Urbanisme – Brazzaville – La réserve forestière de la Patte d’oie et le parc zoologique

Les vestiges de la réserve forestière de la patte d'oie. © Google earth

Les vestiges de la réserve forestière de la patte d’oie. © Google earth

Au Congo les premières forêts mises en réserve datent des années 30. La forêt de la Patte d’Oie a été classée par l’arrêté n° 3037 du 13 août 1938. Cette décision se situe dans le cadre de la nouvelle politique d’aménagement de la ville de Brazzaville sous l’impulsion du Gouverneur de l’AEF, François-Joseph Reste. Cette forêt était habitée par des autochtones de Kimbouala. En l’an mil neuf cent quarante sept et le neuf mai une commission nommée par arrêté de l’administrateur en chef du Moyen Congo présidée par Monsieur Madec, Adjoint au chef de Département du pool siégea au village de Monsieur MPiaka en vue d’allouer une indemnité de déguerpissement aux indigènes habitant le village de Kimbouala suivi de quelques mesures incitatives dont les frais d’exhumation des corps des ancêtres et quelques allocations semestrielles aux ayants droits. Ce site (actuellement patte d’Oie) occupait à l’époque une superficie de 240 ha.

Cette parcelle est délimitée comme suit :
Au nord, par la voie ferrée du Congo-Océan,
A l’Ouest, par l’ancienne voie de la Cie Minière, jusqu’à son intersection avec la route conduisant au jardin d’Essais,
Au sud par une ligne droite joignant ce dernier point à la route de Maya-Maya selon un orientement de 120 grades, puis par une ligne droite ayant pour origine l’intersection de la ligne précédente avec la route de Mayama et aboutissant à la route de Maya-Maya à son carrefour avec la route du cimetière.
A l’Est, par la route de Maya-Maya, jusqu’à son intersection avec la route du Congo-Océan.
Cette forêt située en pleine ville de Brazzaville subit des pressions humaines. Malgré l’interdiction sur ce périmètre des concessions domaniales, 1964-1965 marquent la construction du Stade de la Révolution, dénommée Stade Massamba-Débat. Ensuite viennent le palais du Parlement, le Ministère des Affaires Etrangères, la Cour Constitutionnelle etc. Par ailleurs, après la Conférence Nationale, dont un acte avait reconnu le droit des propriétaires fonciers, messieurs Guy Joseph et Matala Firmin, estimant qu’ils avaient été spoliés des terrains sur lesquels vivaient leurs ancêtres Nganzi Sébastien et Mpiaka Joseph, et ce, à la suite d’une expropriation illégale, assignaient devant le tribunal de grande instance de Brazzaville statuant en matière administrative, l’Etat congolais et l’Agence nationale de l’aviation civile à l’effet d’être indemnisés de cette expropriation irrégulière d’une part et d’autre part pour que leur soient restituées certaines portions de terrains non encore bâtis ; que les terrains à l’origine de leur action sont ceux abritant la concession Dalbera et Binega, le palais du Parlement et la forêt d’eucalyptus qui l’environne, le tennis club de Brazzaville, le Stade de la Révolution, le rectorat, le laboratoire vétérinaire, l’institut des jeunes sourds, le collège d’enseignement technique du 1er mai, la faculté de médecine, la maternité blanche Gomes, le parc zoologique, tous constituant ce qu’on appelait la forêt de la patte d’Oie. La procédure suit son cours : le tribunal de grande instance de Brazzaville ; ensuite la courd’appel et finalement la cour suprême, chambres réunies, statuant à son audience publique du vendredi vingt huit janvier deux mille cinq (…) :
– infirme en toutes ses dispositions le jugement du tribunal de grande instance de Brazzaville du 1er décembre 1995
– constate et déclare par contre que les terrains revendiqués par monsieur Banakissa Guy Joseph sont définitivement acquis à l’Etat par l’effet de la prescription acquise de 30 ans etc. marque la détermination de l’Etat Congolais de sauvegarder le périmètre de la Réserve et surtout de développer la protection de la biodiversité.

Grégoire, ex pensionnaire du zoo de Brazzaville, transféré au sanctuaire de Tchimpounga où il est décédé le 17 décembre 2008 à l’âge de 64 ans. ©JGI

Situé dans la réserve forestière de la Patte d’Oie, le parc zoologique de Brazzaville est une véritable vitrine de la faune congolaise
C’est en 1952, sous l’impulsion du Docteur Vétérinaire R ROUSSELOT que fut crée le Parc zoologique de Brazzaville.
Devant les fortes et importantes captures organisées par le Gouvernement Français, dirigées au Moyen Congo par Monsieur G. Rollais aidé par les Chefs de districts et localités où les captures devaient se faire. Le Docteur R. ROUSSELOT demanda au Gouverneur Général de l’ancienne Afrique Equatoriale Française (AEF) la création d’un petit Zoo pour divertir l’importante colonie Européenne notamment le corps militaire en poste à Brazzaville.
Les travaux de construction de ce Zoo démarrèrent en 1951 et en 1952, le Zoo fut ouvert.
Mais, le Zoo n’était malgré tout qu’un simple Parc de transit où s’opéraient les dernières sélections et contrôles avant que des milliers d’animaux collectés à l’intérieur de l’AEF soient expédiés en métropole pour peupler les ménageries qui s’y formaient.
La présence militaire du camp devenu 15 Août 1963, et au camp clairon était déterminante quant aux choix du site d’emplacement du Zoo.
Parmi les premiers pensionnaires comptait le célèbre Chimpanzé Grégoire.
En 1960, à la faveur des indépendances le site de transit devient un centre de détention et d’exhibition des animaux au public, avec entre autres rôles social, culturel, scientifique, pédagogique et protecteur .
Au plan Administratif, ce centre a fonctionné comme un service dépendant soit du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, soit du Secrétariat Général de la Présidence de la République, soit des services des Eaux et Forêts (1960-1984).
Depuis 1984, il fonctionne comme Direction Centrale, rattachée à la Direction Générale de l’Economie Forestière au Ministère chargé des Eaux et Forêts.
A l’origine le Zoo était animé par le Docteur Vétérinaire R. ROUSSELOT son initiateur, jusqu’aux années 1956, puis de 1956 à 1966 par Mademoiselle MIHALLOFF , une française.
A partir de 1966, la gestion du Parc Zoologique fut confiée à des Congolais qui étaient soit des Zootechniciens, soit des ingénieurs des Eaux et Forêts, soit des Biologistes.
Le Parc Zoologique a connu des apogées jusqu’en 1977. Il a vécu sa plus grande détérioration (destruction) avec les événements de la guerre du 5 juin 1997.
Le Parc zoologique qui comptait peut avant cette guerre une collection zoologique importante repartie sur 4 hectares dans des enclos à ciel ouvert, des cages, volières, bassins et vivarium n’en démontrait plus qu’un seul rescapé un cercopithèque de Brazza à la fin de la guerre en octobre 1997.
Cette collection Zoologique comptait plus de 14 espèces de mammifères avec 70 spécimens dominés par des primates, 11 espèces d’oiseaux avec 40 spécimen, 5 espèces de reptiles avec 18 spécimen soit un total de 30 espèces pour 128 spécimens ou pensionnaires.