l’Indochine, la Guyane française, le Dahomey, Tahiti, le Cameroun et bien entendu l’AEF…

Notre source, la bibliothèque nationale de France : Gallica.bnf.fr , a retrouvé 58 parutions de cette publication non numérotée et dont nous ne connaissons pas la périodicité. La plus ancienne est datée de juillet 1923 et porte en une la mention « 18ème année ».

On trouvera en suivant ce lien la totalité des exemplaires reconnus par Gallica :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328424860/date , cependant pour faciliter à nos lecteurs, plus particulièrement intéressés par l’AEF, nous avons extrait les 7 N° qui la concernent plus spécialement. (la numérotation utilisée ci-dessous est celle de Gallica).

Utilisez les liens pour lire l’intégrale de chaque N°
N°9 – octobre 1925 Le Chemin de Fer Congo Océanhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9602120.image

Ce numéro, illustré de photos, cartes et plans présente la genèse du CFCO et ses aspects techniques et financiers.
Très paternaliste, il néglige l’aspect humain, y compris dans les photographies où les ouvriers ne sont montrés que de loin.

 

 

 

N°16 – janvier 1927 – La lutte contre la maladie du sommeil

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k960216h.image#

Paternalisme réaffirmé de la publication sous couvert d’humanitaire et de santé publique. Derrière ces apparentes bonnes intentions se cachent des motivations plus douteuses qui aboutiront, dans les années 50, au scandale de la lomidine qui fera au continent plus de mal que la mouche tsétsé.

N°21 – décembre 1928 – Forces hydrauliques

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9602243.image

Ce dossier très technique inventorie les potentialités hydroélectriques du sud Congo.
Loin d’être obsolète ce travail permet de voir une grande partie des possibilités énergétiques encore inexploitées de nos jours.

N°29 – mars 1930 – Comment se construit le CFCO

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k960230x.image

Ce dossier se penche sur l’aspect humain du chantier du CFCO afin de critiquer la mauvaise presse de celui-ci.
La rédaction va jusqu’à se féliciter d’un taux de mortalité de la main d’œuvre africaine limitée à 12%.

N°37 – juillet 1931 – Assistance médicale, hygiène

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9602408.image

Toujours aussi paternaliste, ce dossier met l’accent sur la mise en place dans l’ensemble de la colonie de structures sanitaires et hospitalières.
Il s’y traite également des différentes pathologies qui déciment la population et des moyens mis en œuvre pour tenter de les éradiquer

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N°44 – octobre 1932 – Le Congo-Océan

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9602455.image

Tout à la gloire du gouverneur Antonetti, ce N° de la revue présente la ligne proche de son point d’achèvement et en partie en service.
L’aspect humain est toujours négligé.



N°47 – novembre 1933 – Le coton en AEF

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k960249p.image

La production dans le nord de la colonie
Le transport du produit par différents moyens terrestres et fluviaux jusqu’à son enmbarquement au Port de Pointe-Noire

 


Le directeur de publication

© assemblée-nationale.fr

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Georges Boussenot est né le 25/07/1876 à Paris.

Licencié ès-sciences de l’Université Paris-Sorbonne, il est admis à l’École de santé navale de Bordeaux en 1897. Affecté au Haut-Sénégal et au Niger comme médecin des Troupes coloniales, il s’oriente ensuite vers le journalisme et en 1910, devient Président-directeur de « La presse coloniale illustrée ». Dès 1914, il est élu député de la Réunion et, mobilisé, il termine la guerre comme médecin lieutenant-colonel. Il est parallèlement délégué de Madagascar auConseil supérieur des colonies dès 1922, poste qu’il occupe jusqu’en 1945. En 1931, il est Président du syndicat de la presse coloniale française jusqu’en 1948. En 1940, pour se soustraire aux manœuvres des autorités allemandes, il saborde ses publications personnelles et entre dans la Résistance. Nommé cette même année par Gorges Mandel Ministre des Colonies, poste qu’il occupe jusqu’en 1945, il devient député de Madagascar  à la première assemblée nationale constituante en 1945 et conseiller de l’Union française de 1947 à 1953 pour les Comores. Il occupe par ailleurs les postes de vice-président des commissions de la marine et des affaires coloniales.

Titulaire de la Croix de Guerre et de la médaille coloniale de l’Afrique-Occidentale française, il est Commandeur de la Légion d’honneur depuis 1932, et Commandeur de l’Étoile Noire du Bénin.

Georges Boussenot est élu membre correspondant de l’Académie des sciences d’outre-merle 27/04/1973.
Il disparaît à l’approche de ses 98 ans, le 9/05/1974 à Paris.